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  Le point sur les pneus semi-slicks


(28/08/1999)

<REP|SITE/1999/semislick>

Les semi-slicks

IRC Mythox XC Slick

1- INTRODUCTION

Voici un article né de la collaboration
entre Julien Saint-Pierre (Québec) et Fabrice Valois (France) sur les
semi-slicks. Plutôt le fruit d’expériences croisées et d’un coup de gueule commun.

Les semi-slicks ? Oui vous savez ces
drôles de pneus à la mode dès le printemps avec les premiers terrains secs... Les
semi-slicks ont pour but d’augmenter vos performances avec une amélioration du rapport
adhérence/facilité de roulement. Le pneu semi-slick, c’est le croisement un peu
" bâtard " entre un vrai pneu de VTT et un pneu de routier ! Le
profil qui en résulte c’est une large bande de roulement, offrant peu de résistance et
proposant une bonne adhérence/motricité (souvent grâce a l’utilisation de
" pointes de diamant " et/ou de petits crampons très courts), et sur
les bords des crampons latéraux de taille normale pour "assurer" dans les
virages, dévers voire terrain très très très légèrement gras. On verra un peu plus
loin que c’est pas vraiment ça ! :-(

Bien sûr, c’est dans les terrains
"mouvants" (sable, boue, etc.) que ces pneus avouent leur limite.

Mais alors, pour qui les semi-slicks et que
valent-ils réellement sur le terrain ? C’est ce que Julien et Fab ont tenté de savoir,
parfois même au péril de leur vie, en testant les IRC semi-slicks et le couple Speedmax
Alpha/Omega de chez Ritchey.

 

2- ESSAI : IRC MYTHOX XC SLICK

La fièvre du semi-slick devait frapper
tôt ou tard. Déjà, aux Jeux Olympiques d’Atlanta, quelques coureurs avaient
équipé leur montures de ces pneus. Quelques temps plus tard, Ritchey mettait sur le
marché le Speedmax. Puis, Michelin et Panaracer de suivre. IRC est une des dernières
compagnies à avoir offert au public sa version du semi-slick, au début de la saison 98.

C’est sur ces pneus que
s’arrêtent mon choix, alors que je cherchais un pneu polyvalent avec lequel je
pourrais pratiquer le VTT et la route, sans avoir à changer de pneus tous les jours.

Le côté technique tout d’abord. Le Mythos XC slick
est construit sur la base sur du vénérable Mythos
XC
(qui a depuis longtemps fait ses preuves), à deux
différences près. Tout d’abord, la section centrale a été modifiée afin
d’offrir moins de résistance au roulement. De plus, le pneu incorpore la technologie
PFR (Pinch-Flat Resistant, ou si vous préférez, résistant aux pincements), qui consiste
en des renforts de mousse sur les flancs. Finalement, comme les autres Mythos, le XC slick
possède des flancs où sont ajoutés fibres de carbone et Kevlar (CAF casing) afin de
renforcer cette partie vulnérable du pneu.

Le test sur le terrain maintenant. Sur
route, je suis plutôt déçu. La section est trop large et la pression trop faible
(maximum de 4 bars) pour avoir un rendement convenable. Une paire de roue supplémentaire
équipée de vrais slicks gonflés à 6 bars et plus serait une meilleure alternative
quoique plus coûteuse. Et si on en a les moyens, pourquoi pas un vélo de route ?

Hors piste maintenant. J’avais lu dans
les magazines papier que les semi-slicks étaient des pneus très rapides, mais qui
demandaient une bonne maîtrise de son engin et ne pardonnaient pas les erreurs.
Constat : tout cela est vrai. Sur terrain sec, l’accélération est fulgurante,
c’est d’ailleurs la première chose que l’on remarque. Ensuite, on tente de
faire des trucs un peu plus osés, ou de s’aventurer en terrain technique. Là
viennent quelques belles frousses. En effet, le manque de crampons centraux allonge
considérablement la distance de freinage. C’est aussi la raison pour laquelle ils
sont peu performants dans le sable. Par contre, les IRC sont surprenants dans la boue
liquide, les crampons se vidant vite et bien. Dernier endroit de test : le gravier.
Pas très concluant. Dès que l’on pousse un peu sur les pédales, le pneu se met à
déraper sans donner de traction.

Il peut être intéressant pour les
acheteurs potentiels de noter qu’on peut pallier au manque de traction des
semi-slicks en moulinant (pédaler à une cadence égale ou supérieure à 90 tours par
minute). Par contre, cette technique ne permet pas d’égaler les performances de
pneus ayant plus de mordant comme les Specialized Team Master ou Michelin
Wildgripper

Bref, quoi penser des XC slick ?
C’est le pneu idéal pour celui que la vitesse fait vibrer. Par contre, pour le
commun des mortels, c’est sacrifier traction, contrôle et polyvalence pour une
vitesse augmentée d’un à deux kilomètres par heure selon le type de terrain. À
vous de juger si le jeu en vaut la chandelle...

Julien Saint-Pierre

3- ESSAI : RITCHEY SPEEDMAX ALPHA/OMEGA

 

Je vais vous parler de mon cas, ou plutôt
de ma triste expérience d’un lundi matin, bien ensoleillé et surtout bien sec. Un cops
qui roule avec des Ritchey SpeedMax Alpha/Omega n’arrêtait pas de m’en dire du bien. Ok
je me décide à essayer et je lui pique pour un essai pas plus tard que ce matin... Et
là... Déjà lors du montage, je me suis laissé dire que le pneu avant à profil rond
c’est pas pour faire du tout terrain, et que l’accroche en dévers et en descente dans les
virages serrés, ca doit pas être fait pour ça. Je me suis alors souvenu de Pierrot Le
fou qui avait failli me traiter de tous les noms parce que j’avais utilisé des pneus à
profil rond. Pas fait pour ça, qui disait l’Pierrot. Pas bon pour le pilotage. Donc ce
matin, je roule ma poule, et effectivement, pas de résistance au roulement :
vraiment une bonne surprise. Je grimpe, nickel, je lance et relance, toujours nickel. Je
freine, tiens tiens, la distance de freinage s’allonge dans des proportions
impressionnantes. J’attaque les petits singletracks nerveux et vifs, et là ça commence
à être vachement le pied parce que les relances passent comme une lettre à la poste...
Malgré tout, je me retenais un peu, pas toujours confiant dans les qualités directrices
de la roue avant... Mais bon, à ce moment le Gars il se disait que c’était du bon. Même
le confort était plus important que mes IRC Mythos, alors quasi-heureux j’étais...

Un semblant de confiance m’envahissant, et
l’envie de savoir ce qu’avaient ces pneus dans le ventre, je me suis détendu, et j’ai
attaqué pour mieux sentir la roue avant... Et là... :-(( Boum-bada-boum ! Je me suis
vautré dans un virage, dans un spot que je connais sur le bout des crampons...
J’explique. Descente, vroum !, j’attaque, des cailloux, oups ! ça passe, le virage
s’approche, tendance relevée avec des cailloux et du sable, puis virage a 90 degrés sur
la gauche avant la p’tite bosse. Adhérence frontale requise. Avec les IRC Mythos no problemo, avec les XC Magic Comp,
pareil. Avec les SpeedMax, j’ai tourné, j’ai essayé de contrôler l’avant, sortie du
pied... Et tout droit, j’ai fait... Un vilain dérapage. Ces pneus, c’est de la daube.
Autant l’arrière peut s’avérer intéressant, autant l’avant est à jeter. Je crois que
la combinaison Ritchey Alfa-Byte pour l’avant est plus correcte. L’avant trop rond
n’accroche pas assez dans les virages ou les dévers, en plus ce jour-là c’était un peu
sableux... :-(((

Bilan : une méga-pizza du haut de la
fesse jusqu’au bas du mollet. Et le pire c’est que je n’avais que de l’alcool à 70 deg.
pour me soigner !!! Aie ! Ouille ! Purée, ça brûle.

Du coup, j’ai redémonté ces pneus et
rechaussé mes fameux Mythos qui sont vraiment tout terrain, eux !

ALORS POUR QUI ?

Ces pneus-là sont tout simplement bons
dès que le terrain est hyper roulant et sans surprise, pas trop technique. C’est un pneu
idéal pour les circuits de compet’ qui sont souvent tant decriés ! AMHA, ce ne sont pas
des pneus pour la pratique du VTT. Impeccables pour les parcours sans trop de dévers. Et
surtout sans virage a bloc !!! :-(((

Mais je reste persuadé que monter des
SpeedMax à l’arrière avec un très bon directionnel doit produire tout son effet dès
que le terrain est sec.

Fabrice
Valois

 

  1. CONCLUSION

Comme vous l’aurez sûrement compris,
les semi-slicks sont destinés à une pratique assez pointue du sport qu’est le VTT.
À vous de juger si vous faites partie de cette minorité. Et si vous voulez un compromis
entre le semi-slick et les crampons conventionnels, le Hutchinson
Python
 s’avère un terrain d’entente qui semble très acceptable. Des
pistes pour faire un nouveau test...




Auteur - Fab - Julien Saint-Pierre




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