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  MIGUEL MARTINEZ


(25/08/2003)

<REP|SITE/2003/martinez>

Rencontre : Miguel Martinez

La 3eme étape du Dauphiné Libéré partant de Vienne, à un jet de pierre
du terrain de jeu de votre serviteur, il ne m’en fallait pas plus pour aller jouer du magnéto au
départ de cette course, certes de route, mais où l’on pouvait trouver un champion du monde, doublé
d’un champion Olympique de VTT sur la ligne de start.

Lorsque l’on est un habitué des rendez-vous VTT, débarquer sur une course de route, c’est se
plonger dans un autre monde. Il n’y a pas à dire, la route c’est populaire et les moyens ne sont
pas les mêmes qu’en vtt. Le Dauphiné Libéré c’est l’antichambre du Tour de France, donc toutes les
grosses formations sont là. Véhicules rutilants, noms évocateurs, et des champions qui passent à
quelques mètres de nous. Mais moi ce qui m’intéresse en ce jeudi matin c’est le team Phonak, car
c’est dans cette équipe Suisse que court le champion français Miguel Martinez. 1er contact avant
l’interview. Il ne se surnomme pas ’mini-mig’ pour rien. Je regrette presque mon mètre 90 et en lui
tendant la main j’hésite à serrer, ne vais-je pas la casser ? L’arc-en-ciel qui orne le col de son
maillot me rappelle que ce type a tout gagné sur un vtt. D’ailleurs son gabarit a probablement étè
un atout. Léger en montée, souple en descente. Le regard est franc et le bonhomme plutôt sympa,
ouvert. Tandis qu’il se prépare j’observe une foule de passionnés de tous horizons. Un monsieur
d’un certain age s’adresse à la chargée de presse du team. Il a un livre sous le bras. Il l’ouvre à
la page d’une photo d’un cycliste en arc-en-ciel et datant de quelques années. Je reconnais le
manager des Phonak, Freuler Urs, multiple champion du monde de vélo à qui je viens de serrer la
louche. Virenque passe, une meute de chasseurs d’autographes se lance à sa poursuite. Des coureurs
d’un gros club, local qui font la course, viennent admirer les BMC qui équipent les Phonak, des
machines au cadre très particulier. Lorsque Miguel sort du camion un groupe de fans s’approche. Le
champion français n’a finalement rien perdu de sa popularité en passant à la route. Stressé par
l’approche du départ il accepte gentiment de nous consacrer du temps pour répondre à cette petite
interview express afin de parler de VTT au milieu de cette ambiance ’route’.

Tout d’abord Miguel merci de répondre à nos questions. Au lendemain
de ta médaille Olympique tu as décidé de prendre du champ avec le VTT et de te lancer sur la route.
C’est aujourd’hui ta 2eme saison. Quel bilan tires-tu de cette 1ere expérience en tant que cycliste
pro sur la route ?

"Un bilan très positif. J’ai eu de très belles expériences. J’ai vécu une très bonne saison
l’année dernière avec l’équipe Mapeï, mais maintenant c’est ma dernière année car je pense revenir
au VTT. J’ai vu ce que je voulais voir sur la route, mais pour gagner c’est très difficile de
rivaliser avec les meilleurs donc je préfère retourner dans la discipline où je suis le meilleur. "

Ce n’est pas trop difficile de se faire accepter par une équipe pro de route lorsque l’on
arrive du VTT ?

"C’est très difficile mais j’avais été très bien accepté au sein de l’équipe Mapeï, ils
m’avaient laissé libre au début. J’ai fait une très belle saison avec la participation au Tour de
France. J’ai fait mon apprentissage grâce aux conseils de l’équipe. J’essaye de faire encore mieux
cette année chez les Phonak. Sachant que c’est ma dernière année j’essaye de finir sur une bonne
note. "

Revenons au VTT. Tu es toujours sous contrat avec Full Dynamix ?

"Je suis toujours sous contrat avec Full Dynamix pour cette saison, mais l’année prochaine je
vais totalement changer, mais pour l’instant je réserve la surprise. "

Pour cette saison quels sont tes objectifs en VTT ?

"Pour 2003 le Championnat du Monde de VTT, mais tout dépend si je dois faire la Vuelta en
route. Si je dois courir sur route en août c’est clair que je peux effacer le Championnat du Monde
VTT. Par contre si je n’ai pas d’objectif sur la route je pense pouvoir jouer ma carte cette année
en VTT. "

Et pour 2004 tu as des objectifs fixés ?

" Comme en 2000 : essayer de tout gagner ! "

Jeux Olympiques ?

"Jeux Olympiques compris. Oui, même en 1ere place ! Ensuite les championnats du monde et la
Coupe du Monde. "

Et au niveau des teams, tu as quelque chose de prévu ?

" Oui j’ai quelque chose de concret en vue mais pour l’instant je préfère tenir ma langue. Il
faut attendre encore un peu, ce sera la surprise. "

Sur un chapitre plus général, le VTT est actuellement un peu en crise, et le XC semble
souffrir un peu plus que les autres disciplines. Tu as un avis là dessus ?

" En crise... C’est vrai que le monde du vtt subit lui aussi les problèmes de l’économie
mondiale. C’est aussi le cas pour le cyclisme sur route. Mais le sport, l’effort, l’envie de gagner
restent les mêmes. Alors même s’il y a moins d’argent que les années précédentes ce n’est pas
grave, car c’est toujours l’envie qui fait marcher la machine. "

Et penses-tu que le VTT souffre d’un manque de moyens, car quand on regarde autour de nous,
ici au départ du Dauphiné Libéré, les équipes de route et leur logistique, ce n’est pas du tout le
même monde que le VTT ?

"Non, bien sur ce n’est pas le même monde, mais cela reste du vélo, et que ce soit du vtt ou de
la route on prend un vélo, un départ et on donne le meilleur de soi-même. L’effort est différent
sur la route, plus long, et il y a un travail d’équipe. "

Qui vois-tu dans les prochaines années pour te donner du fil à retordre sur les chemins ?

" Il n’y en a pas 36 : Julien Absalon ! Ensuite Philip Meirhaeghe et en fait tout ceux qui
pointent dans les 10 premiers à la Coupe du Monde."

On commence à voir apparaître des TS sur les épreuves du circuit.
Son avenir en compétition XC tu y crois toi ?

"Un beau vélo léger, et tout suspendu pourquoi pas ?! "

Tu avais participé à une Méga à la réunion, c’est le genre d’épreuve à la mode en ce moment.
On a une chance de t’y revoir ?

"Oui pourquoi pas ? Moi cela me plait bien, mais il me faudrait retrouver les automatismes en
descente. Mais c’est le type de compétition sur laquelle il me plairait de reprendre le départ. "

Tu avais déclaré lors d’une interview au lendemain de ta médaille Olympique que l’un de tes
objectifs en dehors du sport après cette victoire était de fonder une famille. Nous avons envie de
te demander "Alors objectif atteint ?"

" Je suis très heureux. Depuis je me suis marié et je vais être papa dans moins de 15 jours.
Tout va bien pour moi ! "

Pour conclure, que dirais-tu aux lecteurs de VTTnet qui sont passionnés de XC et à tous ceux
qui ont regretté ton départ ?

"Je leur dirais tout simplement de continuer à croire en moi. Le champion Olympique 2000 a
toujours des ambitions, et je vais tout faire pour redevenir le numéro 1. Je veux aussi promouvoir
le VTT de haut niveau, comme je l’ai toujours fait dans les années où j’étais le plus fort. "

Au moment de partir pour aller signer la feuille de départ, 2 petits mômes abordent le
Français, papiers et stylos en mains "N’oublie pas le VTT Miguel ! ". Patience les gars, votre
héros revient.

ITW réalisé le 12 juin au départ du Dauphiné Libéré

Quelques Liens

- Le site du team phonak
- Le site des vélos BMC


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redaction@vtt.org



Auteur - RouelibrE




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