Cette nuit était celle du passage à l'heure d'été. Ce qui signifie que pour respecter l'horaire et l'heure du petit déjeuner il faut dormir une heure de moins. Tout le monde prend tacitement la décision d'oublier ce détail et feins la surprise en arrivant au restaurant avec une heure de retard.

Les regards sont moins pétillants que la veille, et il faut beaucoup de motivation pour se dire que l'on va rouler aujourd'hui. Un sentiment renforcé par une météo particulièrement désastreuse puisque à l'extérieur, le déluge fait rage. Quasi l'apocalypse. Les caves du gîte font eau de toute part. Les pompes ronronnent à plein régime. Bigre! Heureusement, notre Breton d'adoption qui en a vu d'autres en matière de crachin sort à nouveau son arme secrète. Le restant des crèpes de la veille qui tartinées de cassonade, confiture, choco ou sucre auront tôt fait de redonner le gout de vivre à toute la troupe.

Avec pas mal de retard, la randonnée se met en route. Le groupe a sérieusement fondu puisqu'ils sont plusieurs à faire l'impasse sur la rando du jour. Heureusement qu'ils avaient l'alibi d'un voyage de retour de 700 kilomètres pour se défiler. Tous les vélos de tests Decathlon sont de la promenade. Phil a troqué son Spec' FSR pour un Rockrider 9.3. Laurent abandonne son Vario pour prendre un Rockrider 7.5. Xtof laisse son Trek Y pour un Rockrider 7.3. Enfin votre narrateur fait une infidélité de plus à son C'dale super-V pour un autre Rockrider 7.5.

Nous changeons de guide aujourd'hui. C'est Lucien dit "passe partout", un indigène du club VTT de Oignies qui pilote la troupe. Direction la vallée du Viroin qui coule quelques deux cent mètres plus bas. En guise d'échauffement nous parcourons quelques kilomètres sur un chemin forestier en faux-plat descendant. Nous le quittons bien vite pour rejoindre les mono-traces qui vont nous enmener vers Olloy-s-Viroin.

Il y a bien longtemps que le sol est devenu incapable d'absorber les flot continu d'eau qui tombe des nues depuis plus d'une semaine. L'eau tombée cette nuit et qui continue à se déverser sur le massif profite de la moindre pente pour dévaler jusqu'au Viroin. Pour peu qu'ils soient encaissés, les sentiers que nous empruntons ont tôt fait de se transformer en ruisseaux tumultueux. Heureusement, le substrat sur lequel nous roulons semble habitué à ce traitement et nous évité le suplice du bourbier.

Plus nous approchons du fond de la vallée, et plus les ruisseaux prennent de l'ampleur pour se transformer en torrents au courant violent. Nous traversons ainsi plusieurs gué. Tantôt assis sur le vélo, tantôt le vélo sur l'épaule. A l'pporche de Olloy, dans une ancienne carrière de schiste nous dénichons une belle montée impossible. Rares sont ceux, qui après de nombreuses tentatives, parviendront à atteindre le sommet sans toucher le sol du pied.