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  SPOT : Le Mont Ventoux


(6/08/2003)

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Spot : Le Mont Ventoux

Le mont Ventoux est une véritable abération géologique. Cet énorme dôme est planté en Provence au milieu du frêle relief qui borde la vallée du Rhône. Culminant à 1909m d’altitude, c’est un mont venteux (Ventoux) au sommet duquel rien ne pousse.

De tout temps, dés que la 1ere route fut construite vers 1885 pour accéder à un observatoire, le Ventoux fut le théâtre d’événements sportifs. Au début du siècle on y disputait les 1eres courses de côte. Mais le Ventoux c’est surtout un lieu mythique pour le cyclisme de route, une étape célèbre du Tour de France. Alors avec 1600 m de dénivelée négative dans une région où il n’existe rien de plus haut, le Ventoux est vite devenu un spot incontournable pour les vététistes de la région ou ceux qui gouttent aux joies du soleil provençal le temps des vacances.

Louper ce spot étant du gâchis pur et simple, nous ne pouvions pas nous prélasser à ses pieds sans y faire un petit tour.


On y monte....


On accède au Ventoux par 2 routes principales. Coté sud par Bédoin, coté nord par Malaucéne. Les méthodes pour monter sont de 3 ordres : en vtt par les chemins, en vélo par la route, et en voiture par la route également. C’est cette dernière méthode que nous avons retenue, car outre le fait que notre petite équipe était loin d’avoir le physique pour faire l’ascension en vélo, la voiture permet d’emporter un matériel plus lourd et éventuellement d’envisager de doubler le plaisir en inscrivant 2 descentes dans la journée par le biais d’une manip’ voiture.

Nous partons à la fraîche pour éviter les grosses chaleurs de ce mois d’août, et dés les 1er km de montée nous croisons plus de cyclistes que de voitures. Pour un peu nous aurions presque honte en doublant ces vélos avec nos VTT ostensiblement accrochés à l’arrière de notre Twingo (qui au passage ne semble pas apprécier le voyage). Décrire ceux que nous doublons revient à faire un inventaire à la Prévert. Du 1/2 pro au matos rutilant, des routards lourdement chargés, des vététiste en slick mais aussi des vélos de ville !! Ce flot de 2 roues hétéroclite ne tarira pas jusqu’au sommet, même si ceux qui parviennent en haut ont manifestement un matériel et des mollets à la hauteur de l’endroit.


On the Top...


"Bienvenue sur la lune !" Au sommet du mont Ventoux il n’y rien d’autre que des cailloux. De grosses caillasses blanches et pas le moindre brin de verdure. De 1660 m d’altitude au sommet il n’y a strictement rien qui pousse, la végétation ayant déserté un lieu où la température peut descendre à -27°C l’hiver et qui est balayé en permanence par de forts vents en toute saison.

C’est d’ailleurs un détail qui a son importance. Pour le pilote il s’agit d’oublier les fortes chaleurs du bas et de penser à prendre sa petite laine, pour la machine, une monte spéciale "caillasses du midi" est indispensable.

Nous ne nous attardons donc pas à bavasser, et les spads sont rapidement remontés. Nous prenons toutefois le temps d’admirer le paysage. La vue y est magnifique. La vallée du Rhône, les dentelles de Montmirail, et plus loin les Alpes. On dit même que par temps très clair on y voit le mont Canigou !


Descendez on vous demande !



Si en 2001 nous avions déjà fait la descente du Ventoux par le coté sud, nous avons décidé cette année de le faire par la face nord, plus abrupte et il nous semblait plus technique. Quelques 100aine de mètres par la route de Malaucéne en direction de la table d’orientation, puis on atteint le départ du GR4. Un groupe de marcheurs se regroupe. A leur approche l’un d’eux nous indique le chemin d’un air goguenard "C’est par là". Il ne veut pas croire que c’est toutefois bien là que nous allons. Ce qu’il ne sait pas c’est que nous avons opté pour la solution la plus raisonnable en suivant le GR, car il existe une variante qui descend directement par les pierriers.

Cette 1ere partie du chemin est un single accroché à la pente, un peu raide et cassant. Délicat pour un vététiste avec peu d’expérience, il reste très abordable pour les autres. Les épingles sont bien dessinées et se font sur le vélo. Il faut toutefois rester vigilant car à cette heure il y a beaucoup de marcheurs qui montent. 5 épingles plus tard nous avons déjà perdu 160m. Nous croisons la route et replongeons dans la pente. Le chemin y est moins bon car traversé de grosses roches et d’ornières qui obligent à poser le pied à terre. Enfin au détour d’une épingle, le chemin traverse une grosse gravière et rejoint la végétation. Il commence à faire chaud. Le chemin n’est pas large, et il s’agit de ne pas glisser car s’arrêter dans la gravière doit être difficile.

Une fois dans la forêt le single devient plus carrossable. De longues lignes droites terminées par des épingles. Nous croisons des piétons un peu étonnés de trouver des vélos. La pente diminue et nous arrivons enfin aux abord de la station du Mont Serein 500m en dessous de notre point de départ. C’est l’heure d’une 1ere pause.


J’ai pas d’amis en VTT....


C’est en posant son vélo que Lemy constate les dégâts. Les pierres coupantes du chemin ont eu raison de son pneu qui montre une belle estafilade sur son flanc. Il décide de rentrer tranquillement par la route tandis que je vais continuer seul, ce qui ne m’enchante guère.

Je repars donc plus doucement en direction du col du Comte. Le chemin est assez large, mais truffé de caillasse. Je débouche alors sur un carrefour où un groupe de vtt est arrêté. Rapide prise de contact. On va au même endroit et ce sont des locaux. Pas question de laisser le touriste en rade tout seul. Je suis donc adopté. Je m’accroche à la petite troupe qui se met en route. IL n’y a pas à dire, le rythme change du départ !! Ca arsouille pas mal dans un single assez cassant. A l’arrêt suivant j’en profite pour ranger ma carte devenu sans intérêt. On fait les présentations. Mes hôtes forment un petit groupe de riders de la région d’Aix : les J’ai-pas-d’amis-en-vtt comme le nom ne l’indique pas. Moi je commence à regretter de ne pas avoir pris mes protections...

La suite se continu sur un chemin qui s’élargit. Je colle aux basques des premiers. J’ai juste le temps d’éviter celui qui me précède et qui vient de se coller une boite, heureusement sans gravité. Nous calmons le jeu. De toutes façons le chemin devient difficile, très pierreux, pour finalement n’être plus constitué que de gros graviers, puis de pierres. On a l’impression de rouler sur du ballast. Nous devons rouler en permanence en relance, lever la roue avant pour passer des obstacles. Avec la chaleur ce petit jeu devient épuisant. Puis nous devons traverser un gros pierrier que la plupart vont terminer en poussant. Enfin, après un beau single dans les bois nous rejoignons la bifurcation qui va nous mener au col.

Là, Phil notre guide, prend le soin de nous mettre en garde sur le chemin qui suit, plutôt technique. Nous prenons de la distance entre nous et nous élançons dans le single. Phil n’a pas mentit, mais quel régal !!! Le chemin serpente dans une combe, les racines, les pierres et les rochers sont autant d’obstacles qu’il faut surveiller. Il faut être vigilant et piloter en souplesse. On sent la boite de pédalier ou les manivelles frôler de temps en temps les obstacles. L’endroit est trialisant et des marches viennent compliquer la sauce. Au détour d’une petite bosse, une marche. Je plonge le nez du vélo dedans, le cul sur l’arrière. Le chemin est en dévers, et la gravasse fait rouler l’arrière. Par question de poser le pied à terre, surtout dans ma position d’invité, se serait incorrect...Une dernière petite courbe et l’on débouche sur un clairière et une grande piste. Nous voilà arrivé au col du Comte. Nous avons perdu prés de 900m !! Il est 13H, et tout le monde se met à l’ombre des pins pour déjeuner.


Bonus track : le parcours secret.


Normalement le parcours continu en direction de Malaucéne mais mes hôtes me proposent de me faire découvrir une variante qui n’est inscrite sur aucuns guides. J’hésite un peu à laisser mon "assistance" poireauter à Malaucéne mais la proposition est trop belle. Banco ! Nous reprenons nos VTT et sous le soleil du début d’après-midi nous nous mettons en route. Après quelques mètres sur la piste nous attaquons un petit single qui monte à flanc de colline sous les pins. Dur pour repartir, d’autant que la chaleur est "pagnolesque". Notre progression devient de plus en plus difficile et il faut bientôt pousser les vélos. La pente s’accentue encore et le chemin se ferme dans les buis. Il faut porter. Je n’ai plus un poil de sec. Les buis et la pente me rappellent le Vercors mais les odeurs et les cigales ne laissent aucun doute sur ma localisation. Et puis cette chaleur !

Enfin la lumière. Nous arrivons au sommet après 30mn portage. Nous sommes sur une crête avec en face de nous le Ventoux. De là on mesure bien le chemin parcouru. Nous ne prolongeons pas trop notre pause car il n’y a pas d’ombre. La suite se présente sous la forme d’un joli single qui serpente sur la crête avec quelques beaux passages trialisants. Nous traversons des petits bosquets à l’ombre bienvenue et suivons le chemin très ludique.

Puis Phil s’arrête et désigne une troué dans un petit bois dans laquelle s’engouffre le chemin. A priori les choses sérieuses vont commencer. Notre petit groupe part à vive allure sur le single qui brutalement change de revêtement. La terre bien dure et sèche cède la place à de la mitraille. Le gravier, parfois très épais, donne l’impression bizarre de rouler avec un pneu crevé dans de la neige fraîche. On glisse plus que l’on ne roule, le vélo est brutalement freiné lorsque l’épaisseur est importante. Il faut de plus se méfier des projections de celui qui précède. Nous avons manifestement attaqué la descente car le chemin accuse une pente de plus en plus importante. Nous marquons une petite pause, juste le temps que l’on me briefe sur le final. S’ensuit alors une belle arsouille dans une descente en pleine caillasse, alternant le gravier aux pierres coupantes des pierriers. Bientôt quelques épingles, quelques marches. Phil est déjà loin devant moi, mais je vends chèrement ma place. Lorsque la pente se radouci, les obstacles deviennent plus corsés et de grosses pierres parsèment le chemin. En fait il semble que l’on roule dans le lit d’un ruisseau asséché. Encore quelques centaines de mètres et voilà l’arrivée au bord d’une vigne. Quelle descente ! !

Nous terminons calmement par un chemin de servitude puis par un peu de route avant d’arriver sur la place de Malaucéne à la fraîcheur d’une terrasse et d’une bière. Il est 14H et j’aurais mis plus de 3H pour effectuer le parcours. Dommage qu’il faille rentrer au gîte, j’aurais volontiers prolongé ma mission pour VTTnet.


Conclusions


Sans avoir les atouts que des régions très montagneuses peuvent avoir, le Mont Ventoux reste néanmoins un spot VTT à inscrire sur ses tablettes. La variété des paysages et des terrains rencontrés ainsi que le coté ludique et technique des chemins sont les atouts pour passer une excellente journée. Il y a un coté jouissif à jouer du vélo de montagne dans une région telle que la Provence, cela a un coté inattendu. De plus la région est agréable à découvrir sur un VTT avec en particulier les dentelles de Montmirail toute proches ou les carrières d’ocres. Si on ajoute la richesse touristique de l’endroit, entre spécialités viticoles et culturelles, il n’y a que de bonnes raisons pour aller traîner vos crampons là bas un jour.

En résumé :

Quand : d’avril à novembre
Où : départ de Bédouin ou de Malaucéne (Vaucluse France)
Comment : Pour une descente pur sucre la jouer de préférence avec un vtt TS et une manip’ voiture.
Précautions : Suivant les parcours des protections, des pneus costauds, coupe-vent et eau en conséquence les points de ravitaillement sont rares.

Pour qui ? : Du vététiste débrouillé à l’expert suivant les parcours. Débutants s’abstenir ou alors ne pas partir du haut et préférer une descente coté sud au départ du Chalet Reynard.

Renseignements : OT de Malaucéne, OT de Bédouin, OT de Vaison la Romaine.

A lire : Guide du VTT autour du Mont Ventoux. Edition Didier Richard. Carte IGN top253140ET

Le Must : Montée en VTT la veille, puis repos en gîte au Mont Serein, départ du sommet le matin juste au lever du soleil qui est paraît-il un spectacle hors pair.

Merci à Phil, Vince, Denis et ’La Mouche’ pour m’avoir guidé et avoir largement arrosé ce trip de bonne humeur. On recommence quand vous voulez !

Quelques Liens

- Le Mont Ventoux à vélo
- La station du Mont Serein


Reportage : Roue librE
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Auteur - RouelibrE




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