Mauricie/Québec


Lundi 30 juillet - Région de Trois-Rivières - Parc de la Mauricie/30 kms/1h38 roulage

C'est aujourd'hui la fin de notre mini-séjour dans les Laurentides, nous montons vers le Nord et ce soir nous dormirons à Québec. En plus, nous perdons Kiwette qui doit retourner bosser à Montréal. Une page du Québecnet se tourne déjà. Côté météo, quelques nuages cachent le soleil ce matin, accompagnés de quelques gouttes de pluie mais d'après Kiwi, il devrait faire beau temps cet après-midi.

La matinée est donc chargée : nettoyage du gîte et chargement du Van avant de saluer nos hôtes et de gagner Montréal. Là, nous déposons Kiwette à un bouche de métro et prenons la direction de Trois-Rivières, puis du parc de la Mauricie où nous attend Julien qui doit rouler avec nous et nous servir de guide. Manque de bol et surtout de temps, nous arrivons au parc avec plus d'une heure de retard sur le rendez-vous prévu pour 11H. Kiwi repère le véhicule de Julien mais personne aux alentours, dommage. A l'évidence, Julien n'a pu patienter jusqu'à notre arrivée et est donc (à raison) partir rouler. Peut être le retrouverons nous sur les sentiers du parc (avec beaucoup de chance alors !)...

Nous déjeunons sur l'herbe (aïe, la digestion va encore être dure !). Ensuite, alors que Linda et les enfants partent visiter les alentours, nous enfourchons nos vélos pour une randonnée plus calme que les jours précédents. Une trentaine de kilomètres est prévue sur une piste large et assez roulante, un profil un peu plus balade quoi ! Le but est de remonter les nombreux lacs (une partie seulement) qui existent dans le parc et de profiter des lieux. Hum, lacs au pluriel, ça ne sentirai pas la baignade à plein nez ? Il n'y a qu'à regarder la mine réjouie du Pouet pour être inquiet, il a déjà une idée derrière la tête c'est sûr ;-))

Il ne faudra pas attendre longtemps. Après quelques kilomètres et presque autant de lacs nous narguant de leurs eaux bleues-vertes, nous finissons tous au jus (sur une invitation de Pouet bien sûr même s'il n'a pas eu besoin de beaucoup nous pousser) !
Le lac de trop et son ponton accueillant auront raison de la notre (de raison). Déjà qu'on était en retard sur le planning serré du jour voilà qu'on en rajoute encore mais qu'est ce que c'est bon !! Inutile de préciser à nouveau la qualité de l'eau, c'est la même que les jours précédents. Pendant une bonne demi-heure, on alterne plongeons et séchages au soleil puis, toujours contraints (c'est fou les frustrations quotidiennes que nous subissons depuis le début du séjour :-), nous reprenons le chemin sur quelques kilomètres avant de faire demi-tour et d'entamer le trajet retour (fait nouveau, comme nous roulons en bord de lacs sur un sentier large, nous croisons quelques personnes et même des vélos !).
Commence alors la dérive aquatique de Pouet. A l'approche de chaque lac, celui-ci nous incite à renouveler la pause liquide de tout à l'heure. Ce n'est pas l'envie qui manque mais malheureusement nous avons encore un long trajet jusqu'à Québec. Déçu, Christian va alors mettre le turbo pour prendre un maximum d'avance sur nous afin de pouvoir assouvir sa soif de baignade avant que nous le rejoignons. Et c'est ainsi que l'on va le retrouver à plusieurs reprises dans l'eau jusqu'au cou, vélo et chaussures abandonnés sur les berges. Incorrigible !

De retour aux voitures, nous retrouvons la famille Pouet et nous empressons d'embarquer, direction la ville de Québec. Quelques 130 kms plus tard, nous sommes dans le Vieux Québec, devant l'auberge de jeunesse où nous allons résider pendant deux nuits. Nous y retrouvons Alex, un ami de Kiwi qui va terminer le séjour avec le groupe.
Une fois installés dans notre chambre (qui malgré son confort ne vaut pas le chalet de St Michel), nous descendons à pied pour le dîner vers le centre du Vieux Québec. Kiwi et Alex nous ont parlé d'un plat paraît il incontournable du Québec : la Poutine. Nous cherchons donc le Asthon dans les rues plutôt fréquentées de la ville afin d'y goûter. La recette de la poutine est assez simple : des frites sur lesquelles sont déposées des morceaux de chédar, le tout recouvert d'une sauce barbecue. Tout comme la smoked meat, ça se laisse facilement manger !
Pour faire passer le repas, nous arpentons les quartiers de la vieille ville dans la chaleur moite du soir et finissons la balade par une petite mousse en terrasse avant de regagner l'auberge. Les kilomètres de voiture associés à la sortie vtt du jour et à la marche nocturne nous ayant bien entamés, nous ne tirons pas sur l'horaire afin d'être frais pour le lendemain. Car demain, nous allons rouler sur les pistes d'un lieu réputé voire mythique de la planète vtt : le Mont Saint Anne. Alors vivement demain...


Mardi 31 juillet - Parc du Mont Saint Anne / 35 kms / #1100 m D+ / 3h de roulage

Le Mont Saint Anne, de par ce qu'il représente pour tout vététiste, n'est pas une sortie comme les autres. C'est encore plus vrai pour nous aujourd'hui car il est déjà notre dernière randonnée du Québecnet :-(. Nous allons donc apprécier le mieux possible cette ultime sortie.

Faute de temps la veille, nous n'avons pu assurer le ravitaillement. Nous commençons donc la journée dans un supermarché entre Québec et le Mont Saint Anne, histoire de ne pas rouler le ventre vide. Une fois au pied du site, le soleil étant comme d'ordinaire toujours présent, nous nous installons sur un coin de pelouse et sortons de quoi "petit déjeuner". A la vue de ce qui nous attend, mieux vaudrait manger (très) léger parce que ça monte directement et sèchement. Au menu, pain, fromage et creton de porc (une sorte de pâté local), quand je disais léger ;-)
Le site du Mont Saint Anne est déjà en pleine transformation afin de préparer au mieux la manche de coupe du monde de vtt qui aura lieu dans trois semaines, les pistes de dual slalom sont même déjà opérationnelles. Dommage que nous ne puissions être là pour y assister. Pour le moment, le sommet du mont nous attend...

Rassasiés, nous attaquons alors son ascension par la face sud, par une piste qui s'appelle d'ailleurs l'Enduro sud. Quelques kilomètres après le départ, Kiwi subit la seule crevaison du séjour ce qui permet au groupe de passer au mieux la première phase de digestion ! Après une partie de l'ascension, un petit torrent salvateur nous permet de nous rafraîchir (il fait déjà très chaud) et va aussi donner l'occasion à nos deux québécois de nous montrer qu'ils n'ont pas froid aux yeux, ni au reste !
Kiwi et surtout Alex vont faire "trempette" dans une eau qui ne devait pas dépasser les 10°C (bizarrement et contrairement à d'habitude, Pouet n'était pas volontaire pour la baignade ;-)). Sont fous ces québécois !! Nous (la majorité raisonnable du groupe ;-) et nos deux baigneurs, revigorés par ce court bain, reprenons ensuite notre progression. Afin de ne pas arrivés trop rapidement au sommet, Kiwi nous trouve des chemins parallèles qui cassent la monotonie de la montée et lui donnent un peu de piment (petites descentes, compressions, single-tracks, le tout en sous-bois). Le fait de redescendre de temps en temps nous oblige bien sûr à monter plus mais les chemins empruntés valent bien le surplus de dénivelé qu'ils occasionnent.
Les kilomètres défilent, l'Enduro sud laisse sa place à son homologue du nord et c'est par cette piste que nous allons finir de gravir le Mont Saint Anne qui ne culmine "qu'à" 815m au dessus du fleuve. La première partie de la piste suit les lignes haute tension, est parsemée de pierres et se trouve de plus en plein soleil. Il est déjà passé midi et le même soleil est à son zénith, ce qui nous vaut une (très) grosse suée tout au long de la montée qui va se terminer pas un morceau de bravoure sous la forme d'environ 2 kilomètres d'un pourcentage tout à fait honorable (22x32 voire 34 conseillé).

Les paysages que l'on peut contempler du haut du mont nous font oublier les derniers hectomètres un peu difficiles, ils n'en sont d'ailleurs que plus appréciés. Devant le Saint Laurent, toujours (de plus en plus) majestueux, et l'île d'Orléans, à droite au loin le cap Diamant et Québec, à gauche le fleuve encore et la route qui montent vers le nord et derrière des forêts à perte de vue. Nous sommes juste contemplatifs.
En contre-bas de l'arrivée des remontés mécaniques (qui déversent régulièrement leurs lots de descendeurs du cru équipés des pieds à la tête pour les descentes à venir), une terrasse donne une vue plus dégagée sur le fleuve et une aire d'envol aux adeptes du parapente pour un vol au dessus des bois. C'est l'heure de la pause déjeuner habituelle (il y a bien longtemps que le creton de porc n'est plus qu'un souvenir :). Alex, gourmand, se laisse tenté par une nouvelle poutine (est ce bien raisonnable ?!) tandis que pour le reste du groupe c'est plutôt la réhydratation qui prime.
Comme les jours précédents et même si nous nous sentons (très) bien là, il nous faut penser à "lever le camp". On réajuste pilote et machine pour ce qui va suivre : la descente ou plutôt les descentes parce qu'il y a l'embarras du choix :-))

Nous commençons par emprunter une dénommée (et peut être bien nommée) la Grisante. Elle est assez technique dans sa première partie, surtout pour nos petits semi-rigides, à cause ou grâce à de nombreuses pierres et rochers et il faut veiller à ne pas abandonner son dérailleur arrière sur l'un d'eux. Au fur et à mesure, le pourcentage diminue, la piste se fait plus facile -on va pouvoir souffler un peu (c'est que c'est fatiguant de descendre !) - et les pierres ont laissé la place aux racines.
Nous changeons alors de piste pour nous retrouver sur l'Echappée Belle (tout un programme aussi). L'enchaînement successif des virages et singles nous ramène petit à petit vers le fleuve et le dernier schuss se fait sur l'herbe. Nous terminons ainsi la descente par une des pistes de dual et ses bosses que courageusement nous esquivons ! Le compteur indique 8 kms depuis notre départ du sommet. C'est fou ce que ça défile vite lorsque le terrain devient ludique. Dire que l'on pouvait allonger encore la descente pour atteindre une quinzaine de kilomètres !
Sûr que les vététistes locaux ont de quoi s'amuser, le Mont St Anne est traversé d'une multitude de sentiers et si cela ne suffit pas, il est aussi possible de rayonner aux alentours. C'est vraiment un spot de toute beauté !!

Un fois sur le stationnement, nous rangeons définitivement nos vélos dans le Van, le vtt du Québecnet a vécu :-((
Avant de rentrer, nous goûtons à nouveau sur l'herbe tout en discutant de la journée passée, du potentiel du site et des jours écoulés depuis le début du séjour. Chacun sent bien que la fin du Québecnet est proche, que les sorties précédentes commencent doucement à devenir des souvenirs.

De retour à l'AJ et après une bonne douche, tout le monde descend au sous-sol dans l'énorme cuisine où plats, odeurs et nationalités se mélangent. C'est amusant de constater les différences culinaires de chacun.
Pendant qu'Alex et Kiwi s'affairent aux fourneaux, les autres préparent la table. Après le repas nous organisons, devant les mines dubitatives des personnes présentes, l'événement traditionnel de chaque randonnet : le gobage de Flanby. Comme il est difficile de trouver ce flan original au Québec, nous nous sommes rabattus sur une marque étasunienne ; nos flanbys seront pour l'occasion des Kozyshack.
Pour plusieurs des randonnetteurs présents c'est le baptême du feu (ou plutôt du flan ;-). Kiwi s'élance le premier pour un sans faute suivi de Yan qui l'imite, pour Pouet, vieux randonnetteur habitué, c'est la routine. Il faut dire que les flans sont de bonne et ferme composition, ce qui facilite grandement la tâche. A noter tout de même qu'Alex et Pidji se sont lâchement défilés et que notre petite manifestation n'est pas passée inaperçue (y aura t il bientôt des gobages de flanbys au pays du soleil levant ?) !

La vaisselle faite (la cuisine de l'AJ doit être impeccable après les repas), nous prenons la direction du château Frontenac pour goûter une dernière fois l'ambiance de Québec. Nous empruntons la promenade des remparts qui surplombe le fleuve et nous conduit jusqu'à la citadelle de la ville. Sur le chemin, Kiwi et Alex nous comptent un peu l'histoire du Québec tandis que nous croisons quelques bikers occupés à tester à tombeau ouvert leurs suspensions dans les escaliers des remparts. La fin de notre boucle se termine dans la chambre de l'AJ où personne n'a de difficultés à s'endormir, la journée ayant encore été bien remplie.

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Mars 2002