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  Le NancyNet


(12/11/2013)

Le NancyNet 2

Ce NancyNet 2, c’était le premier de bibi. Comme dans bien des groupes, collectifs, gangs, posses et autres clans, quand un nouveau pointe sa fraise, faut bien lui faire comprendre qu’il est nouveau ; alors, on lui demande de faire une ou plusieurs choses pour marquer sa venue. Avant le randonet, on m’avait parlé de gobage de Flamby, et je m’étais dit, bordel, chouette, ça c’est du bizutage sympa. Mais, au final, je repartirai seulement avec le mandat impératif de rédiger... un compte rendu pour le site Web. Cool, mais j’aurais préféré, je crois, gober des Flamby. Non que l’écriture me soit un exercice difficile, mais qu’est-ce qu’on peut bien dire d’un randonet aux quelques bougres qui, en tapant « club VTT » sur le merdoduc, viendraient à tomber sur le site de notre association ? Eh bien, j’en sais toujours rien, et je vais donc laisser mes doigts tapoter sur le clavier de l’ordinateur, ils finiront bien par trouver quelque chose à dire qui séduira le badaud 2.0.

Dialectique du hachis

Tout a commencé le jeudi, du moins pour bibi - car les camarades nancéiens qui nous recevaient, ça faisait déjà un moment, eux, qu’ils bossaient pour que tout se passe bien. Après une heure et demie de vélo depuis la gare, j’arrive enfin au château de Remicourt, la base arrière de ce randonet qui, malgré son nom, n’est qu’une simple auberge de jeunesse. (En réalité, il faut seulement vingt minutes pour la rejoindre depuis la gare, mais je me suis perdu bien des fois, me tapant des cotes vénères que j’aurais très bien pu éviter, bref...)

Il fait nuit, et, sur place, je ne trouve que deux Nancéiens - les organisateurs -, qui s’apprêtent à installer la table pour la bouffe du soir. Autrement dit, malgré mon retard, je suis le premier des non-Lorrains à pointer mes roues. Après les présentations de rigueur, on finit d’installer la salle, on récupère le hachis Parmentier dans les frigos de la cuisine, on accueille les randonetteurs qui arrivent au compte-goutte de tous les coins de l’Hexagone - et, même, au-delà (VTTnet est international !), tout en sifflant quelques (petits) verres de bière. [Bon, je vais accélérer, mon clavier me dit que ça devient un peu chiant, là, le compte rendu ; le salaud.] Bref, on bouffe, on picole et on essaie, bien en vain, de terminer les kilos restants de hachis. Ça parle un peu VTT, mais pas trop quand même, ça déconne bien, et c’est tant mieux. Quand on ne connaît pas, on se fait forcément des idées, et souvent elles se révèlent être à côté de la plaque. Et mézigue, avant le jour J, il craignait de débarquer dans un groupe monomaniaque parlant en permanence de vélo, en mode qui-a-le-plus-gros-le-plus-cher-le-plus-suspendu-le-plus-léger. Et, de fait, je me plantais (comme j’allais pas tarder à le faire dans mes premières épingles), car l’ambiance ressemblait à tout sauf à ça. Ouf.

Singles sous le soleil lorrain

Le lendemain, vendredi, on sort les VTT du local, on les met dans ou sur les bagnoles, direction le point de départ de cette première journée de rando, à quinze minutes de voiture environ de l’auberge. La météo semble plutôt clémente et tout le monde croise les doigts pour qu’elle le reste. Les vélos sortis et montés, c’est le grand départ. [Et c’est là, aussi, où je ne sais plus trop quoi raconter, mais n’ayez crainte, les aminches, je vais bien trouver quelque chose.] Ma première chute arrive assez vite, lorsqu’il s’agit de descendre une série de marches humides et que ma potence décide d’aller voir à gauche (c’est toujours mieux que d’aller voir à droite, cela dit), alors, que pour le coup, j’aurais bien aimé qu’elle reste dans le droit chemin (qui n’est pas celui de droite, hein !, on l’aura compris). En résumé, disons que cette première journée fut une belle virée de singles, du genre à bien vous casser les gambettes - surtout quand elles relèvent davantage de la cuisse de grenouille que du jambonneau de vététiste.

Globalement, le terrain ne grimpe pas trop, mais on doit relancer en permanence, et c’est, pour ma part, la principale difficulté de la journée, avec, bien sûr, les épingles. Ah, justement, ces foutues épingles... Il y en avait quelques-unes, ce vendredi-là. Rien que le nom - « épingle » -, ça ne vous rassure pas ; et quand on me dit : « Alors là, tu vas voir, y a plein d’épingles », je dis « D’accord », mais je me demande dans quoi je vais foutre les roues. Et, de fait, malgré les précieux conseils de mes petits camarades expérimentés, y avait pas grand-chose à y faire : pour passer une épingle, soit je fous le pied à terre, soit je passe par-dessus le vélo avant que celui-ci ne me retombe sur le buffet (et c’est là qu’on se réjouit d’avoir un cadre en carbone). Bon, faut bien le dire quand même, je suis loin d’être le seul à me la péter, la gueule. Outre les épingles, les singles et les relances permanentes, notons aussi un épisode « cueillette de champignons au milieu des vaches », les nombreuses crevaisons du camarade Fab’ (l’était toutefois pas le seul) et, surtout, une course de vitesse autour de fortifications en ruine. De retour à l’auberge, en fin de journée, on a le droit à une petite session essayage des futurs nouveaux maillots du club, laquelle dévoile le goût immodéré de certains pour les fringues saillantes.

De la boue et des étudiantes dégénérées

Samedi... Samedi, niveau météo, c’est la misère. On part de l’auberge sur nos montures sous un crachin acceptable qui ne tardera pas à le devenir de moins en moins. Et si, dans un premier temps, on se réjouit un peu qu’il flotte moins que ce qui était prévu par Météo France, on déchante vite. D’autant que, pendant la nuit, il est tombé des cordes et que certaines parties de la rando sont gorgées de bouillasse. Le terrain est différent de la veille, ce qui est très appréciable (« Tout le plaisir est dans le changement », qu’il disait, l’autre). Différent, donc, mais pourvu de quelques épingles. On s’y essaie tous - pas le choix - et, ô miracle !, j’en passe certaines, sans pied ni tronche à terre. L’ex-président du club VTT de Ludres nous rejoint en cours de rando, monté sur... un VTT électrique aux allures de vélo hollandais (rarement vu une potence aussi haute). Plusieurs d’entre nous essaient la bête (le vélo, pas le président), certains trouvent ça inutile quand d’autres se disent que, dans quelques années, il se pourrait bien qu’ils investissent là-dedans... histoire de continuer à rouler, en faisant fi de certains inconvénients dus à l’âge ! Le passage le plus intéressant et le plus délicat de cette journée est sans doute le single qui longe des falaises abyssales. Truffé de racines mouillées, de caillasses et de dévers, on ne se sent pas toujours très à l’aise et on évite de regarder le précipice sur la gauche. Mais c’est un bon moment de VTT. Et de rigolade aussi, notamment au moment du passage d’une marche plutôt imposante et particulièrement casse-gueule où je découvre, grâce à un des randonetteurs, qu’on peut tomber deux fois en une seule chute (au moment du passage, puis en se relevant). Malgré tout, la pluie, le froid et la boue finissent par avoir raison de nous et on amorce le retour avant d’avoir terminé le trajet originellement prévu.

Retour à l’auberge, donc, où on se réchauffe bien vite après s’être décrassé sous la douche. Repas sur un coin de table (on bouffe ce qu’on aurait dû manger pendant la rando), puis apéritif royal suivi d’une assemblée générale de l’association quelque peu chaotique. Chaotique, car perturbée par le week-end d’intégration d’une école de communication du coin qui avait loué la salle qui jouxtait la nôtre. Après plusieurs tentatives pour leur faire comprendre que, bordel, une porte, ça se ferme (fallait entendre leur « musique »...), une horde d’étudiantes a envahi notre salle pour nous en sortir et nous pousser dans la leur... On y est resté un petit quart d’heure, avant de finalement retourner à notre AG qui ne parvint pas à retrouver un cours normal !

Le lendemain, dimanche, c’était le jour du retour. Pour ma part, je suis reparti en fin de matinée avec les deux autres randonetteurs parisiens. Ceux qui sont restés un peu plus longtemps en pays lorrain ont eu droit, dit-on, à une chouette visite d’un Nancy occupé par un marathon. Personne ne semblait avoir la motivation suffisante pour remonter sur les vélos arpenter les sentiers de la région...

Au final, ce randonet, qui pour moi était le premier, fut un excellent moment de convivialité et de vélo. Et même si la météo était quelque peu capricieuse, il n’en reste pas moins qu’on en a tous, je crois, bien profité. Car c’est le genre d’initiatives qui nous sort d’un quotidien parfois oppressant, qui nous rassemble et qui nous permet de goûter un peu à une certaine liberté. Et dans cette époque plus morose que rose, ce n’est pas rien.

Guillaume

Crédit photos : Koyote & Lorenzo

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Le NancyNet 2 from VTTNET on Vimeo.







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