Le Québecnet
27 juillet - 3 août 2001
Intro Après les Etats-Unis et Moab l'année dernière, VTTnet traverse à nouveau l'Atlantique; cette fois, direction le Canada et plus précisement la province de Québec.
Kiwi, l'un des représentants québécois de la la liste, nous a préparé un randonet nature et, on l'espère, d'anthologie.
Programme de la semaine : donner un aperçu représentatif du pays (avec une superficie de près de trois fois la France, on ne peut pas donner au Québec le nom de province !).
Nous partirons donc de Montréal pour remonter vers le Nord et finir à Tadoussac.

Mais qui nous ?
Les candidats au voyage et à la découverte se nomment Christian "Pouet" (rapport à l'avertisseur qui trône sur son vtt), Pierre-Jean alias Pidji, Yannick et Stéphane (rédacteur pour l'occasion). Kiwi sera notre guide pour la semaine et Alex, un de ses amis, se joindra à notre groupe à partir de Québec.
br> Le décor étant posé et les personnages connus, le récit peut commencer...

Tadoussac - jeudi 2 août, fin de journée. Le Van quitte le parking de l'auberge de jeunesse, il descend la rue en direction de l'embarcadère du traversier. Le Québecnet est terminé.
Dans les rétroviseurs, nous laissons Christian "Pouet", sa femme Linda et leurs enfants. La minute d'avant notre petit groupe constitué à l'occasion de ce randonet, vient de se disloquer et la séparation a été difficile. Tous avons conscience d'avoir vécu et partagé un séjour d'exception.
Alex est déjà en route pour Montréal, la Pouet family continue sa route qui va la conduire par le fjörd du Saguenay vers le Lac Saint-Jean puis ensuite la Gaspésie, soit encore deux semaines de bonheur (chanceux qu'ils sont :-), Kiwi reprend le travail dès lundi tandis que pour Yan ;Pidji et moi c'est déjà le retour en France :-((.

Retour sur la semaine écoulée.

Jeudi 26 juillet - Départ C'est enfin le départ après des semaines d'attente; nous seront finalement quatre français à s'envoler vers la Belle Province.

Pouet et sa famille doivent arriver à Montréal en début d'après-midi (heure locale), Pidji arrivera vendredi tandis que Yan et moi partons pour une longue journée. Au menu, train, RER, avion puis voiture avant de pouvoir poser nos bagages chez Pierre-Paul dit "Kiwi" qui nous accueille pour cette première nuit. Les bagages, parlons en !
Deux gros sacs, les camelbacks-like et les boîtes à vélo, pratique pour se déplacer surtout dans les couloirs du métro. La meilleure solution qu'on ait trouvée c'est un sac devant, un derrière (genre parachutiste) et un carton dans chaque main. On n'est pas passé inaperçu, c'est le moins que l'on puisse dire !

Après 15h de voyage et d'attente (c'est cool d'habiter la campagne mais lorsque l'on prend l'avion, la région parisienne fait gagner du temps), on arrive à l'aéroport de Mirabel où Kiwi et Julien doivent nous attendre ; il est 15h30 (soit 21h30 en France).
Une fois les formalités douanières passées (et le douanier de service qui avait l'air intéressé par nos bouteilles) et les bagages récupérés, nous commençons à chercher nos amis québécois. Comme on ne s'est jamais rencontré ni même vu en photo, ce n'est pas simple mais nous faisons confiance à nos bonnes bouilles de touristes et nos cartons pour faciliter notre identification. L'attente ne dure pas et l'on voit quelqu'un se diriger vers nous ; c'est Julien qui nous apprend, après les présentations d'usage, que Kiwi est en route et qu'il ne devrait pas tarder.
Effectivement, une dizaine de minutes plus tard il arrive; nouvelles présentations tout en se dirigeant vers les voitures puis direction Montréal à 40 kms de là. Arrivés chez Kiwi, Julien nous quitte et nous donne rendez-vous lundi au Parc de la Mauricie, dans la région de Trois-Rivières où il réside. Fatigués et contents de se poser enfin nous faisons connaissance avec Geneviève, la blonde de Kiwi et commençons à discuter avec nos hôtes. Mais la journée n'est pas encore terminée car il faut encore aller faire les courses pour les premiers jours du Québecnet.

Nous voici donc repartis pour le marché Jean Talon - du nom d'un ancien intendant de la Nouvelle-France - qui nous a surpris par la variété de légumes et fruits qui trônaient sur les étals des marchands (comme les légumes dit " du soleil " qu'on ne s'attend pas à trouver sous ces latitudes).
Après avoir acheter de quoi manger et boire pour quelques jours (dégustation prévue de vins et bières du Québec :-), nous retournons à l'appart. Yan et moi ne pensons déjà depuis plusieurs heures qu'à une chose : se coucher ! Ce sera chose faite après un excellent repas préparé par Kiwette. Le rideau tombera vers 23h soit après deux tours d'horloge pour nous. Bonne nuit.

Vendredi 27 juillet - Montréal Ah quelle nuit, tellement fatigués que l'on a dormi à peine cinq heures ! Destructeur le décalage horaire :-( On va certainement jouer les zombis pendant toute la journée...
Programme du jour : aller chercher le Van, retrouver la famille Pouet dans Montréal, visiter la ville, en fin d'après-midi prendre Kiwette à la sortie du boulot et Pidji à l'aéroport pour ensuite gagner notre premier camp de base de la semaine, Saint Michel de Wenthworth dans les Basses Laurentides. Plutôt chargée le programme !
Après avoir récupérer le "camion" (oaah, quel confort dans ce Chevrolet Venture !), Kiwi appelle Christian et on se donne rendez-vous au pied de son hôtel, en plein centre de Montréal et du quartier d'affaires. De là, une fois chargés les bagages de la famille (on se demande encore s'ils n'étaient vraiment que quatre vu le nombre impressionnant de sacs et valises !), nous prenons la direction du Mont Royal qui surplombe la ville et la sépare presque en deux (d'après Kiwi et historiquement, Montréal comporte un côté anglophone et riche et un autre moins riche et francophone).

Nous garons les voitures sur le stationnement (il n'y a pas de parking au Québec !) et nous dirigeons, sous un ciel bleu et un plein soleil, vers le belvédère du mont. Sur le chemin qui y mène, nous croisons un peu partout de petits écureuils gris qui s'empressent de descendre de leurs arbres, attirés par une nourriture potentielle et facile. Les marmottes et tamias rayés ne sont pas en reste non plus; la nature ici a su s'adapter à la civilisation.
Arrivés au sommet, nous pouvons contempler la superbe vue sur la ville avec à gauche le pont Jacques Cartier, au centre les gratte-ciels, à l'arrière le Saint Laurent et plus loin sur l'horizon, les Appalaches. La première impression est que le Québec c'est grand, très grand même !

Midi étant passé, nos estomacs commencent à se manifester; il est alors temps de regagner nos "chars" pour se rendre chez Schwartz. Dixit Kiwi, c'est là que l'on sert la meilleure smoked meat (viande fumée) du Québec; la maison est d'ailleurs très réputée pour ça. La vitrine ne paie pas de mine et la queue devant celle-ci tend à confirmer les dire de Kiwi. Je ne sais pas pour le groupe mais j'ai eu l'impression de déjeuner dans un resto à la Starsky & Hutch ! (intérieur kitch et étroit, comptoir-table avec les habitués), je m'attendais même à les voir débarquer ;-). Affamés, nous nous sommes jetés sur nos assiettes et avons pu apprécier le savoir-faire du lieu; ce n'était pas de la viande mais du beurre. Excellent quoi !

Ensuite, en parfaits touristes et pour faciliter la digestion, nous sommes partis "divaguer" dans les rues de Montréal avec passage (presque obligé) par un bouclard local afin d'y acheter quelque lubrifiant en prévision des jours à venir et aussi à la recherche (on peut même dire quête, pas vrai Kiwi ;-) d'un chargeur d'accus aux normes électriques locales (primordial pour permettre de ramener de nombreuses images de notre périple).

Vers 17h, nous regagnons les voitures direction l'aéroport de Dorval, pas mécontents de s'asseoir un peu, la fatigue de la journée et surtout ce fichu décalage horaire nous ayant déjà bien entamés. Nous allons chercher nos deux éléments manquants, d'abord Kiwette au boulot puis Pidji qui devrait bientôt atterrir. Pas de bol, une fois devant le panneau d'affichage de l'aéroport, on constate qu'un bon nombre de vols sont annoncés avec des retards variables et plutôt longs et bien sûr, l'avion de Pidji est dans le lot ! Qu'à cela ne tienne, avec une bonne heure à tuer, tout le monde se retrouve au bar pour une tournée bien méritée...
Ce que nous ne savons pas encore à ce moment c'est que Pidji est déjà arrivé et nous attend à proximité de la porte de sortie. "Niaiseux" que nous sommes, il vient de Paris mais via Amsterdam et nous avons oublier ce détail ! Heureusement que Kiwi a l'oreille fine et que Pierre-Jean a eu la bonne idée de lancer un appel par hôtesse interposée sinon il attendrait encore ;-) Il a quand même pensé à un moment que nous ne viendrions pas. Quelle idée !!

Sur ces entrefaits et à partir de ce moment, nous commençons réellement le Québecnet.
Notre convoi (de deux voitures !) prend alors la route de Saint Michel de Wenthworth où nous allons passer trois jours. Arrivés à bon port, nous posons nos sacs dans l'appartement pour les Pouets et le chalet pour les autres. L'endroit est superbement aménagé et quand Kiwi nous apprend que ce sont les propriétaires qui l'ont eux-mêmes construit, nous sommes admiratifs. Puis c'est à nouveau l'heure d'un des moments favoris des randonets : le repas. Au menu du soir une "épluchette de blés d'Inde", un plat qui se révèle simple et rapide à cuisiner et excellent à manger (y'a qu'à voir nos mines réjouies :-). La vaisselle passée, personne ne s'attardera vraiment; fatigué, chacun ne pense déjà plus qu'à son lit.

Demain, ce seront nos premiers tours de roues sur les chemins québécois. D'ici là et à nouveau, bonne (et espérons longue) nuit.
Samedi 28 juillet - Basses Laurentides/23kms/880m D+/2h14 roulage Bon, le sommeil c'est pas encore ça, on s'est réveillé un peu moins tôt mais pour la grasse matinée il faudra encore attendre. Fatigantes ces vacances :-). Après un petit déjeuner copieux et pendant que Kiwi prépare le casse-croûte de midi, nous entassons sacs et vtts dans le Van. Le véhicule a beau être spacieux, il nous faut quand même accrochés trois des vélos au porte-vélos. Une dernière vérification du matériel embarqué et c'est parti pour une demi-heure kiwienne de trajet (pour avoir la durée exacte, ajouter au moins 50% du temps annoncé ;-) jusqu'à son spot habituel autour du village de Piémont.

Déjà remarqué hier et encore aujourd'hui sur la route que nous empruntons, la présence de plus en plus forte de la nature. En s'éloignant du Saint Laurent, on s'éloigne aussi par la même occasion de la civilisation (ça tombe bien, nous sommes venus pour ça !). On se gare sur le parking (pardon, le stationnement ;-) et préparons nos vélos pour cette première sortie, impatients de découvrir les sentiers du Québec. Une fois prêts, on immortalise l'instant avant de procéder à une séance d'aspersion collective de citronnelle afin de se prémunir de toute attaque de maringouins féroces. Pouet se pulvérise le moindre cm2 de peau à découvert et il faudra le ramener à la raison pour l'empêcher de vider la bouteille ;-)
Tout le monde est prêt ? Alors go !

A peine rentrés dans la forêt, nous attaquons une montée sèche et longue, bien longue même. Le soleil déjà haut ne tarde pas à nous faire suer à grosses gouttes dès les premiers hectomètres. Ca montera comme ça jusqu'au sommet avec de temps en temps de légères descentes qui nous permettrons de souffler un peu mais qui, forcément, ajouterons quelques dizaines de mètres supplémentaires au dénivelé positif de la journée.
La mi-parcours et midi approchant, nous faisons alors un dernier effort pour porter notre déjeuner jusqu'au point culminant de l'endroit et cassons la croûte sur l'herbe à l'ombre des arbres, au grand dam de Christian, toujours en proie à ses peurs "diptériennes". D'ailleurs le moindre petit bourbier croisé sur le parcours le fait à chaque fois redouter les attaques en piqué (c'est le cas de le dire !) de hordes de moustiques avides de son sang ;-)
Nous ne sommes pas encore si éloignés que ça de la civilisation (de temps en temps des trouées dans la forêt, proches de la corniche, nous permettent d'entrevoir quelques routes et habitations) mais déjà le silence est omniprésent et c'est franchement agréable. Les sandwichs avalés, nous nous offrons le dénivelé gravi plus tôt dans le sens négatif avec quelques passages techniques plus ou moins bien négociés. On repique ensuite dans la forêt pour les derniers kilomètres de la journée et nous finissons cette première rando sur une sorte d'autoroute pour vélos proche du village de Piémont où le trafic, comparé aux sentiers empruntés dans les bois, est dense. Le compteur indique une grosse vingtaine de kilomètres pour un dénivelé positif de presque 900m et un temps de roulage de 2h15, honnête quoi !

Tout en démontant les vélos pour charger le Van, chacun y va de ses commentaires sur la sortie; la tendance générale est à l'euphorie et nous avons tous hâte de rouler à nouveau. Ca tombe bien, c'est prévu pour demain et d'après Kiwi, ce sera encore mieux !
Sur la route du retour, pendant la traversée d'une bourgade, le même Kiwi nous montre une petite fabrique de glaces qu'il sait délicieuses pour y avoir déjà goûté et un petit "snack" qui vend des "queues de castor". Ni une ni deux, nous faisons demi-tour pour aller voir de quoi il retourne, surtout intrigués par le castor... Connaissant les glaces, on opte alors pour la découverte du membre postérieur du rongeur !
La queue de castor est une pâte allongée à la forme décrite par son nom, cuite dans l'huile et tartinée de choses diverses et variées mais surtout sucrées comme du chocolat, de la banane, des pommes,... et l'incontournable sirop d'érable. Ce genre d'encas nourrissant est parfait pour compenser la dépense physique de la journée ! Pour ne pas être en reste, nous repartirons avec un litre de glace fraîche pour le repas du soir.

Arrivés au chalet, nous retrouvons Linda, Kiwette et les enfants qui ont aussi passé une bonne journée à visiter les alentours. Kiwi nous propose alors de terminer l'après-midi par un plongeon dans le lac Louisa tout proche. Nous le regardons l'air étonné et surtout de ne pas y croire : " nager dans un lac au Québec ? Bien sûr Kiwi. Et l'eau est à combien ? 12°C ?!". Celui-ci nous affirme qu'en cette période de l'année il fait bon nager dans les lacs et c'est pas très convaincus que nous partons tous vers le lac, juste prêts à y mouiller un orteil.
Notre couple québécois sera le premier dans le bain (pour montrer l'exemple !), suivi de près des enfants et finalement, nous finirons tous à l'eau, surpris de la trouver aussi agréable (environ 23°C à la Pouet-montre, mieux que certaines plages françaises). Kiwi a vraiment tout prévu pour l'après rando, même un peu de balnéothérapie ;-) Ca fait un bien fou aux jambes de barboter de la sorte. Cerise sur le gâteau, nous mangerons sur la terrasse du chalet un petit barbecue accompagné d'une dégustation de bières et vins québécois et de quelques moustiques venus se mêler à la fête sans pour autant la gâcher (ça pique bien quand même ces bestioles !).
Quelle journée !! On en veut encore des comme ça.

Dimanche 29 juillet - Hautes Laurentides - Parc du Mont Tremblant/50 kms/#1000m D+/3h15 roulage Il est assez facile parfois de s'habituer à certaines choses, surtout lorsqu'elles sont agréables, le petit déjeuner est l'une de ces choses.
Au menu de ce matin, que du light : œuf, jambon, céréales, fromages et bin's au lard (les québécois ont l'art de franciser les mots anglais !) arrosés de l'inévitable sirop d'érable. Heureusement que le trajet pour nous rendre sur le lieu de la rando du jour nous permet de bien commencer la digestion sinon ce serait le point de côté systématique et le pied à terre à la première difficulté !

Aujourd'hui, nous nous rendons dans un des parcs nationaux qui parsèment le Québec, celui du Mont Tremblant et plus précisément dans le secteur de La Diable (nom d'une cascade qui se trouve dans cette partie du parc).
Ce qui est impressionnant lorsque l'on passe la guérite qui marque l'entrée dans le parc, c'est le nombre de kilomètres qu'il faut parcourir pour arriver aux premières aires aménagées. La superficie ainsi protégée est tout bonnement immense pour nous européens alors que simplement à l'échelle du pays. Comme la veille, déchargement des vélos et zou !, nous partons direction le lac à l'Ours. La majeur partie du parcours prévu par Kiwi est boisée, ce qui va nous permettre d'apprécier la fraîcheur des sous-bois car il va encore faire chaud aujourd'hui. Manque de bol pour ceux qui n'apprécient pas trop (pas de noms !) mais ça commence encore par une montée mais un peu plus cool dans ses pourcentages que celle(s) d'hier.

A la première halte au lac Malard, nous révisons nos impressions de la rando de la veille.
Hier c'était le silence, aujourd'hui c'est la solitude et la nature totale avec toujours ces paysages de carte postale; ce ne sont que sapins à perte de vue entrecoupés de lacs et rivières. Après en avoir terminé avec la pente, nous arrivons au fameux lac à l'Ours, un des endroits où Kiwi aime venir potasser ses cours avant de finir par un plongeon dans ses eaux, plutôt original comme espace de travail ! Une fois que nous avons tous goûté la quiétudes des lieux (on serait d'ailleurs bien resté là toute la journée à se prélasser au soleil), nous entamons une descente qui va nous amener à la chute des Croches.
Le chemin est assez large puisqu'il s'agit d'un sentier utilisé pour le ski de fond l'hiver et le pourcentage assez doux mais la vigilance est de mise car régulièrement des tranchés entourées de planches coupent perpendiculairement la piste (assurant ainsi l'évacuation des eaux en cas de pluie). Il faut alors avoir l'œil rivé sur le sol pour débusquer le prochain obstacle et tenter le bunny up salvateur pour les jantes (pas toujours très stylé ni réussi d'ailleurs).

Fin de descente, début de la pause déjeuner. Nous posons les vélos et squattons quelques rochers chauffés par le soleil en bordure de torrent pour attaquer nos sandwichs puis jouer les lézards voire entamer une petite sieste, bercés par le bruit des eaux de la chute. Là encore, l'envie de ne plus bouger nous reprend et il faut presque se faire violence pour repartir (j'ai dit presque ;-).
Vrai qu'on est en vacances, faudrait pas l'oublier !
Outch, c'est dur de redémarrer, les jambes et le fondement se refroidissent vite ! Pour cette deuxième partie de rando, nous prenons la direction du lac Ernie par un sentier réservé aux marcheurs (et aux vététistes aujourd'hui ;-). Celui-ci va s'avérer un pur moment de bonheur. Le sentier est tellement ludique qu'on dirait qu'il a été façonné de la sorte par quelqu'un. Et bien non, ce n'est que du naturel ! Il est constitué d'un enchaînement ininterrompu de courtes bosses et descentes, façon terrain de BMX, le tout parsemé de pierres, rochers et virages histoire de travailler aussi les trajectoires. Le seul petit inconvénient est qu'il est légèrement en montée, ce qui n'est pas forcément du goût de tout le monde (ils se reconnaîtrons ;-). Au bout de 7 kilomètres de ce traitement de faveur, nous arrivons au lac et profitons de la terrasse de son refuge. Arrive alors la deuxième baignade du séjour, Kiwi, Pidji et Pouet décident de piquer une tête dans le lac Ernie, histoire de comparer la température de ses eaux avec celle du lac Louisa de la veille. Résultat : identique avec environ 23°C (relevés par Christian) !

Après un séchage en règle des baigneurs (voire un essorage pour Pouet), nous abandonnons, non sans regret, le sentier de randonnée pour en emprunter un autre plus large et moins amusant qui va nous amener à la Chute du Diable. Il n'y a qu'aux alentours de ces endroits particuliers que nous croisons d'autres personnes sinon, malgré la période estivale et la fréquentation du parc qui l'accompagne, nous sommes seuls sur les sentiers (même si la superficie du parc y est aussi pour quelque chose). C'est sur la piste conduisant à la chute que Pouet et moi allons croiser le seul animal du séjour, sous la forme d'un chevreuil (ou quelque chose comme ça, on n'est pas très physionomiste ;-), qui ne nous laissera pas le temps de l'admirer, ni encore de l'immortaliser sur pellicule.
Nous terminons la sortie par un bout de bitume bien roulant qui nous permet quelques étirements et nous ramène au stationnement. Heureux et un peu fourbus de la journée écoulée, tout le monde s'accorde pour dire que le parc du Mont Tremblant mériterait bien quelques journées d'exploration supplémentaires. Sur la route du retour vers Saint Michel, le calme règne, juste rythmé par la radio et la programmation de CoolFM.

Le soir venu, attablés au grand air devant un repas et une petite mousse québécoise réparateurs et avant qu'une attaque de maringouins ne nous obligent à un repli stratégique vers l'intérieur du chalet, nous faisons le bilan de cette seconde rando. Celui-ci est très positif, les sites où nous roulons sont toujours aussi beaux et les parcours variés avec un soleil omniprésent, impossible de se plaindre ! Demain, nouveau jour et nouveau parc, d'ici là faites de beaux rêves...

Lundi 30 juillet - Région de Trois-Rivières - Parc de la Mauricie/30 kms/1h38 roulage C'est aujourd'hui la fin de notre mini-séjour dans les Laurentides, nous montons vers le Nord et ce soir nous dormirons à Québec. En plus, nous perdons Kiwette qui doit retourner bosser à Montréal. Une page du Québecnet se tourne déjà (à noter que des nuages cachent le soleil ce matin, accompagnés de quelques gouttes de pluie mais d'après Kiwi, il devrait faire beau temps cet après-midi).

La matinée est donc chargée : nettoyage du gîte et chargement du Van avant de saluer nos hôtes et de gagner Montréal. Là, nous déposons Kiwette à un bouche de métro et prenons la direction de Trois-Rivières, puis du parc de la Mauricie où nous attend Julien qui doit rouler avec nous et nous servir de guide. Manque de bol et surtout de temps, nous arrivons au parc avec plus d'une heure de retard sur le rendez-vous prévu pour 11H. Kiwi repère le véhicule de Julien mais personne aux alentours, dommage. A l'évidence, Julien n'a pu patienter jusqu'à notre arrivée et est donc (à raison) partir rouler. Peut être le retrouverons nous sur les sentiers du parc (avec beaucoup de chance alors !)...
Nous déjeunons sur l'herbe (aïe, la digestion va encore être dure !). Ensuite, alors que Linda et les enfants partent visiter les alentours, nous enfourchons nos vélos pour une randonnée plus calme que les jours précédents. Une trentaine de kilomètres est prévue sur une piste large et assez roulante, un profil un peu plus balade quoi ! Le but est de remonter les nombreux lacs (une partie seulement) qui existent dans le parc et de profiter des lieux. Hum, lacs au pluriel, ça ne sentirai pas la baignade à plein nez ? Il n'y a qu'à regarder la mine réjouie du Pouet pour être inquiet, il a déjà une idée derrière la tête c'est sûr ;-))

Il ne faudra pas attendre longtemps. Après quelques kilomètres et presque autant de lacs nous narguant de leurs eaux bleues-vertes, nous finissons tous au jus (sur une invitation de Pouet bien sûr même s'il n'a pas eu besoin de beaucoup nous pousser) !
Le lac de trop et son ponton accueillant auront raison de la notre (de raison). Déjà qu'on était en retard sur le planning serré du jour voilà qu'on en rajoute encore mais qu'est ce que c'est bon !! Inutile de préciser à nouveau la qualité de l'eau, c'est la même que les jours précédents. Pendant une bonne demi-heure, on alterne plongeons et séchages au soleil puis, toujours contraints (c'est fou les frustrations quotidiennes que nous subissons depuis le début du séjour :-), nous reprenons le chemin sur quelques kilomètres avant de faire demi-tour et d'entamer le trajet retour (fait nouveau, comme nous roulons en bord de lacs sur un sentier large, nous croisons quelques personnes et même des vélos !).
Commence alors la dérive aquatique de Pouet. A l'approche de chaque lac, celui-ci nous incite à renouveler la pause liquide de tout à l'heure. Ce n'est pas l'envie qui manque mais malheureusement nous avons encore un long trajet jusqu'à Québec. Déçu, Christian va alors mettre le turbo pour prendre un maximum d'avance sur nous afin de pouvoir assouvir sa soif de baignade avant que nous le rejoignons. Et c'est ainsi que l'on va le retrouver à plusieurs reprises dans l'eau jusqu'au cou, vélo et chaussures abandonnés sur les berges. Incorrigible !

De retour aux voitures, nous retrouvons la famille Pouet et nous empressons d'embarquer, direction la ville de Québec. Quelques 130 kms plus tard, nous sommes dans le Vieux Québec, devant l'auberge de jeunesse où nous allons résider pendant deux nuits. Nous y retrouvons Alex, un ami de Kiwi qui va terminer le séjour avec le groupe.
Une fois installés dans notre chambre (qui malgré son confort ne vaut pas le chalet de St Michel), nous descendons à pied pour le dîner vers le centre du Vieux Québec. Kiwi et Alex nous ont parlé d'un plat paraît il incontournable du Québec : la Poutine. Nous cherchons donc le Asthon dans les rues plutôt fréquentées de la ville afin d'y goûter. La recette de la poutine est assez simple : des frites sur lesquelles sont déposées des morceaux de chédar, le tout recouvert d'une sauce barbecue. Tout comme la smoked meat, ça se laisse facilement manger !
Pour faire passer le repas, nous arpentons les quartiers de la vieille ville dans la chaleur moite du soir et finissons la balade par une petite mousse en terrasse avant de regagner l'auberge. Les kilomètres de voiture associés à la sortie vtt du jour et à la marche nocturne nous ayant bien entamés, nous ne tirons pas sur l'horaire afin d'être frais pour le lendemain. Car demain, nous allons rouler sur les pistes d'un lieu réputé voire mythique de la planète vtt : le Mont Saint Anne. Alors vivement demain...

Mardi 31 juillet - Parc du Mont Saint Anne / 35 kms / #1100 m D+ / 3h de roulage Le Mont Saint Anne, de par ce qu'il représente pour tout vététiste, n'est pas une sortie comme les autres. C'est encore plus vrai pour nous aujourd'hui car il est déjà notre dernière randonnée du Québecnet :-(. Nous allons donc apprécier le mieux possible cette ultime sortie.

Faute de temps la veille, nous n'avons pu assurer le ravitaillement. Nous commençons donc la journée dans un supermarché entre Québec et le Mont Saint Anne, histoire de ne pas rouler le ventre vide. Une fois au pied du site, le soleil étant comme d'ordinaire toujours présent, nous nous installons sur un coin de pelouse et sortons de quoi "petit déjeuner". A la vue de ce qui nous attend, mieux vaudrait manger (très) léger parce que ça monte directement et sèchement. Au menu, pain, fromage et creton de porc (une sorte de pâté local), quand je disais léger ;-)
Le site du Mont Saint Anne est déjà en pleine transformation afin de préparer au mieux la manche de coupe du monde de vtt qui aura lieu dans trois semaines, les pistes de dual slalom sont même déjà opérationnelles. Dommage que nous ne puissions être là pour y assister. Pour le moment, le sommet du mont nous attend...

Rassasiés, nous attaquons alors son ascension par la face sud, par une piste qui s'appelle d'ailleurs l'Enduro sud. Quelques kilomètres après le départ, Kiwi subit la seule crevaison du séjour ce qui permet au groupe de passer au mieux la première phase de digestion ! Après une partie de l'ascension, un petit torrent salvateur nous permet de nous rafraîchir (il fait déjà très chaud) et va aussi donner l'occasion à nos deux québécois de nous montrer qu'ils n'ont pas froid aux yeux, ni au reste !
Kiwi et surtout Alex vont faire "trempette" dans une eau qui ne devait pas dépasser les 10°C (bizarrement et contrairement à d'habitude, Pouet n'était pas volontaire pour la baignade ;-)). Sont fous ces québécois !! Nous (la majorité raisonnable du groupe ;-) et nos deux baigneurs, revigorés par ce court bain, reprenons ensuite notre progression. Afin de ne pas arrivés trop rapidement au sommet, Kiwi nous trouve des chemins parallèles qui cassent la monotonie de la montée et lui donnent un peu de piment (petites descentes, compressions, single-tracks, le tout en sous-bois). Le fait de redescendre de temps en temps nous oblige bien sûr à monter plus mais les chemins empruntés valent bien le surplus de dénivelé qu'ils occasionnent.
Les kilomètres défilent, l'Enduro sud laisse sa place à son homologue du nord et c'est par cette piste que nous allons finir de gravir le Mont Saint Anne qui ne culmine "qu'à" 815m au dessus du fleuve. La première partie de la piste suit les lignes haute tension, est parsemée de pierres et se trouve de plus en plein soleil. Il est déjà passé midi et le même soleil est à son zénith, ce qui nous vaut une (très) grosse suée tout au long de la montée qui va se terminer pas un morceau de bravoure sous la forme d'environ 2 kilomètres d'un pourcentage tout à fait honorable (22x32 voire 34 conseillé).

Les paysages que l'on peut contempler du haut du mont nous font oublier les derniers hectomètres un peu difficiles, ils n'en sont d'ailleurs que plus appréciés. Devant le Saint Laurent, toujours (de plus en plus) majestueux, et l'île d'Orléans, à droite au loin le cap Diamant et Québec, à gauche le fleuve encore et la route qui montent vers le nord et derrière des forêts à perte de vue. Nous sommes juste contemplatifs.
En contre-bas de l'arrivée des remontés mécaniques (qui déversent régulièrement leurs lots de descendeurs du cru équipés des pieds à la tête pour les descentes à venir), une terrasse donne une vue plus dégagée sur le fleuve et une aire d'envol aux adeptes du parapente pour un vol au dessus des bois. C'est l'heure de la pause déjeuner habituelle (il y a bien longtemps que le creton de porc n'est plus qu'un souvenir :). Alex, gourmand, se laisse tenté par une nouvelle poutine (est ce bien raisonnable ?!) tandis que pour le reste du groupe c'est plutôt la réhydratation qui prime.
Comme les jours précédents et même si nous nous sentons (très) bien là, il nous faut penser à "lever le camp". On réajuste pilote et machine pour ce qui va suivre : la descente ou plutôt les descentes parce qu'il y a l'embarras du choix :-))

Nous commençons par emprunter une dénommée (et peut être bien nommée) la Grisante. Elle est assez technique dans sa première partie, surtout pour nos petits semi-rigides, à cause ou grâce à de nombreuses pierres et rochers et il faut veiller à ne pas abandonner son dérailleur arrière sur l'un d'eux. Au fur et à mesure, le pourcentage diminue, la piste se fait plus facile -on va pouvoir souffler un peu (c'est que c'est fatiguant de descendre !) - et les pierres ont laissé la place aux racines.
Nous changeons alors de piste pour nous retrouver sur l'Echappée Belle (tout un programme aussi). L'enchaînement successif des virages et singles nous ramène petit à petit vers le fleuve et le dernier schuss se fait sur l'herbe. Nous terminons ainsi la descente par une des pistes de dual et ses bosses que courageusement nous esquivons ! Le compteur indique 8 kms depuis notre départ du sommet. C'est fou ce que ça défile vite lorsque le terrain devient ludique. Dire que l'on pouvait allonger encore la descente pour atteindre une quinzaine de kilomètres !
Sûr que les vététistes locaux ont de quoi s'amuser, le Mont St Anne est traversé d'une multitude de sentiers et si cela ne suffit pas, il est aussi possible de rayonner aux alentours. C'est vraiment un spot de toute beauté !!

Un fois sur le stationnement, nous rangeons définitivement nos vélos dans le Van, le vtt du Québecnet a vécu :-((
Avant de rentrer, nous goûtons à nouveau sur l'herbe tout en discutant de la journée passée, du potentiel du site et des jours écoulés depuis le début du séjour. Chacun sent bien que la fin du Québecnet est proche, que les sorties précédentes commencent doucement à devenir des souvenirs.

De retour à l'AJ et après une bonne douche, tout le monde descend au sous-sol dans l'énorme cuisine où plats, odeurs et nationalités se mélangent. C'est amusant de constater les différences culinaires de chacun.
Pendant qu'Alex et Kiwi s'affairent aux fourneaux, les autres préparent la table. Après le repas nous organisons, devant les mines dubitatives des personnes présentes, l'événement traditionnel de chaque randonnet : le gobage de Flanby. Comme il est difficile de trouver ce flan original au Québec, nous nous sommes rabattus sur une marque étasunienne ; nos flanbys seront pour l'occasion des Kozyshack.
Pour plusieurs des randonnetteurs présents c'est le baptême du feu (ou plutôt du flan ;-). Kiwi s'élance le premier pour un sans faute suivi de Yan qui l'imite, pour Pouet, vieux randonnetteur habitué, c'est la routine. Il faut dire que les flans sont de bonne et ferme composition, ce qui facilite grandement la tâche. A noter tout de même qu'Alex et Pidji se sont lâchement défilés et que notre petite manifestation n'est pas passée inaperçue (y aura t il bientôt des gobages de flanbys au pays du soleil levant ?) !

La vaisselle faite (la cuisine de l'AJ doit être impeccable après les repas), nous prenons la direction du château Frontenac pour goûter une dernière fois l'ambiance de Québec. Nous empruntons la promenade des remparts qui surplombe le fleuve et nous conduit jusqu'à la citadelle de la ville. Sur le chemin, Kiwi et Alex nous comptent un peu l'histoire du Québec tandis que nous croisons quelques bikers occupés à tester à tombeau ouvert leurs suspensions dans les escaliers des remparts. La fin de notre boucle se termine dans la chambre de l'AJ où personne n'a de difficultés à s'endormir, la journée ayant encore été bien remplie.

Mercredi 1er août - Tadoussac Ce matin, alors que les autres dorment encore, Yan et moi quittons l'auberge " à la fraîche " pour une petite balade pédestre dans le Vieux Québec. Après deux sorties nocturnes, nous voulons voir Québec de jour.
Il fait déjà bon et les rues sont désertes à cette heure de la journée et il est très agréable de s'y promener. La vision diurne de la ville nous fait mieux apprécier la beauté des bâtiments anciens. Nous arpentons ainsi pendant plus d'une heure les différents quartier du Vieux Québec avant de regagner l'auberge où l'on ronfle encore. Après un réveil progressif de la troupe, nous préparons les sacs et regagnons les voitures. Plus de trois heures de route sont au programme de ce matin afin de gagner Tadoussac, l'étape la plus septentrionale de notre séjour. En route...

Une fois dépassé Québec, les villes se font plus rares et aussi plus petites. En montant de cette façon plus au Nord, on sent bien la prédominance de la nature sauvage et l'on s'imagine facilement arriver à la fin de la route avec, devant nous, les immenses étendues mythiques du Grand Nord.
Sur la route qui nous mènent à Tadoussac, nous faisons une halte après le village de La Malbaie et profitons d'un point de vue sur la rivière du même nom qui se jette à cet endroit dans le Saint Laurent. Le fond de l'air est frais et l'on peut percevoir comme une odeur de mer. Il faut dire que le fleuve n'en finit plus de s'élargir et que bientôt ses eaux douces se mélangeront à l'eau de mer venant de son embouchure (qui se trouve pourtant encore à plusieurs centaines de kilomètres).
Nous finissons par arriver à Baie Sainte Catherine (il est vrai que les autoroutes québécoises sont longues pour nous français, avec leur vitesse maximale autorisée de 110 km/h. Limite qu'il ne fait pas bon trop dépasser...). Le village se trouve sur la rive sud du fjörd du Saguenay et c'est au bord de celui-ci que se termine (réellement cette fois) la route.
Pour gagner Tadoussac, il nous faut embarquer sur un des traversiers qui passent sans arrêt d'une côte à l'autre. Une fois à bord de l'un de ces énormes bacs, ses puissants moteurs grondent et il quitte la berge pour nous mener de l'autre côté. La poussée développée est impressionnante et nous nous retrouvons rapidement au milieu du fjörd où souffle un vent soutenu et plutôt frais (on sent nettement la différence de climat depuis Québec et surtout Montréal).
A ce moment, c'est nous qui sommes vraiment impressionnés. Le Saguenay est si imposant que l'on se sent tout petit. Sous le traversier, il y a plus de 140 mètres de fond (ce n'est pas le moment de laisser tomber quelque chose à l'eau) ! Par endroit la hauteur cumulée de ses falaises et de ses profondeurs peut paraît il dépasser 500 mètres. Le Saint Laurent n'est pas en reste et atteint tranquillement ici ses 7 kms de large, avec un peu de brume il est d'ailleurs difficile de voir l'autre côté. Ce qui est drôle c'est que ces dimensions n'apparaissent pas démesurées pour Alex ou Kiwi, habitués qu'ils sont à ce genre de chose. Pour les touristes que nous sommes c'est différent. Quand on vous parle de fleuve et que vous imaginez la Seine ou la Loire - qui ne représenteraient au Québec que deux petits rus - et que vous voyez le Saint Laurent, vous ne pouvez être qu'étonné.

Terre ! La courte croisière terminée, le traversier libère camions et voitures avant de se remplir à nouveau. C'est fait, nous sommes à Tadoussac ! Nous ne monterons pas plus loin dans le Québec. Etant donné la réputation mondiale du village, très connu pour les baleines qui vivent une bonne partie de l'année juste devant lui au milieu du fleuve, on s'attend à lui trouver quelque chose de particulier. Et bien non, mis à part les boutiques de souvenirs et les petites entreprises de croisière aux baleines qui composent le tissu économique local, c'est un charmant village d'environ 900 habitants.
Nous trouvons assez facilement l'AJ du village où nous devons passer les deux dernières nuits du Québecnet. Mais celle-ci nous semble un peu "bizarre", elle ne ressemble pas complètement à la photo de son site internet. C'est plutôt le lieu de rassemblement des "hippies" de passage et en guise d'auberge, c'est plus un moulin à vent qu'autre chose. Même si l'ambiance qui y règne semble bonne enfant, on y sort et rentre par toutes les entrées disponibles, aucune porte ne ferme à clé (dixit le gérant de l'AJ "pourquoi avoir des serrures, il n'y a pas de vols") et leur état laisse un peu à désirer. D'un commun accord, nous décidons alors d'écourter d'une nuit le séjour prévu.
Après avoir pris possession de notre chambre (!), nous redescendons vers le Saguenay pour déjeuner sur les rochers qui le bordent. Cette formalité accomplie, nous nous rendons au port pour prendre des renseignements sur les croisières aux baleines. Reste à attendre le prochain départ...
Son heure arrive et pendant que le groupe s'habille et part à la recherche des baleines et autres cétacés, Alex et moi passons tranquillement la fin d'après-midi à la terrasse d'un petit "troquet", à parler de tout et de rien. Puis nous nous mettons en quête d'une bonne table pour ce soir, histoire de marquer la proche fin du séjour. Nous récupérons ensuite les baleiniers amateurs et pacifiques qui regagnent le port et sont tous ravis d'avoir pu contempler les magnifiques mammifères qui fréquentent les eaux du fleuve.

Le soir venu (il tombe d'ailleurs vite sous ces latitudes), chacun revêt ses plus beaux tee-shirt et short (!) et nous descendons l'artère principale du village vers notre restaurant du jour, "Chez Georges". Nous ne regrettons pas notre choix car la cuisine qu'il délivre, à base de poissons, est d'excellente qualité. Le dîner est l'occasion de faire le bilan du Québecnet et pour chacun de discuter des jours passés et de tous les lieux traversés, découverts et appréciés.
Lorsque nous rentrons à l'auberge vers 23h, le concert du soir bat son plein et il faut une intervention du maître des lieux pour y mettre fin ("il y a des gens qui sont aussi ici pour se reposer". Il a de l'humour en plus le bougre !). Le public présent se rabat donc sur le bar d'à côté qui va prendre le relais tandis que quelques occupants de l'AJ (ou d'ailleurs !), dont nous, se rassemblent autour d'un feu pour une petite veillée à la belle étoile. Fourbus comme d'habitude, nous poussons pourtant l'heure du coucher plus avant, conscients que c'est là notre dernière soirée québécoise. La nuit sera moyenne principalement à cause de la chaleur lourde.

Jeudi 2 août - Tadoussac A voir la tête de chacun au lever, le sommeil n'a pas été terrible ! Au programme de la journée, promenade aux alentours du village et kayak de mer cet après-midi (on ne fait plus de vtt mais tout de même encore un peu de sport). Mais d'abord, trouver les douches et c'est toute une épreuve !!
Bon finalement on les a trouvé, elles étaient bien planquées au sous-sol ! Une fois propres, un petit déj' rapide avant de retourner faire quelques dernières courses, histoire d'assurer les repas restants puis nous partons, à pied, par un chemin qui s'éloigne un peu du village. Nous n'irons pas bien loin car le dit chemin s'enfonce assez rapidement dans les bois et comme on ne progresse pas très vite en marchant (contrairement au vtt), nous ne continuons pas plus avant dans cette direction (il ne faudrait pas se perdre et rater le départ du kayak). Nous rebroussons donc chemin et regagnons la route principale où le défilé journalier et alternatif (mais perpétuel) de véhicules se déroule tranquillement. Nous passons devant la pisciculture de saumons du village avant de reprendre les chemins empruntés hier qui mènent au bord du Saguenay. But de la manœuvre : tenter d'apercevoir du rivage quelques rorquals ou bélugas et pourquoi pas une baleine.

Lorsque l'on arrive sur les roches qui marquent la berge du fjörd, nous constatons que nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée, quelques personnes parmi la vingtaine qui se trouvent là sont même fort bien équipés de jumelles ou zooms photos puissants afin de profiter du spectacle éventuel. Pour savoir si l'on a quelque chance d'entrevoir le dos d'un cétacé, il suffit de suivre les déplacements des zodiacs qui sillonnent l'embouchure. Si quelques uns sont arrêtés ou avancent lentement, c'est qu'ils ont repérés un mammifère et qu'ils attendent sa remontée en surface pour l'admirer. Coup de bol, plusieurs zodiacs sont juste devant nous à quelques dizaines de mètres et c'est un béluga qui est au centre de leur préoccupation.
Ce n'est pas tous les jours que l'on a l'occasion de voir réellement un animal de ce genre et c'est quelque chose de fabuleux à vivre. En quelques secondes, on se retrouve avec les yeux ébahis d'un enfant à regarder obstinément et longuement cette forme blanche pointer régulièrement au dessus de l'eau et, dès qu'elle disparaît, à scruter la surface en tentant de deviner le prochain endroit où elle réapparaîtra. On pourrait rester comme ça des heures, c'est véritablement magique ! Nous contemplons ainsi pendant plus d'une demi-heure, entre les ballets improvisés des zodiacs et bateaux de croisière avec les traversiers tout proches, la lente progression de deux bélugas, complètement indifférents à l'effervescence qui règne autour d'eux.
Toujours rattrapés par l'horaire (il faudra forcément revenir un jour pour une plus longue période afin de retrouver tous ces endroits que l'on a du laissé chaque fois faute de temps), nous quittons les bords du Saguenay et continuons la balade dans le dédale de sentiers balisés jusqu'au port du village. De là, nous remontons les quelques rues qui nous ramènent à l'auberge où c'est aussi l'effervescence à la cuisine car il est l'heure de déjeuner. Celle-ci ne dépareille pas avec la déco générale de l'AJ, tout comme les batteries de casseroles et autres ustensiles qui ont apparemment quelques heures d'utilisation au compteur ! Pas grave, une petite vaisselle préventive et l'on pourra manger.

Il est presque 14h et, le repas terminé, nous nous rendons sur la plage du port (on se croirait vraiment en bord de mer !) d'où nous allons partir pour 3h de kayak de mer. Prise de contact avec notre instructrice du jour qui nous explique les rudiments à connaître avant de se laisser glisser sur l'eau. La demoiselle n'est pas commode et Alex et moi nous prenons un savon à cause de nos mines niaiseuses (dixit la dame). Du coup, on la joue sérieuse jusqu'à la fin des explications. Elles sont plutôt inquiétantes d'ailleurs, puisque l'on nous informe qu'au cas où l'on tomberait à l'eau (qui flirte allègrement avec les 5°C), il ne faudra pas paniquer et qu'on nous ramènera gentiment jusqu'au rivage, bleu mais on nous ramènera ;-) Les pieds dans l'eau, on se rend bien compte de sa "fraîcheur". Par contre, ce qui est encore plus surprenant c'est que, malgré le fait que l'océan soit encore à plusieurs centaines de kilomètres, elle est déjà salée.
Tout le monde embarque et commence à pagayer vers le large en suivant scrupuleusement les conseils prodigués juste avant et surtout notre guide, un solide gaillard avec un accent québécois à couper au couteau (d'après Kiwi, c'est l'accent gaspésien). Manque de bol, le soleil est un peu voilé en ce début d'après-midi ce qui, ajouté au vent qui souffle bien sur le fleuve, nous rafraîchit légèrement avec nos tee-shirts même pas gore-tex ! Notre accompagnateur à l'air d'en connaître un rayon sur le kayak et la nature environnante (terrestre ou sous-marine) qu'il nous détaille par le menu. Il nous annonce même que si notre progression s'effectue à un bon rythme, nous pourrons peut être nous rendre sur la zone où se trouvent les baleines. Gloups, un frêle kayak à côté d'un autobus à fanons, on ne fera pas le poids en cas de collision ! Mais l'idée d'approcher ces animaux est plutôt excitante. Pagayons donc...

Quelques centaines de mètres plus au large, nous apercevons la tête d'un jeune phoque qui reste à nous observer à bonne distance, première rencontre avec la faune locale et - espérons - pas la dernière. Kayaks joints, nous faisons ensuite une longue pause éducative dispensée par notre sympathique professeur qui nous apprend de nombreuses choses sur la vie animale dans le Saint Laurent. Très rafraîchissant, au figuré mais surtout au propre car, après avoir pas mal pagayé, cet arrêt prolongé nous refroidit sérieusement. Il est temps de repartir. Le ciel s'est bien couvert depuis que l'on a quitté la plage et l'on ne voit maintenant plus le soleil. Est ce le temps ou notre niveau moyen en kayak mais toujours est il que l'on se rend compte que nous n'irons pas beaucoup plus au large (à mon avis c'est une question de niveau ;-). Nous continuons néanmoins la progression en essayant de la pimenter par quelques sprints aqueux. A ce petit jeu, nos deux locaux, Alex et Kiwi, se révèlent les plus rapides. On a même l'impression qu'ils ne forcent pas, c'est vexant ! Puis tranquillement, nous prenons la direction du port de Tadoussac (la vue du village que l'on a depuis l'eau est superbe) et accostons sur le sable. Fin de la sortie, on remise les kayaks et rendons les combinaisons. C'était pas mal du tout et ça nous a bien ouvert l'appétit tout ce grand air. Direction l'AJ où nous allons prendre le dernier repas commun du séjour. Alex nous quitte le premier pour retourner sur Montréal, déjà un de moins :-(. Nous préparons le reste des provisions et avons juste le temps de finir de manger avant qu'une grosse averse orageuse ne tombe sur l'auberge. C'est forcément un signe, le beau temps nous quitte en cet fin de randonet. Nous patientons sous le porche de la maison pour terminer de charger le van. Vers 20h, les sacs dans le coffre, c'est l'heure du départ. La famille Pouet qui continue son séjour au Québec va s'enfoncer dans les terres en suivant le Saguenay tandis que pour Kiwi et ses trois "maudits français" (Pidji, Yan et moi ;-) c'est le retour vers Montréal et, dès demain, vers la France. Une page se tourne et c'est avec émotion que nous nous séparons devant l'auberge. Bonne route les Pouet !! Le traversier passé, suivent les cinq heures d'autoroute que Kiwi avale seul pendant que nous dormons (rêvons ?). On arrive à plus de minuit chez lui. Rideau, demain il fera jour. Vendredi 3 août - Montréal La boucle sera bouclée cet après-midi lorsque nous décollerons de l'aéroport de Mirabel, d'ici là, profitons de la journée... Au lever, nous retrouvons Geneviève que nous avions laissé lundi matin pour raisons professionnelles. Sa semaine a forcément été moins riche que la nôtre que nous lui contons rapidement pendant le p'tit déj'. Car comme il faut bien que quelqu'un assure la bonne marche du ménage (pas Kiwi quoi ;-), Kiwette doit nous quitter à nouveau pour s'en aller prendre le métro pour la dernière fois de la semaine. A bientôt et un grand merci pour ton accueil. Une fois prêts, nous partons un peu en retard à Laval rendre le van de location. Surprise chez le loueur, nous avons dépassé l'heure limite de restitution et en sommes quitte pour payer la journée. Dans ce cas on le garde, il nous sera bien utile pour amener nos cartons vtt jusqu'à l'aéroport. Nous retournons dans le quartier pour faire quelques achats de produits régionaux dans une boutique artisanale (confiture de bleuets, sirop d'érable,...) puis vers le centre-ville et le quartier du vieux port que nous n'avons pu visiter faute de temps la semaine dernière. Le soleil brille sur Montréal mais la chaleur est plus lourde que les jours précédents. Nous déambulons dans les rues du quartier, passons devant l'hôtel de ville, la cathédrale Notre Dame de Montréal, le quartier d'affaire (au style très américain avec ses hautes tours) avant de revenir vers les restaurants. Déjeuner peinard en terrasse d'un resto (mais non nous n'avons pas fait que manger au Québec ;-) puis retour chez Kiwi où l'après-midi est déjà bien avancé. Tellement d'ailleurs que nous ne prenons pas le temps de démonter et ranger les vélos dans leurs cartons, on verra ça à Mirabel car il est largement l'heure de partir. Comme toutes les grandes villes aujourd'hui, Montréal n'échappe pas aux traditionnels bouchons de fin de semaine et voilà que nous nous retrouvons à rouler au pas sur l'autoroute (ça nous permet de constater le nombre élevés de véhicules que l'on peut voir avec un canoë sur le toit. Les week-ends québécois doivent être agréables...). M... ça tombe mal, on va peut être involontairement prolonger le séjour ! Tandis que Kiwi reste confiant (l'est cool le Kiwi, tout va toujours bien !) et que Pidji n'est pas vraiment concerné puisqu'il part demain soir, Yan et moi regardons fébrilement les minutes qui défilent. Finalement, la route se débloque et notre situation avec et nous arrivons enfin à l'aéroport, ouf ! Kiwi nous dépose devant l'entrée et s'en va garer la voiture. Mais avant de s'enregistrer, il faut encore démonter les vtts et les ranger soigneusement dans les cartons et ça n'est pas gagné (on a mis près de deux heures la première fois). Nous commençons donc, avec l'aide de Pidji, à déballer clés, ruban adhésif et autres accessoires utiles sur le trottoir du terminal sous le regard amusé des voyageurs. Quelques minutes plus tard, alors que Kiwi nous a rejoint, les vélos sont en semi-puzzles, prêts à regagner leur boîte de voyage. Est ce le temps très limité ou le fait de l'avoir déjà fait une fois, toujours est il que nous battons un record d'empaquetage, en à peine une demi-heure tout est terminé. C'est heureux parce que lorsqu'on se retrouve devant le guichet nous sommes les derniers à être enregistrés, juste 20 minutes avant la clôture ! Re-ouf, nous pouvons souffler et profiter des dernièrs instants qui restent pour revenir sur la semaine écoulée et son parfait déroulement. Que de choses vécues et vues pendant ces sept jours qui sont forcément passés très (trop) vite, il faut dire que pour tout le monde c'était une totale découverte (même pour Kiwi qui n'était jamais allé à Tadoussac). Tous les spots parcourus étaient magnifiques (personnellement ma préférence va aux parcs des monts Tremblant et Saint Anne qui dispose d'un formidable potentiel tant par leurs reliefs que leur superficie) et nous avons vraiment trouvé ce que nous étions venus chercher : un énorme bouffée d'oxygène dans un pays où c'est encore la nature qui prédomine (espérons pour longtemps encore). Aussi, je pense que Yannick Pierre-Jean et Christian seront d'accord pour que nous adressions ensemble un grand merci à l'organisateur de ce randonet. Donc Kiwi, Merci. Quand à ceux qui sont eu le courage de lire tout ce qui précède (c'est comme pour la descente, si j'étais écrivain, ça se saurait !), un seul conseil : allez-y, vous ne le regretterai pas !! Liens utiles :