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  Le BeaujolaisNet - Episode I


(8/11/2011)

Le BeaujolaisNet était organisé en octobre 2011 dans les environs du Bois d’Oingt, un village situé dans la région des Pierres Dorées. Fabrice, le local de l’étape, avait convié tout le monde à découvrir cette région que l’on appelle parfois la "petite Toscane".

Jeudi, dans le train, certains ont bien cru qu’ils n’arriveraient jamais à rejoindre le lieu de rassemblement de ce RandoNet ! Merci la SNCF !!...

Retrouvailles avec les potes, découverte des nouvelles têtes, repas gargantuesque... Et voila, il faut accrocher les lampes aux casques ou aux cintres. 17 "cinglés" s’en vont rouler dans la nuit dans la roue de Fab’ notre GO, à faire peur aux habitants et aux lapins (c’est pas Fab’ qui a fait peur hein ! mais la horde de VTTiscus Noctanbulus).

C’est "globalement" plat, ça tourne dans tous les sens entre les pieds de vigne et ça brule déjà les jambes dans les courtes bosses sprintées parce qu’on ne voit pas le sommet. Mais tout le monde rentre avec le sourire au gite, et même si certains auront tout donné durant cette première sortie (et hérité du même coup du doux surnom de "Vomitos") ! On refait un peu le monde et on va se coucher, car Fab’ nous a programmé une journée physique pour le lendemain...

La journée du Vendredi par Carbone


"Après la sortie nocturne du jeudi soir, c’est avec une certaine appréhension que j’attendais la sortie de vendredi. Fab’ avait promis pas mal de montées et m’avait dit : « ce sera cassant » Je le connais, lorsqu’il dit ça il parle de cassant physiquement.

La météo est correcte lorsque nous partons du Bois D’Oingt : pour commencer nous attaquons par une descente facile vers la route principale en contrebas. Ça passe bien, une bonne petite descente ludique au milieu des vignes.

La route traversée, nous attaquons la première grosse montée de la journée, avec une première partie forestière assez roulante puis plus raide qui nous mène à St Verrand. La place du village est très sympa avec ses maisons en pierres dorées : il faut voir cette couleur spécifique des maisons de ce coin du Beaujolais, c’est vraiment superbe ! Un petit passage devant l’école primaire. Tiens les enfants ont école ? Ah oui, c’est vrai, nous sommes vendredi ! J’ai déjà l’impression d’être en week-end depuis longtemps (l’effet randoNet !).

De là, la montée continue dans les vignes, toujours, dont les couleurs commencent à prendre de jolies teintes d’automne. La petite route est bien pentue mais nous la quittons pour un chemin avec de bons raidillons. La vue sur la région est superbe, avec le soleil qui nous a rejoint.

Et c’est parti pour une longue descente rapide : JB manque une première fois de s’en mettre une belle, mais se rattrape de justesse. Ce n’est que partie remise, alors qu’il a “fait le trou” avec Francky, il réussit une jolie cabriole (dont il ne se vantera pas !). Après un passage dans le très joli village de Ternand, la descente reprend avec une dernière portion elle aussi propice au tirage de bourre !

De Ternand, Fab’ nous a montré l’objectif de ce midi : il paraît bien loin et haut. Il nous rassure :" la pente sera régulière et pas trop dure". Elle attaque par une montée en forme de mur dans un pré (ça ne roule pas l’herbe !), mais j’arrive en haut sans poser le pied, devant pas mal de jeunots (on se satisfait comme on peut ...), une courte descente puis le sentier entre dans les buis, la pente ondule sur quelques kilomètres, devient enfin régulière, agréable même dans la forêt.

Kevin, parti avec le deuxième groupe, nous rattrape au creux du vallon, et crève par pincette en traversant un ru à sec ! Sans maîtrise, la puissance n’est rien...
L’endroit est calme, et fort joli. Nous continuons à monter. Au détour d’un virage la pente devient un vrai mur, nous poussons, tous ou presque.

Seul Koyote, avec son endurigide acier (soudé maison, moyeu Rohloff + courroie Gates) et Francky passent en pédalant. Pour moi, les crampes commencent à se faire sentir. Aie, aie, je ne dois pas avoir assez bu. Plus loin la pente retrouve des valeurs pédalables pour un humain standard. Alors que nous évoluons en pleine forêt, le paysage laisse d’un coup place à des prés et à un village perché. Encore quelques centaines de mètres et nous rejoignons le col de ? pour le repas.

Il fait bien frais et nous boudons les tables bancs pour nous réfugier derrière une haie. Le sandwich est gorgé de mayonnaise. La boulangère du coin a eu la main lourde ! Il passera bien quand même après 1000 mètres de dénivelé. Nous ne tardons pas, il fait froid.

L’après-midi commence bien par un sentier descendant avec quelques passages de pédalage. Tout le monde s’amuse. Une belle remontée casse pattes, enchaîne sur une descente rapide, avec des passages cassants. Au détour du chemin, dans un virage bien rapide, Lorenzo est couché par terre pour prendre des photos : certains passeront, le rasant, surpris !

Le temps est revenu au beau et la descente globale continue, entrecoupée de raidillons divers. Nous passons à Oingt, pour une visite de jour cette fois. Waouh ! Ça vaut le détour. Un bus de tourisme vomit une déferlante de retraités, à laquelle nous échappons de justesse. La descente reprend, les esprits sont chauds et ... paf ! Une pincette à l’arrière. Nous attendons indécis avec la pluie qui s’approche en un rideau bien épais. ... Le temps passe, la pluie va être sur nous quand les retardataires arrivent, nous repartons à bloc ... si vite que la pluie nous effleurera à peine. Le gîte est là, juste à temps. Il "drache" comme on dit dans le Nord.

Une bonne douche et nous rejoignons notre hôte dans sa cave pour une dégustation complète et approfondie de ses vins. Avec la fatigue et le bon vin, l’humeur est vite à la franche rigolade ... Nous nous coucherons bien tard, surtout après une belle journée de VTT"

La journée du Samedi par Pier K-lim


"9h et des poussières. Le groupe se met en rang doucement. Les machines sont révisées. Il est temps d’aller se balader sur les sentiers repérés puis tracés par Fab’.

La photo de groupe est prise puis le GO, suivi de 24 participants, montre le chemin avec sa carte accrochée au guidon et le sourire aux lèvres. « Nous avons triplé le nombre de filles » dit-il en riant bien franchement. Bientôt 10h et nous entrons dans le village du Bois d’Oingt.

Aussi discrets que des chasseurs équipés du gilet orange « sécurité routière » en forêt, nous traversons le bourg et prenons un petit chemin bucolique qui monte en faux plat. « Ce devait être une voie ferrée dans le temps », me dis-je tant les virages et la pente sont réguliers.

Peu à peu le terrain devient plus raide et serpente entre les vignes. Première petite pause due à une crevaison. Ce terme-là reviendra une vingtaine de fois dans la journée ! (26 NDLR) Nous repartons et enchaînons par une portion très raide à travers un pré. Nous traversons Moiré et au bout d’une petite route, de nouveau, il y a une bosse à franchir. Nous avons parcouru 5 kms et avons pris déjà plus de 175 m de dénivelé positif.

Nous passons non loin du Crêt de Fay et restons dans la courbe de niveau 450 m. Légère descente. Nous sommes en haut d’un coteau et un nouvel arrêt survient : crevaison ! Une légère bruine humidifie les disques de frein. Ca tombe bien, ça redescend pas mal ! Nous traversons un ruisseau à sec et après une remontée faite en douceur, nous entrons dans Theizé, superbe village en Pierres Dorées, thème retenu par Fab’ pour la sortie du jour.

Les Pierres dorées sont des pierres calcaires très largement exploitées pour la construction dans une zone au nord-ouest de Lyon appelée « Pays des Pierres Dorées », mais aussi dans les Monts d’Or et dans le Beaujolais.
Il s’agit d’un calcaire à entroques de l’Aalénien teinté par des oxydes de fer. Les entroques, débris de crinoïdes, présentent des facettes qui réfléchissent la lumière.
Le "Pays des pierres dorées »
Il rassemble une quarantaine de communes françaises. Dans chaque village, une carrière de pierres permettait de répondre aux besoins de construction locale. Avant 1914, certaines étaient si actives qu’elles fournissaient non seulement le Beaujolais, mais aussi le Lyonnais et jusqu’à la Suisse.

Après une petite hésitation dans ce village, nous passons dans la Croix de Mission (quel nom !). Nous faisons attention à la traversée de route même si elle a l’air peu fréquentée...
Nous voici à Pouilly-le-Monial. Notre GO veut nous montrer l’architecture de ce lieu très bien entretenu.
Au bout de la rue principale, nous faisons demi-tour. L’étroite ruelle monte bien au retour !

Nous revenons donc un peu sur nos pas et prenons en direction du sud-est. Nous arrivons à un grand carrefour où nous croisons la D338. Personne à gauche, personne à droite, nous pouvons traverser.

Nous nous trouvons à 240 mètres d’altitude environ, il s’agit du point le plus bas du circuit.
L’itinéraire remonte tranquillement sur une route qui se rétrécit puis qui devient une piste. Francky et Koyote se cherchent un peu en accélérant franchement sur quelques dizaines de mètres.

Un long faux-plat sur un terrain empierré nous amène à 307 mètres d’altitude, déjà 60 mètres de dénivelé en plus ! Après un court sondage, la pause casse-croute est votée. Nous nous enfonçons un peu dans la végétation pour essayer d’avoir le moins de vent possible. Pas facile.

Le sandwich aux œufs reconstitués (qui dégouteront Tom2) est vite avalé. Un fruit, une tomate, un autre sandwich au fromage cette fois-ci et Fab’ qui passe entre les participants pour proposer des pruneaux secs.

J’ai sous les yeux le beau 29 pouces de Magic qui détonne avec ses grandes roues.
Nous remontons sur nos VTT et descendons une courte pente mais bien grisante en direction de Pommiers. Freinage sévère malgré un bon gros saut sur une portion goudronnée car on débouche sur une petite route où les voitures vont finalement assez vite. Nouvelle crevaison (je ne les indique pas toutes, juste les temps forts) ! JB en profite pour remonter le raidillon et s’essaye au tremplin improvisé. Le temps s’éternise, heureusement les talkies crépitent et annoncent en temps quasi réel l’avancée de la situation. Une motocross passe sans mettre les gaz, cool, il aura fait pourtant un énorme saut plus haut.

Un petit single bien sympathique en sous-bois avec une marche vers le milieu est avalé comme un bon café et nous arrivons dans des chemins larges en forêt qui montent en faux plat.

Puis le profil devient de nouveau positif et nous accédons au Bois des Noyers à 354 m d’altitude après avoir roulé quelques mètres sur la D39. Dans cette longue « ligne droite » au sol végétalisé deux crevaisons, même trois avec celle de notre GO vont nous arrêter un long moment. Et juste avant c’était Magic qui avait connu la même mésaventure à la fin d’un raidillon qui a mis à mal certaines cuisses.
Finalement nous repartons et entrons dans Alix. Nous longeons l’étang et passons également à côté de l’aérodrome de Villefranche-Tarare.

Il nous faut de nouveau franchir avec prudence la D338. Puis je m’élance dans une jolie descente rapide avec JP et JB aux basques ! Evitant la gamelle en franchissant à mach2 un fossé caché nous nous apercevons finalement que c’est la mauvaise direction, il fallait prendre tout droit jusqu’au ruisseau !

Nous revenons dans le groupe et je prends le large lors d’une nouvelle portion raide et technique. Carbone me fait un peu "gueniller" mais ça passe. En haut de cette portion je reprends un rythme plus cool car la pente devient moins cassante et le chemin s’élargit. Nous passons à côté de la chapelle de Saint-Hippolyte et longue pause à un carrefour situé dans les vignes et près d’une croix. « Crevaison à l’arrière » vient d’annoncer le talkie. Les vélos se prêtent, s’échangent et Carbone, oui encore lui, demande à Dave d’être indulgent avec son C14Ti. Ce dernier obtempère ce qui ravit le propriétaire sus cité.

Il est temps de reprendre la route d’autant qu’une petite pluie s’est mise à tomber. De mon côté je suis en manque cruel d’eau, il me faut me ravitailler quelque part. Après avoir demandé conseil au GO, celui-ci me répond le plus naturellement du monde « ben dans un cimetière »... C’est vrai je n’y avais absolument pas pensé ! Il rajoute « il y a toujours de l’eau dans les cimetières »... !

Nous voilà à Frontenas. Nouveau village faisant partie du Pays des Pierres Dorées et surtout possédant un joli cimetière, bien entretenu !

Mon sakaflot plein, je retrouve le joyeux groupe des VTT Net. Je leur dis « c’est bon, merci ! » les pédales auto claquent, les vélos s’élancent mais hélas une chambre air décide du contraire. Nouvel arrêt forcé pendant lequel Koyote, Dave, Francky dévalent une série de marches devant l’œil amusé d’enfants qui passaient par là. Allez, la fuite est réparée. C’est reparti.

Le circuit des Pierres Dorées continue puisque nous passons dans Bagnols, dont le château du même nom est classé monument historique ainsi que l’église Saint-Blaise qui date de la fin du XVIème siècle.
Tiens le GO, sourire aux lèvres, semble s’échapper. Avec Junior et Kevin nous suivons le traitre ! Le rythme s’accélère, je mets la plaque et appuie franchement je passe en seconde position. Je dis à Kevin que je reconnais le chemin, que l’on « rentre »... « oui oui » me répond-il, « c’est le chemin des barrières » !
On se suit les 4 en file indienne et effectivement les barrières en métal sont bien là. Les mêmes qu’à l’aller.
Mais alors que je m’apprête à vraiment ralentir pour passer le DKT sous cet obstacle, je vois Fab’ bifurquer rapidement sur la droite en contre-bas. Je m’engage à mon tour sans ralentir dans ce mini toboggan ! 5 mètres plus bas nous en rions encore, quelles sensations !
Mais le GO n’abdique pas et se lance à l’assaut à deux reprises de l’autre côté pour retrouver le chemin roulant laissé plus tôt.
On reprend le rythme et franchissons les nouvelles barrières, à chacun sa technique : dessus ou... dessous, le VTT est tantôt porté ou quasi trainé !
Nous ralentissons, nous attendons le reste de la troupe. Nous sommes aux portes du Bois d’Oingt. Rassemblement sur la place principale et lorsque tout le monde est présent nous rentrons au gîte situé aux Basses Coasses. Dernière montée casse-pattes où Koy’ joue au Saint Bernard en poussant Kroll.

Un peu cassé par plusieurs efforts successifs je finis la montée avec Carbone qui, dans un soupir, me laisse entendre que c’est la dernière côte et qu’il en a marre de « piocher ». Un peu étonné par ce terme que je ne connais pas, il m’explique qu’il s’agit des mouvements liés au pédalage haché en force. « Tiens un nouveau sujet pour le wiki et les newbies comme moi »... me dis-je.
Dans la descente sous une pluie fine et un sol donc détrempé je rejoins RVTT puis arrive dans la propriété de M. Yves Blanc.

Excellente journée au grand air. Circuit intéressant par la multitude des terrains offerts. La vingtaine de crevaisons auront fortement ralenti la cadence de ce RandoNet mais auront aussi permis à tout le monde de suivre tranquillement.

Chapeau bas à notre organisateur : Fab’ « carte au vent » !!!!".

En résumé

- Temps de roulage : 4h03 (soit 11,03 kms/h de moyenne).

- Kilométrage de la journée : 45,71.

- Dénivelé positif : 760 m / Dénivelé négatif : 760 m

- Participants : 25 personnes.

-Merci tout plein à :

M. et Mme Blanc, producteurs au Bois d’Oingt et qui nous ont reçu avec chaleur au "Gîte des Coasses".

Aux commerçant du Bois d’Oingt pour leur professionnalisme et leur bons produits régionaux

A Fabrice notre GO pour son investissement sans faille et sa patience.


Ne manquez pas l’épisode II de ce compte-rendu , "Josiane fait son 1er randoNet" et la vidéo de ces trois jours en Beaujolais. Bientôt sur VTTnet...


Auteurs : Patrice "Koyote", Dominique "Carbone", Pierre K-lim

Photos : Magic’ Lorenzo, Koyote, Carbone







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