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  Course à pied et VTT : l’intérêt.


(31/08/1999)

Course à pied et VTT

Par HREF="mailto:bonnotte@clamart.srpc.slb.com">Eric

I. Introduction

Cet article traite de l’intérêt de
pratiquer la course a pied dans le cadre d’une amélioration des performances en VTT.
Il fait suite à un thread entre listards au cours duquel j’avais tenté de donner un
avis éclairé que je vais préciser ci-dessous. En ce sens, ce qui suis n’engage que
ma propre responsabilité et, je l’espère, suscitera de votre part de nombreuses
réactions auxquelles je me ferai un plaisir de répondre.

Avant de pénétrer dans le vif du sujet,
j’aimerais insister sur le fait que dans le domaine qui nous intéresse, je n’ai
de connaissances ni scientifiques ni livresques, mais plutôt empiriques. Pratiquant
assidûment la course à pied depuis une douzaine d’années (Marathons,
Ultra-Marathons, Cent bornes) et le VTT depuis maintenant 7 ans, j’ai acquis une
bonne expérience de, ce que je crois, il convient de faire et ne pas faire. Cela signifie
d’une part que je ne vous ’gaverai ’ pas de théorie théoricienne sur les
filières énergétiques où la physiologie intramusculaire et, d’autre part, que si
vous êtes un spécialiste des matières sus-citées, ce texte ne s’adresse pas à
vous !

D’ailleurs, à qui s’adresse
t’il ’

A toutes celles et ceux qui pratiquent le
VTT avant tout pour leur plaisir mais qui cherchent tout de même à atteindre un niveau
de performances honorable, c’est à dire ne pas être obligé de pousser le vélo
dès la première bosse. En clair, si pour vous VTT signifie ’aller chercher sa
baguette et ses croissants le Dimanche matin avec son bô TS’ou ’participer au
prochain championnat du monde de X-country’, passer votre chemin, vous
n’apprendrez rien !

Pour tous les autres, rappelons le
sujet : courir peut-il permettre d’améliorer ses performances à VTT ou
d’ailleurs, à l’inverse, pratiquer le VTT peut-il entraîner de meilleurs
résultats en course à pied ’

Mon avis sur la question est clair et
net : oui, course à pied et VTT sont bénéfiques l’un pour l’autre et
sont, je pense, complémentaires. Dans les lignes qui suivent, j’expliquerai tout
d’abord pourquoi puis montrerai comment adapter son entraînement dans les deux
disciplines pour faire péter ses chronos.

II. Le poids du sport

Avant toute chose, commençons par mettre
au rencard une vieille idée malheureusement très répandue chez les ’patates de
canapé’comme disent nos voisins d’outre Atlantique et qui consiste à dire, je
cite : " Le sport ne fait pas maigrir ". Cette belle sentence a
due être inventée je suppose par les producteurs de ’Dallas’ ou
’d’Hélène et les glaçons’ afin de donner bonne conscience aux hordes
d’écervelés agglutinés devant leur TV à suivre les amours alcooliques
d’Hélène ou les premières règles douloureuses de JR’ ou le contraire, je
sais plus très bien !

Et quand on vous dit : " le
sport ne fait pas maigrir ", on vous balance un magnifique résultat du
genre : " pour perdre un kilo de graisse, il faudrait pédaler pendant 36
heures’ ! ! ! ". Balaise ! même Virenque chargé à
l’EPO ne doit pas pouvoir tenir aussi longtemps. C’est quand même une sacré
preuve !

Bon, ce que l’on oublie généralement
de dire, c’est que même en pédalant 36 heures, on ne perdrait pas un kilo de
graisse. Ce calcul est totalement faux et est basé sur une simple analogie ’pouvoir
énergétique de la graisse / dépenses caloriques dues au pédalage’ sans tenir
compte de la physiologie de l’effort. On peut faire une comparaison très simple avec
les constructeurs automobiles qui vous annoncent que leur dernier modèle consomme 3
litres aux 100 km à 90 km/h, sans vous préciser que la mesure est effectuée à vitesse
strictement stabilisée sur une piste parfaitement plate présentant des conditions de
frottement minimum avec un véhicule allégé à l’extrême. En clair, on vous ment
à l’insu de votre plein gré ! ! ! !

S’il est certain que tous les sports
ne font pas maigrir ’voir par exemple les combats de Sumotori, l’haltérophilie
ou le lancé de nains-, la pratique régulière d’une activité dite, à tort,
d’endurance, permet de perdre rapidement quelques kilos superflus. Il suffit de
regarder d’un peu près un coureur à pied, un cycliste ou un nageur ’et à
fortiori un tri-athlète- pour mettre le nez dans cette évidence : rare sont les
coureurs obèses et performants !

III. Sheila et le Yogi

Pourquoi le terme endurance me semble
t’il erroné ’

Parce que justement, ce n’est pas le
fait de pratiquer une activité d’endurance qui permettra de perdre du poids et ce
n’est pas non plus le fait de pratiquer une activité d’endurance qui permettra
d’améliorer ses performances sportives. Je m’explique.

Faites les tests suivants : enfermez
tout d’abord un yogi ascétique et expérimenté dans une boite étanche de 150 cm3
et plongez le dans un océan glacial à 1000 mètres de profondeur. Le brave homme va se
mettre en état d’hibernation, c’est à dire ralentir ses rythmes cardiaques et
respiratoires, et sera capable de survivre à cet exercice plusieurs jours d’affilés
uniquement grâce à ses maigres ressources corporelles. Merveilleux ! Le
fonctionnement de son corps est basé sur un principe d’endurance : il ne
fournit que de très faibles efforts, juste nécessaires à sa survie. Ses propres
réserves suffisent largement à l’alimenter.

Passons maintenant au second test. Reprenez
votre yogi, dans les mêmes conditions, mais diffusez en boucle fermée le dernier disque
de Sheila. A aucun moment votre homme ne sera capable d’atteindre l’état second
nécessaire à la réussite de l’exercice. La perturbation extérieure générée par
l’infâme phénomène acoustique issu des haut-parleurs conduira chez le cobaye à
une inévitable augmentation du rythme cardiaque, à une grosse consommation
d’oxygène et à une dépense d’énergie bien supérieure à ce que seules ses
réserves corporelles seront en mesure de lui fournir. Il passera d’un régime
d’endurance à un mode de résistance, beaucoup plus exigeant en terme
d’énergie. Vous pouvez arrêter la musique, le yogi ne tiendra pas longtemps, sauf
s’il est spécialement entraîné ! (à écouter Sheila, cela va de soi).

Ce que je veux montrer à travers cet
exemple idiot c’est que simplement pratiquer un sport sans chercher à ’pousser
ses limites’ ne vous mènera pas à grand chose. Pousser son caddi® au supermarché,
faire de la marche ’touristique’ en montagne avec sandwiches saucisson-beurre
toutes les demi-heures, faire sa promenade à vélo le dimanche matin à 12 km/h voire
même faire un footing 30 minutes par semaine sans forcer constituent des activités
d’endurance qui, je l’accorde, ne feront ni maigrir, ni progresser. L’un et
l’autre étant, je pense, fortement liés, tout au moins dans une première phase de
reprise des activités sportives.

Mais attention, ne me faites pas dire ce
que je n’ai pas dit : l’endurance est bel et bien une composante
fondamentale de l’entraînement et ne doit en aucun cas être négligée.

IV. Différences et Similitudes

Qu’est-ce qui rapproche course à pied
et VTT ’ En quoi ces deux activités peuvent-elles être complémentaires ’

IV.1 Similitudes

Il convient peut-être dans un premier
temps de discerner les diverses pratiques liées au cyclisme et à la course à pied. Le
tableau ci-dessous dégage les principaux thèmes de ces sports et souligne les aptitudes
communes.

Cyclisme

Course
à pied

Aptitudes

Poursuite,
piste

Sprint
(100 m,’)

Puissance
musculaire

Vitesse de pointe

Capacité anaérobie

Piste,
Sprint long

Demi-fond
(400 m, 1500,’)

Puissance
musculaire

Vitesse de pointe

Travail en résistance

Capacité anaérobie + aérobie

 

 

-
Fond (5000 m,’) sur piste

Travail
en résistance

Vitesse

Capacité aérobie

-
Sortie VTT courte et intense

-
Cross Country (5 à 10 km)

Puissance
musculaire

Résistance musculaire

Vitesse de pointe

Résistance ET endurance

Capacité aérobie

Epreuve
routière 50 km et plus

Sortie VTT > 30 km

Course
sur route 10 à 21.1 km

Résistance
et Endurance

Vitesse

Capacité aérobie

Résistance musculaire

Epreuve
routière 100 km et plus

Sortie VTT longue > 65 km

Marathon

Résistance,
Endurance

Capacité aérobie

Résistance musculaire

Longue
distance sur route

100
km

Endurance

Résistance musculaire

Course
par étapes

Raid,
Epreuve par étapes

Endurance

Résistance musculaire

 

On observe donc sur le tableau ci-dessus
(sans doute non-exhaustif) que principalement deux disciplines pédestres et VTTistes
demandent les même capacités : Le cross-country et les courses sur route
jusqu’au semi-marathon, que l’on peut estimer être équivalente à des sorties
VTT courtes mais très intenses et des sorties plus longues jusqu’à 50 km, mais
variées en intensité. Il est donc raisonnable de penser, en toute logique, qu’un
entraînement efficace pour l’une des activité le sera pour l’autre.

Cependant, il convient de préciser un ou
deux points qui, généralement, sont les arguments forts des personnes estimant que les
deux activités (cyclisme et course à pied) sont contradictoires, voire néfastes
l’une pour l’autre.

IV.2 Différences

Les différences sont de deux types :

    • Musculaires
    • Cardiaques
  1. Musculaires

Les groupes musculaires sollicités en
course à pied et en vélo de manière générale ne sont pas exactement les mêmes.
Beaucoup pensent que cette différence génère une perte d’efficacité pour la
pratique de l’un ou l’autre des sports. Par exemple, un coureur à pied qui
inclurait dans son entraînement quelques séances de vélo développerait des muscles
inutiles pour la course, d’où moins d’efficacité donc de moindre performances.

Qu’en est-il au juste ’

Pratiquer de manière intense ou unique un
sport aura bien évidemment pour conséquence de développer en particulier les muscles
liés directement à cette activité et de sous-exploiter d’autres parties du corps.
Le résultat auquel on peut s’attendre à plus ou moins longue échéance est un
sérieux déséquilibre musculaire, source :

    • de problèmes articulaires  : par utilisation excessive mais surtout de manières récurrentes (identique, d’une séance sur l’autre) des articulations.
    • de problèmes tendineux  : par un effet de ’tiraillement’ déséquilibré des muscles les un par rapports aux autres, mais aussi du fait d’une utilisation intensive des mêmes groupes de muscles.
    • de nécessité de période de repos plus longue, durant lesquelles le muscle cardiaque ne sera pas sollicité.

Je vois par contre de nombreux avantages à
pratiquer les deux activités de manière concomitante :

    • Réduction du déséquilibre musculaire par stimulation des divers groupes musculaires des jambes propres à l’une et l’autre des activités, mais aussi renforcement d’autres muscles totalement inutilisés dans un sport. Citons par exemple, le cas de la course à pied qui délaisse totalement la partie haute du corps (épaule, bras, dorsaux). Le VTT, par contre, nécessite un minimum de force musculaire dans les membres supérieurs et les abdominaux. Or, on a noté ces dernières années que les coureurs à pied pratiquant une activité de renforcement du haut du corps amélioraient leurs performances. Raison toute simple : rééquilibrage entre les parties inférieures et supérieures du corps, d’où une vélocité plus grande ainsi qu’une résistance physique accrue. Bien évidemment, lorsque l’on parle de renforcement des muscles, il ne s’agit pas de devenir un Schwartzeneger en herbe !
    • L’effet au niveau des jambes est le même que celui décrit ci-dessus : un groupe musculaire sollicité d’une seule et unique manière ne sera capable de répondre que d’une seule et unique manière. Si vous l’entraînez suivant différentes configurations, il sera apte à répondre à divers exercices, correspondant à ces sollicitations.
    • Finalement, on peut citer toutes les oppositions au paragraphe précédent : un meilleur équilibre musculaire signifie moins de problème tendineux où articulaires où encore permet de minimiser les temps de récupération. Par exemple, après une sortie VTT " destroy ", on pourra faire quelques footing en endurance pure, dits ’footing de récupération’ (ca tombe bien J ), ne sollicitant que très faiblement les muscles douloureux -et permettant d’ailleurs d’éliminer les courbatures- tout en maintenant les acquis cardiaques à un bon niveau.
  1. Cardiaque

On entend souvent dire : ’les
zones cardiaques stimulées par la course à pied et le vélo ne sont pas les mêmes,
c’est pourquoi ces deux activités sont antagonistes’.La première affirmation
est sans aucun doute vraie dans la mesure où le cyclisme est un sport dit
’porté’ alors que la course à pied est une activité dans laquelle le
pratiquant porte son propre poids donc plus exigeant au niveau cardiaque. Ceci dit, il
existe toujours les trois fameuses zones d’endurance, de résistance et
d’efforts maximum. Chacune de ces zones correspond respectivement à 50-70 % de la
fréquence cardiaque maximum (FCM), 70-85 % de la FCM et 85-100 % de la FCM. Aussi, un
entraînement convenablement mené à l’aide d’un pulse-mètre, permettant de
parfaitement cibler ces zones en fonction de ses capacités propres et du sport pratiqué,
ne pourra être que bénéfique pour les deux activités.

On sollicitera en effet chaque groupe de
muscles dans une zone cardiaque plus étendue conduisant ainsi, par exemple, à une
meilleure vascularisation ou oxygénation des fibres musculaires

J’aimerais
enfin rajouter à ces
remarques le point suivant : si vous êtes un forçat de l ?entraînement, un
jour où l ?autre, vous atteindrez un bon niveau de ?. lassitude. En effet, quoi
de plus pénible que d ?enquillez les kilomètres à l ?infini, même dans son
sport favori. Le moral et la motivation finissent par progressivement s ?étioler et
finalement, on a tendance à laisser son VTT au fond du garage ou ses baskets au fond du
placard. Apprécier, ou tout au moins pratiquer, les deux activités permettent au
contraire de partager les plaisirs, augmenter ses sensations, entretenir sa motivation.

V. Entraînements

On trouvera sur ce site un excellent
article de
href="http://www.vtt.org/planetvtt/prepaphysiq/prepaphysiq.htm">Looping
traitant des différents types d ?entraînements et des sollicitations physiologiques
associées.

Je le remercie ici d ?avoir fait ce
gros travail de présentations et d ?explications. On pourra donc se référer à son
article afin de mieux comprendre les notions de VO2Max, VMA, FCM où autres
termes techniques que je ne manquerai pas d ?utiliser.

Ce début d ?année tombe bien. Nous
sortons tous d ?une rude période alcoolo-alimento-glandouillaire durant laquelle nous
avons ardemment travaillé la nausée matinale, la crise de foie et les poignées
d ?Amour . Il est grand temps de reprendre une activité physique régénératrice à
vapeur, histoire de se remettre en forme pour le printemps qui approche à grand pas avec
son cortège de minijupes dans son sillage.

Je prendrai donc l ?exemple typique de
Monsieur tout le Monde (MtM) après les fêtes de fin d ?année désirant rapidement
retrouver la caisse. L ?organisation des séances est indicative, le plus important
étant de respecter les proportions de chacune des activités proposées par semaine.
Cependant, on évitera de réaliser dans la même journée deux séances difficiles.

Mais au fait, que se passe t ?il durant
une pause hivernale ? Quels sont les conséquences sur la forme d ?automne que
nous avions acquise à la sueur de notre front et à coup de gros plateaux ?

On (quand je dis ?on ?, ce
n ?est pas moi, mais de brillants chercheurs enfouis au plus profond de leur
laboratoire) a montré que :

    • 3 semaines d ?arrêt ne modifie rien sur le plan de la force musculaire.
    • 12 jours d ?arrêts font chuter la Vo2Max de 7 % (Aïe !)
    • 15 jours d ?arrêt entraîne une baisse de Vo2Max de 15% (Aïe Aïe Aïe ! ! !) et une diminution de la VMA d ?environ 4%.

On voit donc qu ?une coupure, même
brève, entamera plus rapidement le côté cardiaque que le côté musculaire. C ?est
d ?ailleurs ce que chacun peut vérifier lorsqu ?après une dizaine de jours
d ?arrêt, la moindre grimpette nous fait monter le c ?ur en zone rouge. On
comprend donc que le premier soucis de MtM soit de retrouver son tonus cardiaque. Or,
miracle, les adaptations cardiaques sont bel et bien croisées ce qui signifie, d ?un
point de vue technique, que le vélo où la course à pied ?voire même la natation-
sont tout aussi profitables les unes que les autres sur ce plan (cardiaque !).

Il faut maintenant remarquer la chose
suivante : comme je l ?ai écrit plus haut, la course à pied sollicite un peu
plus le système cardio-vasculaire que le vélo, ceci simplement dû au fait que le vélo
est un sport ?porté ?. Je dirais qu ?a ce stade de l ?article, la boucle
est bouclée : la course à pied, pratiquée avec modération est suivant un
programme bien précis, aidera MtM à retrouver son niveau initial dans les plus brefs
délais.

Comment faire ? Et bien suivez le
guide :

    • première semaine : Faut quand même pas se faire mal donc si vous n ?êtes pas habitué à la course à pied, allez y tranquillos : un tout petit footing d ?environ 30 minutes à 70 % de votre FCM, en terminant par ce que l ?on appelle ?des lignes droites ?, c ?est à dire entre 7 et 10 accélérations de 50 mètres tout à la fin de la séance. Bien sur, vous pouvez ressortir votre VTT pendant cette semaine ci mais avec modération également, c ?est à dire en moulinant. Précisons aussi un point important : lorsque l ?on parle d ?endurance, il faut réellement faire de l ?endurance. C ?est à dire ne pas dépasser 70% de sa FCM, même si, pour cela, on doit se mettre à marcher, par exemple dans une côte.
    • Deuxième semaine : Vous poursuivez votre activité habituelle de VTTiste, en ajoutant un footing identique à la semaine 1 (30 ? @ 70% FCM + Acc) ET un second entraînement de course à pied que l ?on appelle classiquement le 30/30. Cet exercice très simple est ce que l ?on a trouvé de mieux jusqu ?à aujourd ?hui pour faire monter les PMA et VMA de manière extrêmement rapide.

Technique  : vous vous échauffez
20 à 30 minutes par un footing en endurance à l ?aide de votre pulse-mètre.
Quelques étirements suivent cet échauffement et finalement, vous enchaînez des séries
de 30 secondes très rapides et de 30 secondes très lentes (marche par exemple). Cet
exercice est absolument magique pour rendre au c ?ur ce que les chocolats de Noël lui
ont volé ! Suivant votre niveau de coureur à pied, vous ferez :

    • 7 à 10 X 30-30 si vous êtes débutant/débrouillé
    • 12 à 15 X 30-30 pour un coureur moyen
    • 2 séries de 10 X 30-30 pour un bon coureur
    • troisième semaine : on continue avec ces deux types de footing par semaine. Par contre, on peut commencer à intégrer dans les sorties VTT une séance à intervalles. On placera, par exemple, sur une sortie de 1h30, 5 à 10 accélérations de 2 minutes entrecoupées de 2 minutes de repos (moulinage tranquille).

Ces trois premières semaines doivent
déjà vous avoir apporté un réel plus par rapport à un entraînement uniquement axé
VTT. Vous vous sentez mieux, plus véloce et Oh ! surprise, vous qui pensiez que la
course à pied était vraiment un truc pénible et fastidieux, commencez presque à y
prendre du plaisir. Sans doute aussi avez-vous perdu un peu de poids. Oui ?
non ? alors ca va venir. Et pourquoi ? Simplement parce comme notre yogi de tout
à l ?heure, vous ne travaillez plus uniquement en endurance mais faîtes appel à des
capacités de résistance : vous ne vous contentez pas de ?grignoter ? vos
réserves, mais tapez vraiment dans vos ressources. MtM peut donc maintenant envisager la
suite des événements comme suit :

    • Reprise des activités normales de VTT, c ?est à dire des sorties seuls ou entre potes que vous aviez l ?habitude de faire. A cela, intégrer 2 séances par semaine de course à pied durant lesquelles vous travaillerez :
    • l ?endurance, sur des temps variant de 30 minutes à 1 heure et toujours en finissant par quelques lignes droites ou accélérations,
    • la VMA, en réalisant une séance dite de fractionnés, relativement courts, c ?est à dire sur des distances de 200 à 400 mètres.
    • Plus tard, si vous en ressentez l ?envie, intervertissez cette seconde séance de course à pied par une sortie de type seuil. Dans ce type d ?exercice, on fractionne sur de longues distances variant entre 1000 et 5000 mètres, par exemple 3 X 2000 m, à une vitesse proche de celle que vous seriez capable de tenir en compétition. On peut également réaliser des exercices du type 30-30, mais en côte, ce qui sollicitera à la fois le c ?ur et la puissance musculaire si importante dans la pratique du VTT.

Puis finalement, un jour ou l ?autre,
on fini par avoir aussi envie de la développer, cette puissance musculaire. Dans ce
domaine, il n ?y a qu ?un seul et unique truc : la musculation en salle.
Adopter le Squat (barre chargée et posée sur les épaules, jambes légèrement
écartées, talons rehaussés, flexion-extension des jambes), c ?est le top dans le
genre. Exercice à ne pas pratiquer en cas de problèmes lombaires, mais bon, on est des
VTTistes, alors les lombaires, ca nous connaît ! !

Il existe de nombreuses formules qui
permettent d ?allier VTT et course à pied. Chacun doit pouvoir trouver son bonheur en
fonction de ses disponibilités et de ses affinités. Mais je crois qu ?il est
important avant tout de comprendre que d ?une part, pour progresser, il faut
réellement ?taper dans ses réserves ? et que d ?autre part, il faut savoir
se limiter, panacher ses activités pour ne pas aller au delà d ?un seuil de
récupération source de blessures inévitables. En un mot, l ?important est de se
faire plaisir !

Voici enfin une dernière remarque :

    • si vous êtes un coureur à pied, vous pouvez parfaitement intégrer quelques sorties de vélo de route dans votre entraînement. Ceci permet notamment d ?augmenter son travail en endurance sans risque de lésions supplémentaires : pas de chocs ni vibrations dans la colonne vertébrale lorsqu ?on pratique le vélo sur route. On peut aussi travailler sa puissance musculaire, cette fois-ci à l ?aide du VTT, en allant se ?tuer ? dans de bonnes côtes en laissant tout à droite ?.. Idéal pour les courses en montagne où le cross-country d ?hiver.

 ?et deux conseils qui, si vous les
suivez, vous permettront sans aucun doute de péter vos chronos :

1. Le premier conseil est insignifiant, pas
grand chose, mais d ?une efficacité redoutable : évitez à tout prix le
grignotage. J ?entends le grignotage lorsque vous roulez où lorsque vous vous
entraînez. Vous savez, ces petites barres de céréales, ce petit Mars, Bounty ou fruits
secs qui font un bien fou pendant la rando avec vos potes ? Eh bien laissez les pour
les autres. En effet, il est important d ?entraîner son corps à réellement taper
dans ses réserves propres. Et il en a des réserves ! Si vous êtes un habitué du
grignotage, ce sera sans doute un peu raide au début mais vous vous habituerez
progressivement. Au fur et à mesure des sorties, votre corps deviendra capable de
chercher sa nourriture de plus en plus profondément et tout cela grâce à un phénomène
que l ?on appelle la surcompensation. En clair, si vous créez un déséquilibre
énergétique important dans vos muscles à un instant donné, votre corps réagira les
jours suivants en stockant une plus grosse quantité d ?énergie (en
l ?occurrence, du glycogène) dans le foie ET dans les muscles activés.

Donc, au cours de sorties dominicales et/ou
amicales, buvez beaucoup d ?eau pure, mais ne consommez rien. Bien évidemment,
n ?allez pas jusqu ?à ?épuisement des stocks ?, c ?est à dire la
fringale et prenez avec vous une barre chocolatée, au cas où ? Mais sachez résister
à la tentation et ne consommez cette barre, dans la mesure du possible, qu ?à la fin
de votre rando. Gardez les boissons énergétiques et autres ?dopants ? sucrés
pour le jour J, c ?est à dire une vraie compet ou le jour ou vous aurez réellement
décidé de vous faire péter les tripes : effet Turbo garanti ! ! !

2. Le deuxième point concerne un
phénomène nommé hypoglycémie, ou plutôt comment éviter l ?hypo. C ?est très
simple. Une fois de plus, ne manger rien. C ?est paradoxal, mais vrai. Je
m ?explique :

Lors d ?une épreuve sportive, il faut
avoir terminer son repas trois heures avant le départ de la course. Entre ? 3 heures
et le départ, il convient de ne boire que de l ?eau non sucrée et de ne pas
consommer de sucre. En effet, la consommation d ?aliments sucrés entraîne
invariablement une augmentation du taux de sucre dans le sang. Parfait me direz vous,
c ?est bien ce que l ?on cherche. Mais, cette élévation du taux de sucre est
immédiatement suivie d ?une décharge d ?insuline qui, elle, va provoquer une
brutale chute du taux de sucre dans le sang, ceci afin d ?éviter de graves ennuis
cardiaques. Bilan : dans les trente à quartantes minutes suivant l ?ingestion de
sucre, vous vous retrouvez en état d ?hypoglycémie. Dur, surtout si vous vous étiez
justement en plein effort de course : c ?est la panne sèche, le trou total,
l ?abandon de toutes vos forces, truc que vous mettez sur le compte d ?une
méforme ou d ?un coup de barre dû au surentraînement que vous vous êtes imposé
spécialement pour cette épreuve.

Comment pratiquer donc ? Simple :
ne buvez que de l ?eau dans les trois heures précédents votre course ou dans
l ?heure précédent la rando avec vos potes. Dans le cas d ?une course, vous
allez vous échauffer et ce n ?est que à ce moment que vous pourrez consommer un
élément sucré. En effet, le démarrage d ?une activité sollicitant le système
cardio-vasculaire va bloquer le fonctionnement du pancréas, générateur de cette fameuse
décharge d ?insuline. Ceci justement dans le but d ?assurer un taux de sucre
élevé dans le sang pendant l ?effort. C ?est beau le corps humain non ?

Si vous êtes avec vos potes pour une
ballade cool voire même une rando un peu plus musclée, ne mangez rien, comme je
l ?ai expliqué ci-dessus.

Voilà les quelques éléments que je
voulais introduire ici. J ?espère ne pas vous avoir trop gavé et surtout,
j ?espère vous avoir été utile dans l ?optique de l ?amélioration de vos
performances.

Mais retrouvons notre yogi et regardons ce
qui s ?est passé en lui : il a suivi mes conseils, c ?est à dire qu ?il
a acheté toute la discographie de Sheila. Puis, fort de ses capacités d ?endurance,
il a commencé à travailler sa résistance en écoutant de manière fractionnée tout
d ?abord un morceau, puis deux, puis trois ? Il a ainsi augmenté ses capacités
physiques jusqu ?à être capable d ?écouter un album complet, puis deux, puis
trois ?.puis il a laissé tourner en continu le dernier album tout en pratiquant son
art. Par cet apprentissage de résistance, il a progressivement augmenter ses capacités
d ?endurance puisque maintenant, le voilà capable de rester par ?1000 m de fond
dans une boîte de 150 cm3 avec le dernier disque de Sheila tournant non-stop.

C ?est de cette manière que vous devez
penser votre entraînement, en combinant plusieurs activités à incidence
cardio-vasculaire, et non pas en écoutant Sheila.




Auteur - Eric Bonnotte




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