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  Cédric Gracia


(9/12/2002)

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Cédric Gracia est probablement l’un des pilotes les plus talentueux
du circuit mondial de descente et de 4X. Au lendemain de l’arrêt pour le moins brutal du team
Cannondale dont il était l’une des figures emblématiques et à la veille d’une saison 2003 qui
s’écrira pour lui sous d’autres couleurs, Cédric a accepté de répondre aux questions de Planet VTT.
Portrait d’un pilote talentueux sous " haute tension"...

Si on veut s’essayer au jeu à la con des comparaisons hasardeuses on pourrait dire que si Nico
Vouilloz est une sorte de Prost du VTT, roi de la trajectoire bien léchée, Cédric Gracia serait
plus un torero, avec tous les accessoires, l’habit de lumière, la foule, les olés et les femmes en
pâmoisons. Normal, car chez l’enfant du Sud-ouest c’est peut être, comme le chante Nougaro "
l’Espagne qui y pousse un peu sa corne ". Il a le sens du spectacle et du panache, comme on peut le
voir lors des courses de taureaux. Vincent Saccomani (*) dit de lui que " c’est un vampire qui se
nourrit de nous ", nous, son public. Donner du plaisir, en prendre, avant même la gagne ou la
perf’. Gracia c’est d’Artagnan sur un VTT !

Mais avant d’en arriver là, Cédric a fait des rencontres.

Et la 1ere c’est celle qu’il fait avec ses drôles de petits vélos venus de l’autre coté de
l’océan. Comme beaucoup de top-riders, Cédric touche d’abord au BMX. Tôt, très tôt. Et déjà avec
talent. A 6 ans il attaque sa 1ere course. A 12 il fait partie du team du moment, le team Chipie.
Il y fait sa 2eme rencontre importante, car il y croise celui a qui il voue encore un respect et
une amitié indéfectibles, Max Commençal.

Et il enchaîne. Grave le garçon, très grave ! Champion de France. 6 fois. Champion d’Europe, 2
fois. Et puisqu’il y est pourquoi pas Champion du Monde ? Vendu ma bonne dame !

Mais comme rien ne l’arrête, il entame en parallèle le ski à haut niveau. Et a 12 ans il stoppe
le BMX pour se consacrer entièrement au ski alpin. Et il faut croire que les bonnes fées du sport
se sont penchées sur son berceau et lui en ont mis une bonne couche, car Cédric Gracia se voit
proposer d’intégrer un centre d’entraînement dans les Alpes parmi la crème des crèmes. Il a 14 ans.

Il quitte sa famille et part pour Chamonix. A 14 ans il ne peut pas vivre seul, et est
accueilli dans ce qui va devenir sa 2ème famille dont un des enfants s’entraîne avec lui au centre
de formation. Il doit bosser dur, le ski est une école de volonté. Il assure les résultats, et
rentre dans le circuit international. Mais la discipline et la rigueur lui pèsent.

Et là encore Cédric fait une rencontre : le fils aîné de sa famille d’accueil court lui en VTT de
descente. Il le pousse à essayer et à s’inscrire sur une course. Grâce aux contacts qu’il a gardés
chez Sunn-Chipie il se procure un vélo. On lui fournit même les fringues et les protections, et la
promesse d’une place dans le team en cas de bon résultat.

A la Bourboule ce jour là Cédric fait l’amalgame entre son sens de la pente et de la
trajectoire acquis sur les skis et son talent de pilote de BMX : 18eme au stratch, 3eme dans sa
catégorie. Une étoile est née !

Alors terminé le ski, les entraîneurs, les contraintes. Have fun man ! ! Il intègre ce qui est
le plus gros team du moment et va passer 6 ans au coté de Max Commençal dans une équipe qui compte
ce qui se fait de mieux dans le VTT. Il court aux cotés de Nicolas Vouilloz et d’Anne Caroline
Chausson. Lorsque Max se fait débarquer, Cédric ne se sent plus chez lui dans le team. Il décide de
partir. Mais pas n’importe où. Cédric veut du XXL...

Le rêve américain

Il le dit lui-même : "je rêvais de vivre aux US et mon sport m’a permis de le faire". Il signe
chez Cannondale et devient un "frenchy rider" au pays des cow-boys. Une véritable expérience
humaine et professionnelle. Car si Cédric aime avant toute chose prendre du plaisir sur un vélo, il
aime aussi le beau matos, et Cannondale est un laboratoire. Il participe activement à l’évolution
des vélos du team. Et il n’oublie pas de se construire une image. Pragmatique, il sait qu’une
carrière se gère, et sans courir après les dollars à tout prix il sait faire les bons choix. Il
devient vite un acteur connu et reconnu du circuit Norba et de l’UCI. Cannondale est une grande
équipe, qui a de l’ambition et qui fait du business. Elle se donne les moyens de réussir : matos,
équipe, dollars. Cédric se gave de vtt, assouvi sa passion des belles voitures. La fête, les
filles, les podiums, les belles voitures, le public...American dream is possible !

Et brutalement Cannondale annonce à la fin de la saison 2002 son retrait de la compétition et
l’arrêt du team. Coup dur et grosse déception. "J’ai été surpris de la décision de Volvo car le
team était un très bon argument marketing"
. Mais il ne reste pas amère sur ces années "cela a été
une très bonne expérience, (Cannondale) m’a aidé à me construire une image"
.

Retour au pays de la baguette. Il laisse derrière lui une équipe avec
laquelle il entretenait de très bons rapports. Et puis il y a Anne Caro avec laquelle il avoue
"être très lié". Une amitié qui date de l’époque Sunn.

Mais "tout a une fin". Pas d’amertume donc chez Cédric. Affaire suivante !!

La suite donc !

Et la suite va sûrement s’écrire sous une forme que Cédric ne veut pas nous révéler car il n’a
encore rien signé. Une chose est certaine il s’engagera de nouveau simultanément en DH et en 4X.
Cette dernière discipline a d’ailleurs sa faveur "bonne pour la TV et le spectateur". Car Cédric
est un showman qui aime en donner à son public, et se donner à fond. La nouvelle mouture du dual
est un bon moyen pour lui d’exprimer toute sa fougue et sa générosité à un guidon. Il aime que ça
frotte, que ça bastonne. Cédric vient de la "race" et ça se voit. Avec lui sur une piste tu en as
pour tes kopecks !

Coté objectifs il dit lui même qu’il ne prendra que "les titres que je
mérite"
. Mais n’a- t-il pas au coin de l’esprit un petit bout d’arc-en-ciel ? En attendant, il
ajoute avec humour "je roule souvent au-dessus de mes pompes, c’est pour cela que je tombe et que
je ne gagne pas"
.

Peut être aussi parce qu’il dit : "j’en garde sous la pédale car l’après course m’intéresse
également"
. Tient-il cela de son Sud-ouest, mais toujours est-il que Cédric aime la fête. Il
n’envisage pas le circuit sans les " afters ", de préférence bien arrosé en potes et en filles !
Car c’est aussi cela Cédric, un hédoniste du VTT, a qui il ne faut pas parler d’entraînement, de
randos pour le fond, de cross : "finis les conneries !" répond-il. Pragmatique dans son approche
du monde de la descente et de la compétition en général, il reste attaché avant toutes choses à la
notion de plaisir. Il est pro ? "Je m’éclate tous les jours". Le dopage : "je m’en branle ! Ca
ne touche pas la descente et le 4X"
. Chez lui compte d’abord la notion de plaisir sur un vtt. En
prendre et en donner, le plus longtemps possible. L’après VTT il n’y pense pas. Mais il n’a pas
oublié le passé, et lorsqu’on lui demande ce qu’il a envie de dire aux lecteurs de Planet VTT il
répond, comme Max : "Va rouler ! ".

(c) VTTnet Décembre 2002 Photos avec l’aimable autorisation de Cannondale (*) Vincent
Saccomani, journaliste, auteur d’une interview de Cédric dans le mensuel Big Bike Magazine N°1

Quelques Liens

- Le site de Cédric

- Retrouvez Cédric sur le site de Cannondale

Texte & Interview : - rouelibre@vtt.org



Auteur - RouelibrE




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