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  Rouler l’hiver


(11/02/2007)

Fin novembre, il y a pas mal de VTT qui se retrouvent pendus au clou et qui y restent durant tout l’hiver. Pourtant faire du vélo par des températures oscillant autour de zéro n’est pas un calvaire, il suffit juste de savoir se protéger des attaques du Général Hiver.

Le corps humain est une machine bien faite. La meilleure des climatisations réversibles fait figure de trapanelle face à ce que notre corps sait faire pour lutter contre le chaud et le froid. Il faut juste éviter de gripper cette belle mécanique et l’aider à bien faire son travail.

En hiver, notre principal ennemi c’est le froid. C’est d’autant plus vrai que nous pratiquons le vélo. Avec la vitesse, la sensation de froid sur notre peau est plus importante que la température réelle.

Il faut donc jouer sur deux tableaux : aider au bon rendement de notre petit chauffage interne et lui éviter les agressions de l’extérieur. Rien d’autre finalement que ce que nous faisons dans nos maisons.

1,2,3, chaleur !!

Notre organisme produit des calories et les utilise pour lutter contre le froid. Dans la pratique du vélo, une partie de ces calories sont naturellement produites par l’effort physique. Et notre moteur, ce sont nos jambes, qui sont, de part le fait, plus faciles à protéger du froid avec un bon cuissard. Par contre notre torse et nos bras sont plus inertes (c’est encore plus vrai en vélo de route) et il convient donc de les bichonner.

Se protéger du froid c’est une règle de 3 toute simple.

En 1er lieu il convient de se créer un petit cocon de chaleur. Pour cela on va récupérer les calories émises à la surface de notre peau pour chauffer un petit matelas d’air, qui va former une couche protectrice. On va créer une 1ere couche constituée d’un maillot aéré qui facilite la circulation de l’air entre les différentes strates de vêtements et la peau. On évitera absolument les maillots en coton, car, si thermiquement ils remplissent la fonction thermique, ils sont par contre de véritables éponges. Et même avec -5°C dehors, le mécanisme de sudation va intervenir pour réguler la température de notre corps, en particulier dans les montés. La 1ere couche doit impérativement favoriser l’évacuation de l’humidité, car dans le cas contraire on aura le droit à l’effet sauna en haut des montées et à l’effet glacière dés que la pente s’inverse. A proscrire donc et préférer une fibre technique pour cette 1ere couche.

Il faut ensuite récupérer le maximum de chaleur émise par le corps afin de ‘’nourrir’’ notre petit matelas de calories. C’est le rôle de la 2eme couche. Elle est là pour garder la chaleur, l’empêcher de sortir. Idéalement cette couche est constituée d’un maillot en laine polaire. Cette matière, issue du recyclage des bouteilles en plastique, est un excellent isolant thermique qui va piéger les calories qui cherchent à fuir.

Enfin la 3eme couche elle aussi va jouer le rôle d’isolant, mais dans l’autre sens. En effet elle va protéger les deux 1eres couches de l’agression du froid, qui lui a une furieuse envie de rentrer. Cette dernière couche est donc chargée de barrer la route aux flux d’air froid en provenance de l’extérieur ainsi que de l’humidité, vecteur de refroidissement. Le plus simple est d’utiliser votre veste de pluie habituelle, car les fibres utilisées pour la fabrication de ces vêtements sont tressées de manière à être étanches à l’eau et au vent. Le problème c’est que l’air chaud et humide en excés ne peut plus être évacué et c’est rapidement ‘’opération cocote-minute’’ sous le Wayka. On préférera, pour un usage régulier, les vestes en tissus technique étanche (Windstopper, Koolstopper, etc...) favorisant cette évacuation et permettant de rester au sec. Pour un usage hivernal, il faudra quand même veiller à choisir une veste doublée polaire et avec un traitement déperlant pour les temps humides.

Dernier point, il faut prendre garde de choisir la coupe de ces différentes couches en rapport entre elles. Il ne faut pas être engoncé, au risque de bloquer la circulation de l’air entre les couches ou être trop large car, en ce cas, c’est comme tenter de chauffer une grande pièce avec un briquet. Enfin la coupe des vêtements doit permettre de protéger les reins, car on est penché sur un vélo et les manches doivent être suffisamment longues pour ne pas découvrir les poignés. Enfin on protégera son cou avec un foulard ou par le choix d’un vêtement avec un col « cycliste »

Pour ne pas avoir froid aux pieds, chauffe ta tête...

La partie la plus importante de notre corps reste le cerveau. C’est lui qui dirige, contrôle, surveille. La machine humaine le protège donc contre les agressions, dont le froid fait partie. Et le cerveau se nourrit de notre sang. Il lui apporte l’oxygène indispensable à son fonctionnement et régule sa température. Et si, au contact du froid et du vent, sa température vient à baisser, le sang reflue des extrémités afin d’assurer un apport de calories à notre petit ordinateur personnel, qui a bien du travail avec nos clowneries vélocipédiques par grand froid. Résultat, on a 10 ongles qui semblent nous pousser dans les doigts de pied et quelqu’un qui cherche à nous écraser les phalanges sous nos gants. Dit autrement, on commence a avoir froid aux pied et aux mains et c’est la sortie qui est gâchée. Pour protéger ses extrémités du froid, il convient en 1er lieu de se protéger...la tête.

On utilisera donc sous son casque un bonnet, un sous-casque thermique ou un « buff », ce manchon en fibres polyester que connaissent bien les skieurs et qui se glisse très facilement sous le casque, gardant la tête au chaud et assurant ainsi la bonne irrigation des extrémités.

Bien entendu, il faut aussi une protection passive de nos petons et menottes. Une paire de gants hiver (-5°C) est indispensable. Déperlante, voire étanche, est un plus, car rouler au froid et les mains mouillées se révèle vite un vrai calvaire. On veillera aussi à ce que ces gants remontent haut sur le poignet afin d’assurer la liaison avec la manche et qu’ils ne compriment pas la main. On pourra aussi ajouter une paire de gants de soie à même la peau, assurant le même rôle que la 1ere couche sur le torse.

Plus exposés et plus statiques, les pieds méritent aussi toute notre attention. Il faut bien entendu choisir la taille des chaussures afin que l’on puisse s’y glisser avec une paire de chaussettes plus épaisses en hiver. Il est impératif que le pied ne soit pas comprimé afin de ne pas entraver la circulation du sang, grand pourvoyeur en calories. Il faut aussi les protéger des projections d’eau glacée. Les sur-chaussures en néoprène apportent une réponse satisfaisante mais elles sont chères, surtout si vous ne sortez pas souvent l’hiver. Une bonne alternative peut être les sur-chaussettes en tissus étanche type windstopper. Doublées en polaire elle peuvent se porter à même le pied. Chaudes, déperlantes et étanches à l’air, elles remontent haut et protégent efficacement jusqu’à plusieurs degrés sous zéro.

Et enfin...

Vous voilà presque fin prêt à affronter les frimas de l’hiver. Il ne reste donc que quelques détails. En cas de froid très vif, pensez à protéger, plus que jamais, vos yeux, car le froid peut provoquer des lésions importantes.

Autre geste important et pas naturel par temps froid, pensez à boire très régulièrement. En effet votre organisme va réguler les hausses de température dues aux efforts et il a tout autant besoin d’eau que par temps chaud. Buvez donc régulièrement, quitte à protéger du gel la pipette de votre « sakaflot » en la glissant sous votre veste.

Dernier conseil, glissez dans votre sac une couverture de survie, utile en cas d’immobilisation, un vêtement chaud pour les pauses et l’after. Une vieille paire de mitaines peut se révéler utile pour réparer sur le terrain. Et surtout, ne partez pas seul, car les chemins en hiver sont parfois déserts et glissants. C n’est pas notre ami Panoche, 6 mois d’immobilisation et 2 vis dans le fémur qui va nous contredire...

Le truc de la rédac’ : vous ne pensez pas sortir régulièrement en hiver ? Pas la peine de vous ruiner en vêtements, fouinez aussi dans les rayons running et ski de fond des magasins de sports. On y trouve, souvent bien moins cher que le textile vélo, des vêtements techniques très efficaces et surtout meilleur marché et qui pourront resservir lors de vos séjours au ski ou lors de randonnées pédestres. Personnellement j’utilise un maillot de ski pour la 1ere couche et une veste de randonnée en montagne déperlante pour la couche extérieure.

Et comme dit Monsieur Marda de Roubaix : « Froid moi ? Jamais !!! »



Auteur - RouelibrE




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