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  Le GarrigueNet


(10/06/2013)

Pour débuter la saison, nous avions été prudents et avions décidé de nous retrouver en avril, dans le sud de la France, histoire d’explorer les garrigues du coté de Sommiére, lieu traditionnellement copieusement arrosé par le soleil. Nobody is perfect ...

Il faut bien avouer que sous certains aspects ce week-end de VTT, première date du RandoNet Tour 2013, pouvait donner à penser à une virée automnale...mais n’anticipons pas.

Vendredi rendez-vous était donné à tous les participants au gîte, par StephW et Corine, nos GO’s du we. Plus précisément dans un camp de vacances, où nous avons retenu des bungalows. Arrivée en ordre dispersé des participants et nul n’étant prophète en son pays, ce sont les plus proches qui arrivent en dernier et les plus éloignés les premiers. Biblique ! Julien arrive des Vosges quasi en même temps que Gaëtan et Philippe, nos Belges venus chercher le soleil. Et mauvaise nouvelle pour eux, le bar du camp est fermé ! Pourtant l’endroit est loin d’être abandonné, car en ce week-end d’avril il est occupé par quelques vacanciers, pour une bonne part belges, persuadés, comme nous, de trouver du soleil et un chaud printemps sous les cieux du sud. Tout le monde peut se tromper...Cela ne va pas nous empêcher de passer une agréable soirée, retrouver les anciens, accueillir les nouveaux, et surtout parler météo.

"Moins de 5 km plus tard, les lois de la physique et de l’hydrologie sont respectées : je suis trempé et je ne suis pas le seul"

Le lendemain matin, c’est sans surprise que nous découvrons un temps couvert et une fine pluie. Pas très motivant tout ça ! On trainasse devant le café. Philippe « Magic » n’aime décidément pas le Nescafé et réclame son Nutella !... dehors la pluie bruine un poil plus. Bizangoo et Plume, qui ont voyagé par train de nuit, arrivent directement de la gare et confirment : ça mouille ! On finit par se décider à y aller. Il fait froid, il fait du vent et il fait de plus en plus humide. Corine propose une photo de groupe, tandis que Stéphane notre GO doit régler en urgence un problème d’intendance avec le gîte. On se « caille les meules sévère » en l’attendant, et tentons de ne pas prendre la pluie en nous serrant sous un porche. Erval craque le premier et renonce à se présenter au départ.

Photo de groupe, et on part devant le regard éberlué de touristes Belges en imperméable, bottes et sous des parapluies, venus ici chercher le temps qu’ils avaient chez eux.

Moins de 5 km plus tard, les lois de la physique et de l’hydrologie sont respectées : je suis trempé et je ne suis pas le seul. Nos Belges eux, entraînés XXL contre la pluie, sont équipés comme des hommes grenouille et se jouent de la pluie. Le pantalon me colle aux mollets, l’eau ruisselle le long de mon cou. 6°, j’ai froid aux mains. En prime mon environnement m’apparait déformé : la pluie et les lunettes ne font pas bon ménage. Quelle merde ! Pourtant quand on attaque les singles on sent un sacré terrain de jeu. Ça pif et ça paf, et malgré la pluie le terrain reste roulant, sans trop de boue. Je sens mes chaussures se remplir d’eau. J’arrive pas à "rentrer dedans", je subis et trouve un maigre plaisir. Et même si les passages dans les singles me réchauffent le cœur, les liaisons, elles, me cassent le moral.

Nous arrivons dans un village. J’attends Calim’ et du coup je perds le reste du groupe. J’ai bien le gps mais celui-ci décide de me lâcher. Il faut changer les piles ! On trouve un endroit à l’abri. Je descends du vélo. Floc-floc-floc... ce ne sont plus des chaussures, ce sont des éponges ! Les gants sont eux aussi trempés. Le sac est bourré de boue. En l’enlevant je sens l’eau couler dans le dos. J’ai de la buée plein les lunettes. J’ai froid. Je décide donc de craquer... J’informe Magic et Bizangoo venus à notre rencontre, que je rentre, que je bâche, que j’abandonne, que je me défile ! C’est la 1ere fois que je fais ça en randoNet. Calim se propose de m’accompagner pour ne pas me laisser rentrer seul. Je change les piles du gps, j’inverse la trace. Au moins on ne va pas faire de la route. Et le fait est que nous arrivons quand même à nous amuser dans les singles du retour. Calim me branche en permanence "ça guenille !". On se réchauffe en se tirant la bourre. Pour un peu on aurait des regrets d’avoir abandonné les copains.

Sur une piste je sens un jeu dans mon pédalier. Je m’arrête à un carrefour. Put.... la manivelle est en train de se barrer !!! C’est la totale !!! J’ai bien évidemment pas l’outil Shimano qui va bien. Je resserre les vis. Plus de jeu. On repart... mais on se trompe et on va trop loin. Demi-tour... le froid commence à me gagner sérieusement. Dans une montée je sens que le jeu revient dans le pédalier. Plus question de m’arrêter. La route enfin, la montée au gite (putain de coup de cul !!!). On se désape dehors sous la pluie, tant on est dans un état lamentable. Enfin la douche. Il faudra de longues minutes avant qu’enfin je me réchauffe un peu... nous aurons quand même fait 29Km.

De leur côté, ceux qui n’ont pas fait les fillettes, sont bien trempés et refroidis, mais les jolis singles les appellent à continuer. Julien qui découvre ce qu’est un RandoNet , a les pieds qui se glacent et les pouces n’arrivent plus à appuyer sur les sélecteurs de vitesses ! La pluie n’arrête pas et le froid est glacial ! Et il n’est pas le seul à souffrir. Finalement avec Guillaume, ils décident eux aussi de lâcher le groupe et de rentrer au gps.

Et il raconte : « Cela s’est fait par de la piste, avec encore et toujours de la flotte et du froid.
Arrivée en bas de la garrigue, dans les vignes, il y avait encore plus de vent et de pluie. On voyait le gîte, mais il y avait encore un dédale de chemins qui nous rallongeait et encore et toujours des flaques d’eau.

J’ai terminé en poussant dans la dernière montée, je ne sentais plus mes pieds. La sensation est bizarre. Au gîte, direct à la douche habillé, tant on était maculé de boue ! Dans la douche, l’eau froide paraissait brûlante tant on avait froid »

C’est ainsi que nous verrons arriver les autres, par petits paquets, au fur et à mesures des abandons. Le reste de la journée sera consacré au lavage des fringues et à une visite du beau bouclard de Sommières et pour certains de la ville de Nîmes toute proche. La fin de journée sera classique pour un randoNet... "bièring" amical, une séquence présentation de maillots pour la future tenue VTTnet, et un reconstituant repas dans une bonne ambiance avant une bonne nuit de sommeil.

"Ici les chemins ne "serpentent" pas, ils "escargottent" !"

Le lendemain, on constate que nous avons bien fait d’égorger le chien du voisin sur l’autel de la météo, car le soleil est au rendez-vous. Le fond de l’air reste frais mais on promet de belles températures dans la journée. Le moral remonte pour tout le monde. On s’affaire à remettre les vélos en état pour la journée à venir. Koyote m’aide à réparer mon pédalier. Il reste, comme moi, dubitatif, ne parvenant pas à comprendre ce qui se passe.

La photo de groupe est plus agréable que la veille et c’est un joyeux groupe qui dévale la pente en direction de la voie verte, qui doit nous emmener au départ de la rando. Je ne verrai jamais la voie verte. Moins de 3km après notre départ, mon pédalier est de nouveau desserré. Conférence au sommet avec Koy et Big Jim, les Bike Doctors de VTTnet. On décide de remonter au camion atelier de Big Jim et d’opérer. On rejoindra le groupe plus tard.

Une fois sur place, avec Mister Big, on élimine petit à petit les causes possibles. Une 1ere réparation avec un changement complet de la boite de pédalier ne nous donne pas satisfaction. Finalement on optera pour la solution cannibale, en piquant le pédalier tout neuf du 2eme vélo de Big Jim, un Intense flambant neuf ! 1h30 après le départ du groupe nous sommes de nouveau en selle au kilomètre zéro de la rando. Big Jim vient de me sauver le week-end ! Qu’il en soit remercié une fois de plus ici !

Départ le nez dans le vent, frais et fort. C’est plat. Puis rapidement une grosse montée par une piste avant d’attaquer nos 1ers singles. On monte par un single en lacets. Je dois rester vigilant avec le gps et on doit parfois chercher un peu notre trace. Après une longue montée sous le soleil, on se lâche trop dans une descente "power plate", qui nous secoue bien. Il faut remonter en "off road" pour retrouver la trace.

La suite est un pur moment de bonheur VTT. Imaginez une heure de singles non-stop ! Une progression dans la garrigue, une succession de virolos entre les arbres, puis un chemin accroché à la pente, avec des dévers qui demandent de bons crampons.
On relance en permanence. C’est fatigant mais ludique à souhait. Nous arrivons enfin à un point haut, aux ruines d’une chapelle. On attaque la descente. Elle est ludique, parsemée de petits obstacles. Et elle est longue. On croise une troupe d’enduristes à l’entrainement. On reprend la trace, qui serpente dans un bois. Marches, compression, virages... une fois en bas on a la banane !! Un peu de plat dans la vigne et voilà dans notre ligne de mire Koyote et Bizangoo qui viennent à notre rencontre. Nous apprenons que le groupe et au repos plus loin. S’en suivent 3 km de single au fond d’une vallée qui nous achèvent ; ici les chemins ne "serpentent" pas, ils "escargottent" ! Enfin le groupe et le délicieux panier repas préparé par Corinne.

"Il ne reste que 6 bikers sur le gros parcours et on se traine lamentablement !!!"

En mangeant je constate qu’il y a eu des dégâts parmi les participants. On décide donc de faire 2 groupes. Je prends les "petits mollets" qui feront le parcours, nettoyé d’une boucle de 8 kilomètres, Stéphane lui part avec les costauds, pour faire le parcours intégral.

Rapidement la fatigue se fait sentir et notre groupe s’étire de plus en plus. Il faut dire qu’il fait de plus en plus chaud. On progresse dans la boue, puis il nous faut gravir le flanc de la combe par un single qui demande constamment des efforts, à en tirer le cintre en se couchant sur le vélo. Certains renoncent et poussent. A une jonction nous décidons de nous séparer, les plus fatigués rentreront par la route.

Nous restons trois à repartir, Sébastien et Calim continuant l’aventure avec moi. On attaque la remontée sur le plateau. On va y laisser des watts. J’arrive enfin au sommet et au sortir du virage j’aperçois un maillot VTTnet. C’est le groupe des gros mollets que nous venons de rattraper ! Ils ont l’air bien cramés. On les laisse partir, non sans intégrer Magic avec nous.

Et il ne vont pas faire semblant les gros mollets, que nous laissons partir. Koyote rapporte :"On renchaine des sentiers qui zigzaguent dans les arbres, les buissons, les ruisseaux,... ça monte et ça descend, juste des coups de cul de 3m à passer en force et des descentes en apnée pour rester concentré. On doit rouler à 7 ou 8km de moyenne !!!
Ça continue, paysages top, on alterne sur des passages en terre noire genre montagnes russes.Et encore 1km de fait... gauche, droite, gauche, droite, gauche, droite, éviter les arbres avec les épaules (ou la tête... hein Magic ?), sprint entre les buissons avec Bizangoo, ça nous arrache les mollets au sens propre et au sens figuré.
Les organismes souffrent, le moral aussi.
Il est 4h, il reste encore 15km de VTT à faire !!! On est 14 au RandoNet...et il ne reste que 6 bikers sur le gros parcours et on se traine lamentablement !!!"

De notre coté, les petits mollets, même si nous sommes nous aussi fatigués, nous avons plaisir à nous tirer la bourre dans cette fin de parcours. Nous allons enchainer 10km de single sur un plateau de garrigues. 10 km exigeant, sans répits, tout en relance, sur un sol parfois bien miné. La moindre montée est arrachée au moral, la moindre descente négociée à toc. Visibilité nulle dans les pif-paf où l’on entr’aperçoit celui qui nous précède, à qui on a bien entendu très envie de mettre la pression.

Enfin le dernier coup de cul, une mauvaise piste sous le soleil. Et la dernière descente bien caillasseuse sera l’occasion de bien lâcher les freins. Comme dit notre Président, un semi-rigide ça va moins vite qu’un tout suspendu mais on a plus de sensations. Alors je m’en donne plein. On allume bien, on saute, on prend de bon appuis. Bref on se régale. Regroupement. On commente, on repart et enfin le village. On se refait le match sur une terrasse devant une bière fraiche, avant de rentrer à notre camp de base. Douche, bagages, gouter et derniers adieux, car nous sommes quelques un à devoir partir ce soir.

Pour ceux qui restent et dont les derniers arrivent après 6h de roulage, c’est une douche bien méritée, une petite bière et le poulet à la provençale qui les attend. «  J’arrivais pas à m’arrêter de manger ! » dira Julien qui lui reste jusqu’au dernier jour.

Le lendemain la météo est de nouveau capricieuse. Le reste du groupe décide de lever le camp. Une partie s’en va en voiture l’autre se retrouve à attendre un TGV dans la gare de Nîmes et y dresse un campement provisoire.

Ça mange, ça lit, ça dort et ça rigole. Corine remballe très soigneusement son Sunn à l’aide de pleins de petites protections faites maison. Jérémy se moque un peu d’une telle débauche de soins... Gaëtan tente désespérément d’échanger son billet pour un horaire plus tôt, mais sans succès.

Un dernier café collectif sur une place sous un maigre soleil et Julien est le premier à partir. Petit pincement au cœur. Les derniers arriveront très très tard chez eux. Fin du premier randoNet de l’année. Mais malgré une météo pourrie tous auront eu plaisir de rencontrer d’autres amoureux du VTT et de partager un week-end où la bonne humeur se moque du froid et de la pluie...

Vivement le prochain !

Ils ont dit :

Sébastien -1ere participation - : "Bilan de cette première participation à un randoNet : Un groupe super sympa, des circuits excellents, une organisation tip top...c’est vrai que lorsqu’on y a goûté on en redemande... mais pas tout de suite, j’ai mal partout !

Bilan du VTTiste débutant que je suis : il y a quand même des grands malades qui passent partout !!! Va falloir apprendre pour faire comme eux. Heureusement pour moi le parcours était parfait pour mon niveau et surtout très ludique dans les phases plates ou descendantes. Par contre les montées non roulantes, j’ai l’impression de pousser tout le temps

Merci à Koyote pour tous ses conseils sur le réglage d’un vélo et pour les astuces techniques pour le cycliste (je ne suis pas sûr d’avoir tout retenu...) ! Merci à Corine et Stéph pour leur organisation et les excellents sandwichs ! Merci à tout le groupe pour la sympathie et l’ambiance !"

Julien - 1ere participation - : " Ça fais plaisir de rencontrer d’autres amoureux du vtt. Et de partager un week end comme cela. Ça a été un plaisir de discuter et de rouler avec chacune des 13 personnes présentes plus ou moins longtemps.

Il est très fort probable que je reviennes ! Cela vaut vraiment le détour, même si faire 650km pour trouver les mêmes conditions météo voire pire que chez soi, ça fous un peu les boules !

Et j’allais oublier : bravo et merci à Corine et StephW, nos GO’s, pour cette super organisation !

Au plaisir de vous revoir tous sur des singles !

Julien, qui a approuved les randonets !"

Antoine - Vieux briscard - "
2 jours de plaisirs ; plaisir de rouler, plaisir de partager cela en bonne compagnie, plaisir de rencontrer de nouvelles tête. Merci à tous de votre bonne humeur, merci 10000 fois à Big Jim qui m’a sauvé d’une belle galère et qui a sacrifié une partie de la sortie pour m’aider et surtout un très grand merci à Corine et Stéphane pour leur organisation et au temps consacré à celle-ci, pour nous offrir un superbe we.

Et comme d’hab’ les absents on eu tord : !!!"


Plume - plusieurs participations -
"
Mes intra-auriculaires enfoncés profonds dans les oreilles, j’envoie ma liste de morceaux préférés, je ferme les yeux, et je danse sur les sentiers avec des milliers d’arbres qui virevoltent autour de moi."

Calim - Local de l’étape - "Les randoNets devraient être remboursés par la sécu !!"

Crédit photos : Koyote, Julien, SW, Magic



Auteur - RouelibrE




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