A Olloy dont les voiries viennent d'être refaites, donnant un nouveau cachet à ce pittoresque village, nous perdons encore quelques participants. Rattrapés par la vie de tout les jours, ils doivent déjà penser au retour. Ils remontrons vers Oignies par la très belle piste cyclable du GR12 qui longe le ruisseau de Nouée. Nous traversons le Viroin par le pont de Olloy pour découvrir une rivière en furie qui déborde largement sur ses berges. Le fond de la vallée est plus boueux. Pour éviter quelques passages ou nous risquerions de nous engluer, nous modifions quelques peut le parcours. C'est avec plaisir que les participants de la Fagnet 2000 retrouvent le passage par la voie ferrée du train à vapeur des 3 vallées. En passant sur le pont ferroviaire qui enjambe le Viroin, le spectacle est dantesque. Tant en amont qu'en aval du pont la rivière a envahis toutes les pâtures environnantes. L'eau s'étale à en occuper toute la largeur de la vallée.

Par jeu, plutôt que de monter sur le massif des Abannets par un sentier glissant, nous décidons de rejoindre la vallée de l'eau noire par le tunnel. Un boyau rectiligne de quelques centaines de mètres de long. Pas trop rassurés, mais piqués au vif nous avançons sur les billes entre les deux rails de chemin de fer. On se rassure en beuglant des vannes foireuses dont l'écho se réverbère sur les parois suintantes d'humidité. L'obscurité totale n'est brisée que par la lueur de la minuscule pastille de la sortie qui semble être à une distance prodigieuse.

A la sortie, c'est pour constater que l'eau noire, elle aussi joue avec ses berges. Le sentier que nous devions emprunter est sous eaux. Nous continuons à profiter du remblais de la voie ferrée pour quelques centaines de mètres encore. Une petite route de campagne nous conduit à l'entrée du parc de Nismes. En pleine restructuration, celui-ci offre un spectacle qui pourrait bien servir de décors à un film catastrophe. Les bungalows de l'ancien camp de camping sont en démolition et offrent un spectacle qui fait penser à un lendemain de tornade. Nous contournons le joli château de Nismes pour remonter sur la Abannets et rejoindre le fondry des chiens, une curiosité géologique qui témoigne du vigoureux travail d'érosion de l'eau sur ce massif calcaire.

Un spectacle étonnant que nous mettons à profit pour faire une pause ravitaillement. Impatient, Alex se lance dans la descente périlleuse du Fondry. Il y parviendra sous les acclamations de toute la bande, et les applaudissements des rares touristes qui ne s'attendaient pas à pouvoir profiter de ce intermède sportif. Un gobage de flanby plus tard, nous reprenons notre progression vers Nismes, et sa célèbre descente qui se termine par une volée d'une quarantaine de marche en pierres. La météo ne nous incite pas à la flanerie, et nous ne profitons que modérément des charmes du lieu. C'est dommage, car tout en pierre de taille, ce village est parvenu à conserver une authenticiter qui en fait tout l'interet. Nous prenons la direction du Mousty et ses Epiceas Géants. Un mono-trace en devers particulièrement glissant sur les aiguilles de pins nous conduit vers une nouvelle série de marches que la plupart préfèrera descendre à pieds.

Nous rejoignons les berges de l'eau Noire dont nous remontons le cours jusque Petigny par le GR 125. Petigny est le dernier village typique de notre itinéraire Fagnard. C'est d'ici que nous entammons le chemin du retour. Nous renonçons à emprunter les sentiers qui auraient du nous emmener vers le barrage du Ri de Rhome. Trop boueux, ils gacheraient une bonne partie de notre plaisir. Nous préférons effectuer la montée par une petite route goudronnée à laquelle succede une série de chemins forestiers plutôt roulants.

A mesure que nous prenons de l'altitude la météo parvient encore à se dégrader. La pluie à fait place à une brume qui tombe sur le sol en un crachin glacé que ne renierait pas un Breton. Dans ce contexte, la foret qui porte toujours ses habits de l'hiver prend un aspect lugubre. Heureusement, ce décors angoissant ne parvient pas à briser la bonne humeur du groupe qui parrait indéfectible. Encore quelques sentiers et nous rejoingnons l'entrée du village de Oignies. Une dernière bosse sur le bitume et voici notre gîte qui se profile.

Plutôt frigorifiés, nous effectuons un rapide lavage des vélos avant de nous jeter tout à tour sous une douche chaude et réconfortante et enfiler des vêtements chauds et secs. Tout le monde se retrouve ensuite au restaurant pour avaler le pique-nique qui nous attends et déguster les dernière petites mousses du séjour et en se donnant rendez-vous pour la Fagnet 2002.