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  Le bike park de Châtel. Un parfum de Whistler.


(10/07/2005)

Station des Portes du Soleil, le petit village de Châtel vit à l’ombre de ses voisines Morzine, Avoriaz et Les Gets. Pourtant Châtel a de bons arguments a mettre en avant pour devenir un spot 4 étoiles dans le carnet d’adresses des vététistes. VTTnet est allé traîner ses crampons là-bas histoire de voir…et on en revient avec un petit quelque chose de Colombie Britannique dans la tête…

<REP|SITE/2005/chatel>
A part le sourire et le regard de Pascale qui nous accueille en ce vendredi à Châtel, l’ambiance n’est pas au soleil. D’ailleurs il ne fait aucun doute que ce que nous apercevons au travers des vitres de l’office du Tourisme ce sont bien des gouttes de pluie. Mais l’équipe de VTTnet en a vu d’autres…enfin on essaye de s’en convaincre.

Direction Pré la Joux, le bout de la vallée, secteur sur lequel Châtel vient d’inaugurer la semaine précédente son Bike Park. Et nous on est là pour tester l’endroit.

« Motivé les gars ? » Une fois sur place, sous un ciel de plus en plus menaçant, notre équipe se prépare. Le parking est désert. Seul un biker. « Vous êtes l’ équipe VTTnet ? ». Juché sur son Vario Harissa voilà Sébastien Giraldi le boss du VTT sur la station. Responsable des équipements VTT sur Châtel, à la tête de l’équipe de 4 personnes qui forme la « Bike Patrol », Sébastien tient à nous faire visiter le Bike Park. Le temps de s’équiper et il est à nous. Zut ! Plus possible de glandouiller au bar du coin en attendant un hypothétique rayon de soleil…Quelques minutes plus tard Sébastien revient en tenue de spéléo, prêt à affronter la pluie. Et malgré celle-ci qui est maintenant bien drue, notre petite équipe prend son 1er télésiège de la journée. En passant au dessus de la zone de shore du Park et tandis que Sébastien nous parle de celui-ci, on comprend que même si il flotte grave, la journée sera bonne.

Comme au ski

Sébastien est un mélange de passion et de pudeur. Ce gars là, la montagne c’est son truc. Moniteur-pisteur quand la montagne est en mode snow, il troque ses planches contre un vtt l’été. Mais la philosophie reste la même : qu’importe le niveau, le tout est que chacun puisse se faire plaisir.

Sous le vocable de « Bike Park » on met un tas de choses. Si dans certaines stations on appelle de ce nom des zones assimilables à un Snow Park, un endroit délimitée avec des ateliers différents, à Châtel on préfère y voir quelque chose qui tiendrait de la station de « vtt », un peu comme ce que l’on trouve à Whistler. Et le panneau des pistes n’est pas sans rappeler ce que Francky, un des membres de VTTnet, avait pris en photo lors de son séjour au Canada : des pistes vertes, bleus, rouges et noires, comme au ski, mais des pistes de VTT.

Et c’est sous ce panneau de bois des pistes du park que Sébastien nous propose notre 1er run de la journée, avec le bleu comme couleur.

Boue et bout de bois

Go ! Nous voilà parti sous la pluie et à la suite de Sébastien qui nous ouvre la route. Un single assez large serpente dans la pente. Il faut ralentir sévère à l’approche des virages, qui sont très serrés. Des zones très roulantes se terminent par des zones minées, truffées de roches. Avec l’humidité il faut la jouer cool sur les freins. Certaines sorties de virages sont relevées et il faut engager sur celui-ci pour tourner puis relancer sec. Sébastien est déjà loin, debout sur les pédales.

Au bout de la zone, un petit pont de bois suivit d’une ligne droite en faut-plat descendant. Un drop que Sébastien prend, tandis que nous nous contentons de la chicken-way. Regroupement avant de continuer sur la piste qui porte le doux nom de « people ».

Après un passage de rivière à gué - mais qu’importe nous sommes déjà trempés - nous attaquons le sous-bois. Ca bouillasse sévère sous les frondaisons mais la piste reste praticable et il y a de quoi se faire plaisir. Au sec ça doit être un régal. Après un faut plat, on attaque un petit passage cassant dans lequel il faut être vigilant. Nous copions les traces de notre guide avant de déboucher sur l’alpage. Il devient difficile de distinguer la couleur de nos vtt sous la couche de boue.

A cet endroit la piste se sépare en 2. Nous optons pour la « blue & Rock ». Un peu de plat en relance et nous revenons dans la forêt. La piste offre à cet endroit une succession de petits jumps. Le chemin est très varié, entre relance et relevés, des passages de passerelles. Un régal à peine gâché par la pluie. Un beau relevé, négocié à toc et après quelques centaines de mètres nous voilà face à une option : le passage dans la zone « shore ». Une belle succession de passerelles, avec des ateliers de tous niveaux ; passerelles diverses, des droites, des pentues, des tordues, une jolie « langue », des gaps bien couillus…Sébastien nous invite à une visite de l’endroit. Trop humide, trop glissant et pas assez de talent pour le suivre. Mais le lieu est alléchant. Promis on va revenir vite. On termine le run par quelques relevés et nous voilà de nouveau au départ du télésiège, trempés mais heureux.

Vario, Variété

Le Bike Park de Châtel a été réalisé avec la collaboration du constructeur Vario. Celui-ci a apporté son expérience et une aide logistique, en particulier avec le matériel qui équipe la Bike Patrol et le team de la marque vient souvent s’entraîner ici. Une des pistes du domaine porte le nom du constructeur Dauphinois et c’est une noire bien sur.

Nous repartons pour un 2eme passage. La pluie s’est un peu calmée. On se refait la « people » en entier cette fois. Pour le 2eme passage on arrive à oublier un peu plus les freins. Sébastien prodigue quelques conseils, en particulier à nos 2 d’jeuns qui affichent péniblement 28 berges à eux deux. Dans la dernière partie de la piste, la boue nous scotche au terrain. Dommage car la trace à l’air sympa ; négociée à toc et au sec elle doit donner son pesant de caouettes…vite encore un tour !

Ce coup-ci on part au sommet sur la crête des Rochassons, à la faveur d’une légère accalmie. On en profite pour tailler la bavette avec notre guide. Il nous parle de la Bike Patrol qu’il encadre. 4 personnes affectés à la surveillance et à l’entretien des pistes du park mais aussi des 2 pistes permanentes de descente situées dans le village même. « Les gens croient que l’on a la belle vie. C’est un vrai job, parfois éprouvant. Après le passage de la Pass’portes on a eu un boulot de dingue pour tout remettre en état. Là il y a deux gars sur la zone qui entretiennent une piste. On est sur le terrain tous les jours, quelque soit le temps. ». En dehors de l’entretien, la Bike Patrol assure les secours, la sécurité, renseigne et oriente les usagers, assure le contact pour améliorer l’endroit, fait de la prévention. Sébastien nous parle aussi de ses projets. Il fourmille d’idées pour encore améliorer des zones, ajouter là un saut, là un module. « Dans cette zone où tu vois les gros rochers, on va mettre des passerelles entre les blocs et faire un parcours aérien dans la forêt. »

Arrivé en haut il nous faut prendre un 2eme télésiège. Là changement de décor, l’engin est un brin poussif et les siéges petits. Entre les fringues trempées et le petit vent qui souffle en haut, on commence à se geler un brin les boboles. On a même pas le loisir de se distraire avec les passages du Fantasticable, une sorte de tyrolienne qui traverse la vallée et que l’on emprunte à plus de 80kmh suspendu à quelques centaines de mètres de haut. Vu le temps l’installation est déserte.

Au sommet nous allons visiter la « panoramique », une piste verte tracée autours du sommet et qui offre une vue magnifique sur les vallées qu’elle surplombe. Pas de difficulté pour cette piste, plutôt large et qui demande même du pédalage à certains endroits. C’est l’occasion pour nous de jeter un oeil sur la piste noire du secteur, la « haute-tension », un truc de ’ouf’ tracé sur l’emplacement d’une ancienne ligne électrique, maintenant enterrée. Un gros tout-droit dans une grosse pente. Hésitation interdite, gros cœur conseillé…D’ailleurs et les noires on les voit quand M’sieur Seb’ ?

3 Poireaux dans les Alpages

Une fois en bas, Sébastien nous propose donc une visite de l’autre versant, là où l’on trouve les pistes rouges et noires. Vu l’état du terrain nous marquons une hésitation mais bon, on est là pour un testing alors…C’est parti pour une noire. Finalement après une progression dans un chemin facile à flanc de montagne Sébastien s’arrête. Sur notre droite la pente et une trouée dans la végétation. Un petit panneau nous indique la direction et le nom de la piste en belles lettres noires : « Dré dans l’pentu ». Tout un programme ! Et Sébastien nous explique que l’on peut attaquer en sautant si l’on veut. « En quoi ? Qu’est qu’il a dit ?? »…la pluie ça rend sourd. Sébastien a mis gaz, roule sur le rocher qui affleure et …saute 2 m plus bas dans le single !! Ben voyons….

Nous avons vite fait de repérer la chiken-way et nous rejoignons Sébastien pour une leçon de pilotage dans le gras. La suite va probablement être pour lui une succession de bons moments à garder pour rigoler lors des longues soirées d’hiver. Car notre niveau de « pilote débrouillé » se mue avec la boue et la pente en « poireau confirmé ». On a beau soigner les traces, suivre les conseils que prodigue notre guide, mettre tout notre maigre savoir-piloter dans la balance, rien à faire, nous allons nous livrer à de belles embrassades avec notre belle planète pour le plus grand plaisir de Sébastien, qui s’en colle quand même lui aussi quelques une.

Malgré tout nous nous apercevons de la qualité de cette trace et de tout son potentiel. Par temps sec elle doit avoir un grip de folie, le sol étant constitué d’un tapis d’épines de pins. La piste serpente entre les arbres tout en jouant avec une forte pente, offrant des trajectoires bien léchées. Des passages très abrupts forment des toboggans naturels à franchir en se grattant le cul sur les crampons du pneu arrière. On trouve même, une fois que la piste rejoint la rouge « Ric & Rac », des passerelles assurant des gaps entre les arbres. Un vrai régal pour qui aime le pilotage. Nous terminons cette descente par un petit bout de la « Vario » dans laquelle Sébastien tente ’perfidement’ de nous entraîner dans le lit d’une rivière…Au final ni la pluie, ni la boue ne sont parvenus à nous enlever notre belle banane. Que du bonheur et c’est déjà sur que l’on va revenir. D’ailleurs demain on annonce du soleil…

Un très beau spot et les gens qui vont avec

Et effectivement nous allons profiter dés le lendemain d’un changement de temps pour continuer notre visite. Un petit tour d’échauffement sur les bleus, quelques passages dans le secteur shore du park. La zone, qui devrait évoluer, est conçue pour tous niveaux et la largeur des passerelles permet de s’y engager même avec un niveau intermédiaire. C’est ludique à souhait et il y a de quoi se faire monter l’adrénaline. Une découverte pour certains d’entre-nous de cet aspect du vtt et une sacré impression de revient-z’y.

Puis nous partons au sommet, à la découverte de la "SX", une rouge dont la trace est directement inspirée des chemins piétons que l’on trouve en montagne, avant un petit tour sur la « Ric & Rac » encore trop boueuse malheureusement, puis de terminer notre séjour par des arsouilles sur la « people ». Quand on plie nos spads en fin de journée on a une grosse envie : revenir !

Première constatation, au terme de ces deux jours de découverte, l’interprétation du Bike Park par l’équipe de Châtel ne doit pas être très éloignée de celle que l’on doit trouver au Canada. Une station de VTT avec des pistes de toutes les couleurs. Et ici attention, noir c’est noir ! Autre analogie avec le pays de la feuille d’érable, la variété des pistes. Chacune est traitées de manière propre. Qu’elle différence entre la trace presque naturelle de la « SX » et la ligne de run genre KL, de la « haute tension ». Quel contraste entre le parcours bucolique de la « Panoramique » et la zone de Shore de la « Blue & rock ». On oscille entre enduro, free-ride et descente. Chaque trace à presque une âme, une histoire. La « Guep’s » par exemple, tire son nom des 3 nids de ces délicieux insectes que les traceurs ont rencontrés lors de leurs travaux de construction de cette piste…

Le park est idéalement desservi par un télésiège débrayable très rapide, qui permet de faire se succéder les rotations, le tout au pied d’un grand parking. En gros il suffit de sortir le vtt du coffre, prendre le forfait à la caisse et filer attraper un siége pour partir pour une journée de ride. Et pour ceux qui ne veulent pas prendre leur voiture, il peuvent utiliser les navettes de bus au départ de la station pour rejoindre le départ ou à l’inverse aller au village pour quelques runs sur les 2 pistes de descentes. Et puis l’endroit permet aussi de basculer rapidement sur le versant des Lindaret pour quelques incursions sur le domaine VTT des Portes du Soleil et d’aller rouler sur Avoriaz ou Morzine par exemple.

La zone comporte aussi un parcours de trial, un très beau 4X et un champ de bosses. Détail intéressant pour ceux qui viennent accompagnés, des luges d’été et un déval’kart fonctionnent au bas du télésiège et permettent à ceux qui ne roulent pas de vous attendre. Et pour l’after, un bar-restaurant et un Bike-wash tout en bois, car le béton n’a pas sa place à Châtel.

Et puis ce que nous avons aussi retenu de notre séjour, c’est la motivation et la gentillesses de gens qui travaillent sur le site. Cela a été une sorte de fil rouge de ces deux jours. Des membres de la Bike Patrol en passant par le personnel des remontés mécaniques. On viendra même nous voir en haut d’une remontée pour nous demander si le site nous plait. La restauration, l’hôtellerie semblent elles aussi être taillées dans le même bois, comme si toute une vallée se mettait en 4 pour accueillir les visiteurs.

Enfin Châtel reste un endroit vraiment sympa où l’on trouve de magnifiques chalets dont certains du 19eme siècle. Le bois et la pierre se mélangent jusqu’au cœur même du village et dans l’écrin de vert des montagnes qui entourent Châtel, le rouge des géraniums qui poussent à foison sur les balcons des chalets.

L’endroit est donc un spot d’autant plus séduisant qu’il est certainement appelé à évoluer et sa liaison avec l’espace VTT des Portes du Soleil, dont il fait partie, est le gage de passer une journée ou une semaine forte en vtt. De quoi se laver les neurones avec du vert, du bleu et de l’adrénaline dans une ambiance très « montagne » entre modernité et tradition.

PLUS :

- Découvrir le site en détail sur la fiche signalétique de Châtel sur VTTnet
- Le site officiel de Châtel

- Conditions du test : 2 jours, temps pluvieux à nuageux/beau, 4 testeurs de niveaux débrouillé à confirmé.

- Thanks : à Pascale Ducrot de L’OT de Châtel pour s’être mise en 4 pour faciliter notre séjour, à Sébastien Giraldi pour sa patience et sa visite guidée du site, au personnel de l’hôtel le Choucas pour la qualité de leur accueil et à tous pour leur gentillesse.



Auteur - RouelibrE




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