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  Interview de Greg Germain, auteur de "Alpes-Maritimes Terre de VTT"


(17/10/2012)

Greg Germain nous présente son nouvel ouvrage "Alpes-Maritimes Terre de VTT", qui a demandé plus de deux ans de travail pour aboutir. Journaliste chez VéloVert, rédacteur chez VTOPO (6 livres publiés à ce jour), créateur de 1001sentiers.fr, guide BE, photographe et consultant VTT, Greg a plus d’une corde à son arc. Profitons de l’arrivée de ce nouveau projet papier pour lui poser quelques questions.

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Portrait de Greg
Crédit photo "Yann Kerveno"

Bonjour Greg, peux-tu tout d’abord te présenter ?
Je m’appelle Greg Germain, j’ai vingt-six ans, je suis né dans les Alpes-Maritimes, je vis dans les Alpes-Maritimes et je mourrai dans les Alpes-Maritimes. Ça, c’est dit :-) Et vu qu’un bonheur n’arrive jamais seul, je suis père et mari comblé, et je passe ma vie sur un VTT. Elle est pas belle la vie ?

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Dessin représentatif de ma personnalité !
Dessin de "Tito Tomasi"

Quel type de vététiste es-tu ?
J’ai commencé le VTT en 1998. J’avais douze ans et pendant six ans je n’ai fait que du cross-country. Puis un jour, j’en ai eu marre des semi-rigides, des parcours moisis à 80% composés de pistes et des entraînements sur route.
Alors j’ai vendu mon vélo de route pour acheter une paire de CrossMax et j’ai pris le calendrier FFC à la recherche de courses en montagne. Et là, je suis tombé sur une épreuve intitulée "Turini-Menton".
Waouh, Le Turini ! Depuis que je suis un gosse, cet endroit me fait rêver. À la lecture de ce nom, je me replonge avec nostalgie dans tous ces étés passés avec mes grands-parents dans le Mercantour et aux hivers où mon père m’emmenait voir le Rallye de Monte Carlo. Un signe du destin ! Ni une, ni deux, je m’inscris...
C’était en juillet 2004 si ma mémoire est bonne (y’a intérêt étant donné le livre que je viens d’écrire), et ça a changé ma vie. Imaginez 60 kilomètres de sentiers alpins, de descentes à rallonge et de paysages naturels intactes. J’ai toujours adoré la nature, c’est pour cela que je me suis mis au VTT, mais il aura fallu attendre sept ans pour que je trouve le cadre adéquat pour le pratiquer. Comment veux-tu avoir envie de retourner participer à des XC quand t’as connu cela ?
Alors en 2005, j’arrête le cross-country, je troque mon Specialized semi-rigide contre un Kona Kikapu, je quitte mon club pour fonder 1001sentiers.fr (avec notamment un forum pour organiser des randos entre potes en montagne) et je m’inscris à la Transvésubienne. Ah... La Transv ! En voici une autre de révélation ! Dans le même temps, l’enduro se développe à toute allure dans le 06, combinant à merveille sentiers naturels, ambiances montagnardes, convivialité et adrénaline. Là aussi, comment résister ? C’est ainsi que se sont dessinés les deux axes directeurs de ma pratique VTT : la montagne et le technique. Concrètement, cela veut dire que j’aime rouler en montagne (car les descentes y sont plus longues et les paysages plus beaux), participer à la Transvésubienne, faire des enduros et des XMB. À chaque fois sans prétention, d’ailleurs mon palmarès est loin d’être impressionnant, mais juste parce que ces différentes disciplines représentent chacune tout ce que j’aime dans ce sport. Aujourd’hui, on dirait que je fais du All-Mountain. Ce terme me plait bien.


Professionnellement, tes activités dans le monde du VTT sont très variées. Peux-tu nous les détailler ? A qui t’adresses-tu ?
C’est vrai que j’ai pas mal d’activités, mais à bien y réfléchir, tout est relativement lié. Et le plus marrant dans cette histoire, c’est que le hasard y a pris un rôle important. Tout a commencé en 2006. Un jour, alors que j’étais en Licence 2 d’Histoire/Lettres (à l’époque pour préparer les concours des écoles de journalisme), j’ai eu envie d’appeler un magazine de VTT pour avoir des conseils sur l’orientation. Mon cousin bossant aux Editions Hommell, j’ai eu le contact de Vincent Ranchoux, le rédacteur en chef de VTTmag. Et plutôt que de répondre à mes questions sur la formation, il m’a proposé de rédiger un papier sur le Rallye de Sospel auquel je participais quelques jours plus tard. 1/4 de page, 1/2 page, 1 page, 2 pages... Au fil des mois, ma collaboration avec VTTmag évoluait, et sans le vouloir, j’étais devenu pigiste VTT. Avant cela, j’avais créé 1001sentiers.fr en 2005, avec pour but de centraliser toutes les infos sur le VTT azuréen. Rapidement, mon site a connu un franc succès et est devenu incontournable dans le 06. Et c’est d’ailleurs grâce à ce site que Cédric Tassan, le fondateur des éditions VTOPO, m’a trouvé en 2007 et m’a proposé de rédiger la collection des Alpes-Maritimes. Il fallait alors sortir 3 volumes avec une cinquantaine de topos chacun. Un travail colossal qui allait demander énormément de temps. Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre qu’un diplôme de journaliste n’allait pas m’apporter grand chose, et qu’à la place je pourrais non seulement faire les recos des VTOPO, et dans le même temps réaliser un rêve de gosse : passer le Brevet d’Etat VTT. Et voilà comment, en 2008, en plus de ma casquette de pigiste pour la presse VTT, je suis également devenu auteur de topo-guides et moniteur-guide. Depuis ce jour, j’ai changé de crèmerie côté presse (je travaille désormais pour VéloVert), j’ai essayé de progresser en photos, j’ai écrit d’autres topo-guides et j’ai mis en place mon activité d’encadrement VTT sur 1001sentiers (stages de pilotage, séjours, Vouilloz Ride Sessions, Recos Transv’, etc.). Cette polyvalence, en plus de m’offrir le luxe de travailler à plein temps dans ma passion, est une réelle plus-value pour chacune de mes activités : mon expérience avec VTOPO aiguise et donne une valeur aux conseils que je donne aux stations et collectivités en tant que consultant VTT ; toutes mes activités au sein de 1001sentiers sont une source d’inspiration et de connaissance du territoire inestimables lorsque j’organise un stage ou séjour VTT ; et tout cela me permet d’envisager mon travail de journaliste avec différents points de vue. Finalement, c’est très complémentaire.

Ta dernière actualité est la sortie d’un joli ouvrage, aux éditions VTOPO, intitulé "Alpes-Maritimes Terre de VTT". Comment a commencé l’aventure ? Peux-tu nous en parler ?
D’un point de vue professionnel, ce projet est en quelque sorte la synthèse de toute mon expérience et de la pluralité de mes activités, avec en prime la mise à profit (enfin) de ma formation d’historien. D’un point de vue personnel et passionnel, c’est l’aboutissement et la concrétisation d’une "carrière" (avec de nombreux guillemets) en grande partie consacrée, dévouée aux Alpes-Maritimes, qui sont selon moi et malgré tous mes voyages VéloVert, le plus bel endroit au monde pour pratiquer le VTT.
J’ai souvent l’habitude de dire qu’il existe de nombreux spots exceptionnels sur notre planète, à l’instar de Moab et Whistler par exemple, mais je vous assure qu’aucun ne présente une diversité de terrains, une histoire et un palmarès qui arrivent à la cheville de ceux du 06.
De la mer au Mercantour, les Alpes-Maritimes nous font rouler sur tous les types de sentiers que tu peux croiser sur la terre entière, et le must dans cette histoire, c’est que ces sentiers sont techniques, à forts dénivelés et ensoleillés toute l’année. Alors forcément, depuis trente ans que le VTT existe dans le Sud-Est, les gens ont appris à faire du vélo dans les meilleures conditions, et les compétitions ont forcément eu un caractère très qualitatif. Ce n’est donc pas un hasard si les plus grands champions français (Vouilloz, Barel, Amour, Camellini, Bruni, etc.) et quelques uns des événements les plus marquants de notre sport (la Transvésubienne, les coupes du monde de descente de Cap d’Ail, la toute première AvalancheCup de l’Histoire, le phénomène enduro, etc.) sont nés dans les Alpes-Maritimes. Voici pour résumer, l’inspiration de ce livre, et ce qui lui donne une légitimité, car il est indéniable que très peu de départements français (et même dans le monde) ont une matière suffisante pour justifier un tel ouvrage.
C’est pourquoi j’ai imaginé ce livre selon trois portes d’entrée : les ingrédients du succès (le climat, le relief, les chemins, le balisage et les terrains), l’historique (retracer le fil VTT des années 1980 à 2012 et dresser la biographie de onze "ambassadeurs" du VTT azuréen) et les spots (avec un profil en photos de chacune des dix vallées du département, qui se clôt à chaque fois par une suggestion de 2/3 topos "very best of" de la vallée).


Ce livre semble être la combinaison de tes différentes casquettes. Comment as-tu travaillé sur ce projet ? Comment s’est-il construit ?
Je crois que dans un petit coin de ma tête, je pensais déjà avec utopie à ce livre lorsque j’ai créé 1001sentiers en 2005, mais c’est réellement il y a trois ans que je me suis lancé. Ça a commencé avec un travail de réflexion sur le chemin de fer et la fastidieuse mission de convaincre un éditeur (et je suis ravi que VTOPO m’ait suivi dans ce projet ambitieux et qualitatif certes, mais malgré tout très ciblé). Puis il a fallu aller rencontrer les "vieux briscards" à même de me raconter ce qui s’était passé sur les courses et dans les coulisses depuis les années 1980, scanner des centaines d’articles et feuilles de résultats, retrouver des photos d’époque (merci à tous les gens qui m’ont ouvert et prêté leurs archives), retracer la carrière des grands noms du VTT azuréen et aller faire des centaines de photos. Car je tenais à ce que ce livre, cette "bible" disent déjà certaines personnes, rende réellement hommage aux Alpes-Maritimes comme berceau du VTT français et soit à la hauteur de la beauté et de la notoriété de ce spot. Quant aux photos, je souhaitais que chacune d’elles raconte une histoire et soit représentative du particularisme azuréen. Publier de grosses photos d’action, si belles soient-elles, ou exhumer des photos d’archives ne m’intéressait pas. Il fallait que chaque action s’intègre dans un paysage bien spécifique, exploite une voie romaine multi-séculaire, lève le voile sur la Corse à l’horizon, s’accompagne des premières chutes de neige ou de la floraison des mimosas, et bien entendu mette en scène un pilote local... Chauvin jusqu’au bout.

Parles-nous un peu de cette expérience que tu as acquise avec l’ouvrage "Alpes-Maritimes Terre de VTT". Le résultat est-il à la hauteur de ce que tu espérais ?
L’expérience, elle est énorme, indescriptible. De par mes différentes activités, j’avais déjà l’honneur de connaître tous les pilotes qui figurent dans ce livre. Mais pendant ces deux années, je me suis régalé à les écouter, j’en ai pris plein les yeux à faire des shootings avec eux, on a vécu de grands moments de ride et de partage, on en a un peu chié par moments (prenons un exemple : partir rouler de nuit à -10°C pour aller faire des photos dans la neige en montagne), mais les photos claquent et j’ai enfin tout appris sur ces épreuves mythiques des années 1990 dont j’entendais parler depuis des années mais que je n’avais peu la chance de connaître. Je me souviendrai longtemps de cette discussion nocturne de 2h dans le camion de Nico Vouilloz, après avoir fait quelques photos sur "sa" DH de Peille, de la session enneigée aux Millefonts avec Rémy Métailler ou encore du sauvetage crépusculaire avec Vincent Julliot de deux Italiens qui avaient planté leur Punto au beau milieu d’une piste forestière défoncée (fermée à la circulation soit dit en passant). Quant au résultat, j’en suis extrêmement fier et le juge comme le plus beau travail que j’ai fait depuis que je travaille dans le VTT, d’autant que les retours des premiers lecteurs sont fabuleux. Voir les yeux de Fabien Barel pétiller à la lecture du livre en redécouvrant des épreuves et des victoires oubliées, ça n’a pas de prix !

Quelles sont tes relations avec Cédric Tassan le responsable des Editions VTopo choisies pour ton livre ? As-tu suivi l’aventure Vtopo depuis le début c’est-à-dire 2005 ?
Des relations excellentes, exemplaires, parce que Cédric est un vrai passionné et que c’est toujours du bonheur de travailler avec des passionnés, surtout s’ils partagent la même vision du vélo que toi. J’ai rejoint l’aventure VTOPO en 2006 lorsque Cédric m’a sollicité pour rédiger les VTOPO 06 (qui sont sortis en 2008) et depuis on enchaîne les projets : VTOPO Nice à Vélo en 2009, VTOPO Var et 2010 et maintenant "Alpes-Maritimes Terre de VTT". Mais on ne va pas s’arrêter là et nous avons d’autres beaux projets dans les cartons. Rendez-vous en 2013 et 2014...

Sur ton site g2vision.fr on peut voir que tu proposes de nombreux services autour de la photographie et du VTT. Comment s’organise une "semaine type" pour toi ?
En premier lieu, les week-ends sont régulièrement consacrés à l’encadrement et aux compétitions (reportages pour VéloVert et suivi 1001sentiers). Il reste donc la semaine pour s’occuper des autres "cordes de l’arc" : tester des vélos pour VéloVert lorsqu’il y en a, reconnaître et rédiger les circuits VTOPO dans les périodes de préparation de nouveaux livres, faire quelques encadrements individuels et administrer (et dieu sait que cela est chronophage) le site 1001sentiers.fr (news quotidiennes, galeries photos, informations relatives aux stages et gestion des championnats que j’organise : 1001 Enduro Tour et 1001 XMB Challenge). Bref, pas toujours facile de jongler entre tout ça. Mais quand on aime, on ne compte pas, n’est-ce pas ?

Parlons justement de 1001sentiers.fr. Quelle est la philosophie que tu souhaites véhiculer à travers ce portail ?
J’ai créé et j’envisage 1001sentiers comme le portail du VTT azuréen. Mon souhait est que tous les pratiquants du 06 et tous les gens "étrangers" souhaitant venir y rouler, puissent y trouver absolument tout ce dont ils ont besoin. J’ose espérer que c’est chose faite avec toutes les rubriques actuelles du site : des actualités pour les mordus (courses ,résultats, infos des pilotes vedettes, infos sur les sentiers et spots), des infos pratiques (les shops, les spots, les épreuves à venir), des idées de balades (grâce aux topo-guides VTOPO en vente sur la boutique), un forum pour discuter et organiser des sorties, des images (galeries photos et vidéos du cru) et des stages pour ceux qui souhaitent se perfectionner ou vivre des aventures qui sortent du commun (à l’image des Traversées enduro du 06 avec navettes et des Vouilloz Ride Sessions que j’organise).

Et maintenant ? As-tu d’autres idées en tête pour promouvoir le VTT dans les Alpes-Maritimes ?
Il y a toujours des idées, mais tant qu’Hollande n’aura pas voté les journées de 48h, je n’aurai pas le temps de tout faire. Heureusement, je suis bien entouré dans le 06 et on a du beau monde qui s’occupe de nous gratifier de belles vidéos par exemple (ce que je ne fais pas) : Rémy Masseglia (Lez’Art Création), Mathieu Echeverri (GenepiFilm) ou encore Arthur Maséra. Quant à moi, je suis en train de programmer mon calendrier de stages 2013 (rendez-vous en décembre prochain pour découvrir les dates, les nouvelles formules et les nouvelles destinations) et je prépare déjà une réédition des VTOPO 06 à paraître au printemps 2013, avec de nombreux nouveaux parcours. Autant dire que vous n’allez pas vous ennuyer avec 1001sentiers l’année prochaine...


Dernière minute, de retour du salon du Roc d’Azur !

Le livre a été présenté en avant-première sur le Roc d’Azur, le 12 octobre sur le stand des Alpes-Maritimes. Pour l’occasion, tous les acteurs et célébrités du monde du VTT azuréen, les grands champions et la presse spécialisée, et des amis, avaient répondu présent à mon invitation. C’était un grand moment d’émotion et de fierté, qui s’est prolongé par une séance de dédicaces et des échanges passionnés au bon souvenir de tous les évènements évoqués dans le livre. Une sorte de cérémonie de clôture de ce projet qui nous aura uni pendant plus de deux ans.

Pour en savoir plus :
-  1001sentiers
-  Page pro & Portfolio
-  Livre "Alpes-Maritimes Terre de VTT" (présentation & commande
-  Page Facebook



Auteur - Piera




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