Les Laurentides


Samedi 28 juillet - Basses Laurentides/23kms/880m D+/2h15 roulage

Bon, le sommeil c'est pas encore ça, on s'est réveillé un peu moins tôt mais pour la grasse matinée il faudra encore attendre. Fatigantes ces vacances :-).
Après un petit déjeuner copieux et pendant que Kiwi prépare le casse-croûte de midi, nous entassons sacs et vtts dans le Van. Le véhicule a beau être spacieux, il nous faut quand même accrochés trois des vélos au porte-vélos. Une dernière vérification du matériel embarqué et c'est parti pour une demi-heure kiwienne de trajet (pour avoir la durée exacte, ajouter au moins 50% du temps annoncé ;-) jusqu'à son spot habituel autour du village de Piémont.

Déjà remarqué hier et encore aujourd'hui sur la route que nous empruntons, la présence de plus en plus forte de la nature. En s'éloignant du Saint Laurent, on s'éloigne aussi par la même occasion de la civilisation (ça tombe bien, nous sommes venus pour ça !). On se gare sur le parking (pardon, le stationnement ;-) et préparons nos vélos pour cette première sortie, impatients de découvrir les sentiers du Québec. Une fois prêts, on immortalise l'instant avant de procéder à une séance d'aspersion collective de citronnelle afin de se prémunir de toute attaque de maringouins féroces. Pouet se pulvérise le moindre cm2 de peau à découvert et il faudra le ramener à la raison pour l'empêcher de vider la bouteille ;-)
Tout le monde est prêt ? Alors go !

A peine rentrés dans la forêt, nous attaquons une montée sèche et longue, bien longue même. Le soleil déjà haut ne tarde pas à nous faire suer à grosses gouttes dès les premiers hectomètres. Ca montera comme ça jusqu'au sommet avec de temps en temps de légères descentes qui nous permettrons de souffler un peu mais qui, forcément, ajouterons quelques dizaines de mètres supplémentaires au dénivelé positif de la journée.
La mi-parcours et midi approchant, nous faisons alors un dernier effort pour porter notre déjeuner jusqu'au point culminant de l'endroit et cassons la croûte sur l'herbe à l'ombre des arbres, au grand dam de Christian, toujours en proie à ses peurs "diptériennes". D'ailleurs le moindre petit bourbier croisé sur le parcours le fait à chaque fois redouter les attaques en piqué (c'est le cas de le dire !) de hordes de moustiques avides de son sang ;-)
Nous ne sommes pas encore si éloignés que ça de la civilisation (de temps en temps des trouées dans la forêt, proches de la corniche, nous permettent d'entrevoir quelques routes et habitations) mais déjà le silence est omniprésent et c'est franchement agréable. Les sandwichs avalés, nous nous offrons le dénivelé gravi plus tôt dans le sens négatif avec quelques passages techniques plus ou moins bien négociés.
On repique ensuite dans la forêt pour les derniers kilomètres de la journée et nous finissons cette première rando sur une sorte d'autoroute pour vélos proche du village de Piémont où le trafic, comparé aux sentiers empruntés dans les bois, est dense. Le compteur indique une grosse vingtaine de kilomètres pour un dénivelé positif de presque 900m et un temps de roulage de 2h15, honnête quoi !

Tout en démontant les vélos pour charger le Van, chacun y va de ses commentaires sur la sortie; la tendance générale est à l'euphorie et nous avons tous hâte de rouler à nouveau. Ca tombe bien, c'est prévu pour demain et d'après Kiwi, ce sera encore mieux !
Sur la route du retour, pendant la traversée d'une bourgade, le même Kiwi nous montre une petite fabrique de glaces qu'il sait délicieuses pour y avoir déjà goûté et un petit "snack" qui vend des "queues de castor". Ni une ni deux, nous faisons demi-tour pour aller voir de quoi il retourne, surtout intrigués par le castor... Connaissant les glaces, on opte alors pour la découverte du membre postérieur du rongeur !
La queue de castor est une pâte allongée à la forme décrite par son nom, cuite dans l'huile et tartinée de choses diverses et variées mais surtout sucrées comme du chocolat, de la banane, des pommes,... et l'incontournable sirop d'érable. Ce genre d'encas nourrissant est parfait pour compenser la dépense physique de la journée ! Pour ne pas être en reste, nous repartirons avec un litre de glace fraîche pour le repas du soir.

Arrivés au chalet, nous retrouvons Linda, Kiwette et les enfants qui ont aussi passé une bonne journée à visiter les alentours. Kiwi nous propose alors de terminer l'après-midi par un plongeon dans le lac Louisa tout proche. Nous le regardons l'air étonné et surtout de ne pas y croire : " nager dans un lac au Québec ? Bien sûr Kiwi. Et l'eau est à combien ? 12°C ?!". Celui-ci nous affirme qu'en cette période de l'année il fait bon nager dans les lacs et c'est pas très convaincus que nous partons tous vers le lac, juste prêts à y mouiller un orteil.
Notre couple québécois sera le premier dans le bain (pour montrer l'exemple !), suivi de près des enfants et finalement, nous finirons tous à l'eau, surpris de la trouver aussi agréable (environ 23°C à la Pouet-montre, mieux que certaines plages françaises). Kiwi a vraiment tout prévu pour l'après rando, même un peu de balnéothérapie ;-) Ca fait un bien fou aux jambes de barboter de la sorte. Cerise sur le gâteau, nous mangerons sur la terrasse du chalet un petit barbecue accompagné d'une dégustation de bières et vins québécois et de quelques moustiques venus se mêler à la fête sans pour autant la gâcher (ça pique bien quand même ces bestioles !).
Quelle journée !! On en veut encore des comme ça.


Dimanche 29 juillet - Hautes Laurentides - Parc du Mont Tremblant/50 kms/#1000m D+/3h15 roulage

Il est assez facile parfois de s'habituer à certaines choses, surtout lorsqu'elles sont agréables, le petit déjeuner est l'une de ces choses.
Au menu de ce matin, que du light : œuf, jambon, céréales, fromages et bin's au lard (les québécois ont l'art de franciser les mots anglais !) arrosés de l'inévitable sirop d'érable. Heureusement que le trajet pour nous rendre sur le lieu de la rando du jour nous permet de bien commencer la digestion sinon ce serait le point de côté systématique et le pied à terre à la première difficulté !

Aujourd'hui, nous nous rendons dans un des parcs nationaux qui parsèment le Québec, celui du Mont Tremblant et plus précisément dans le secteur de La Diable (nom d'une cascade qui se trouve dans cette partie du parc).
Ce qui est impressionnant lorsque l'on passe la guérite qui marque l'entrée dans le parc, c'est le nombre de kilomètres qu'il faut parcourir pour arriver aux premières aires aménagées. La superficie ainsi protégée est tout bonnement immense pour nous européens alors que simplement à l'échelle du pays. Comme la veille, déchargement des vélos et zou !, nous partons direction le lac à l'Ours. La majeur partie du parcours prévu par Kiwi est boisée, ce qui va nous permettre d'apprécier la fraîcheur des sous-bois car il va encore faire chaud aujourd'hui. Manque de bol pour ceux qui n'apprécient pas trop (pas de noms !) mais ça commence encore par une montée mais un peu plus cool dans ses pourcentages que celle(s) d'hier.

A la première halte au lac Malard, nous révisons nos impressions de la rando de la veille.
Hier c'était le silence, aujourd'hui c'est la solitude et la nature totale avec toujours ces paysages de carte postale; ce ne sont que sapins à perte de vue entrecoupés de lacs et rivières. Après en avoir terminé avec la pente, nous arrivons au fameux lac à l'Ours, un des endroits où Kiwi aime venir potasser ses cours avant de finir par un plongeon dans ses eaux, plutôt original comme espace de travail ! Une fois que nous avons tous goûté la quiétudes des lieux (on serait d'ailleurs bien resté là toute la journée à se prélasser au soleil), nous entamons une descente qui va nous amener à la chute des Croches.
Le chemin est assez large puisqu'il s'agit d'un sentier utilisé pour le ski de fond l'hiver et le pourcentage assez doux mais la vigilance est de mise car régulièrement des tranchés entourées de planches coupent perpendiculairement la piste (assurant ainsi l'évacuation des eaux en cas de pluie). Il faut alors avoir l'œil rivé sur le sol pour débusquer le prochain obstacle et tenter le bunny up salvateur pour les jantes (pas toujours très stylé ni réussi d'ailleurs).

Fin de descente, début de la pause déjeuner. Nous posons les vélos et squattons quelques rochers chauffés par le soleil en bordure de torrent pour attaquer nos sandwichs puis jouer les lézards voire entamer une petite sieste, bercés par le bruit des eaux de la chute. Là encore, l'envie de ne plus bouger nous reprend et il faut presque se faire violence pour repartir (j'ai dit presque ;-). Vrai qu'on est en vacances, faudrait pas l'oublier !
Outch, c'est dur de redémarrer, les jambes et le fondement se refroidissent vite ! Pour cette deuxième partie de rando, nous prenons la direction du lac Ernie par un sentier réservé aux marcheurs (et aux vététistes aujourd'hui ;-). Celui-ci va s'avérer un pur moment de bonheur. Le sentier est tellement ludique qu'on dirait qu'il a été façonné de la sorte par quelqu'un. Et bien non, ce n'est que du naturel ! Il est constitué d'un enchaînement ininterrompu de courtes bosses et descentes, façon terrain de BMX, le tout parsemé de pierres, rochers et virages histoire de travailler aussi les trajectoires. Le seul petit inconvénient est qu'il est légèrement en montée, ce qui n'est pas forcément du goût de tout le monde (ils se reconnaîtrons ;-).
Au bout de 7 kilomètres de ce traitement de faveur, nous arrivons au lac et profitons de la terrasse de son refuge. Arrive alors la deuxième baignade du séjour, Kiwi, Pidji et Pouet décident de piquer une tête dans le lac Ernie, histoire de comparer la température de ses eaux avec celle du lac Louisa de la veille. Résultat : identique avec environ 23°C (relevés par Christian) !

Après un séchage en règle des baigneurs (voire un essorage pour Pouet), nous abandonnons, non sans regret, le sentier de randonnée pour en emprunter un autre plus large et moins amusant qui va nous amener à la Chute du Diable.Il n'y a qu'aux alentours de ces endroits particuliers que nous croisons d'autres personnes sinon, malgré la période estivale et la fréquentation du parc qui l'accompagne, nous sommes seuls sur les sentiers (même si la superficie du parc y est aussi pour quelque chose). C'est sur la piste conduisant à la chute que Pouet et moi allons croiser le seul animal du séjour, sous la forme d'un chevreuil (ou quelque chose comme ça, on n'est pas très physionomiste ;-), qui ne nous laissera pas le temps de l'admirer, ni encore de l'immortaliser sur pellicule.
Nous terminons la sortie par un bout de bitume bien roulant qui nous permet quelques étirements et nous ramène au stationnement. Heureux et un peu fourbus de la journée écoulée, tout le monde s'accorde pour dire que le parc du Mont Tremblant mériterait bien quelques journées d'exploration supplémentaires. Sur la route du retour vers Saint Michel, le calme règne, juste rythmé par la radio et la programmation de CoolFM.

Le soir venu, attablés au grand air devant un repas et une petite mousse québécoise réparateurs et avant qu'une attaque de maringouins ne nous obligent à un repli stratégique vers l'intérieur du chalet, nous faisons le bilan de cette seconde rando. Celui-ci est très positif, les sites où nous roulons sont toujours aussi beaux et les parcours variés avec un soleil omniprésent, impossible de se plaindre ! Demain, nouveau jour et nouveau parc, d'ici là faites de beaux rêves...

[Début] [Montréal] [Mauricie/Québec] [Tadoussac]

Mars 2002