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  Anne-Caroline Chausson


(17/12/2003)

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Interview - Anne-Caroline Chausson


Pour Vttnet, Anne-Caroline Chausson revient sur sa saison 2003. Elle nous parle aussi de sa carrière passée et future et du vtt en
général.


Fin de saison


En septembre, tu as remporté assez facilement (en tout cas c’est l’impression que cela donne lorsque l’on regarde les écarts qui te séparent de tes poursuivantes) tes 11ème titres de CM en DH et 4ème en 4X. Pour quelqu’un qui voulait prendre un peu de recul avec la compétition c’est une sacrée performance !

Ces CM 2003, c’était ton objectif de fin de saison après les quelques ennuis du début d’année ?

Il a toujours été clair que les championnats du monde resteraient mon objectif principal de l’année. Mon recul avec la compétition, c’était juste au niveau coupe du monde qui représente beaucoup de déplacements, beaucoup de risques pour finalement très peu de médiatisation. Et ce n’est plus un objectif personnel.

Cette année, la télé (France2 dans ce cas) a fait l’effort de retransmettre les CM de Vtt mais, malgré cela et les excellents (et habituels) résultats de l’équipe de France, on ne parle toujours pas beaucoup du Vtt (il n’y a pourtant pas beaucoup de disciplines qui rapportent autant de médailles à la France !).
Est ce devenu une fatalité ce manque de médiatisation ou ça finira par changer ?

Peut être que ça changera si le vtt devient un sport incontournable de la scène sportive française. Mais il ne faut pas trop rêver ! Ce sont les médias eux-mêmes qui ont la clé.
C’est comme ça mais il y a des sports encore plus défavorisés alors il faut relativiser !

Les débuts


Te souviens tu de ton premier vélo ? C’était quoi ?

Oui, un Thunder 500, tout rouge.

A quel âge as tu commencé le BMX ?

A 6 ans, un âge somme toute normal.

Te souviens tu de ta première compétition ? De ta première victoire ?

Ma première compétition, j’étais en tête mais il y avait un raccourci pour les catégories jeunes et lorsque je suis arrive devant, je ne savais pas quel chemin prendre alors j’ai attendu que la " rideuse " de derrière me montre le chemin...j’ai fini deuxième mais j’avais une coupe alors j’étais super fière !
Par contre, je ne me souviens pas de ma première victoire.

As tu marché tout de suite ?

Presque.

Pourquoi avoir arrêté le BMX, tu en avais fait le tour ?

Fait le tour du BMX, peut être pas. Je voulais courir un peu aux U.S.A., voire partir là-bas mais je savais aussi que je ne pouvais pas faire carrière, vivre du BMX donc le vtt a été une grande opportunité qu’il ne fallait pas laisse passer.

Qu’est ce qui t’a attiré dans le Vtt ?

La nouveauté avant tout, mais aussi la vitesse et le fait d’être dans la nature.

L’ère pro - l’époque Sunn


Qu’est ce qui a changé pour toi lorsque tu es passée professionnelle ?

Je ne suis pas passée professionnelle tout de suite, mes parents voulaient d’abord une sécurité : le bac. C’est seulement après, en 1996, que je suis devenue pro.
Des courses, des voyages et l’indépendance, c’est ce qui pouvait m’arriver de mieux.

Ton premier team Vtt, c’était quand, qui, où et comment ?

C’était en 1993, le team Sunn (et déjà Max) pour ma première course pro lors des championnats du monde à Métabief.

Les années Sunn, ça t’évoque quoi ? De la nostalgie, de la fierté, ...

Les bonnes années mais pas de nostalgie car il faut aller de l’avant. Ce sont beaucoup de souvenirs inoubliables. C’était le temps de l’insouciance et l’explosion du vtt en France.

Cannondale, quel bilan tires tu de tes saisons américaines ?

C’est encore une super aventure et aussi un coup de chance. Dans un avion, allant d’une course à une autre, j’étais assise à côté du team-manager de la marque. On a parlé, il m’a dit qu’il voulait du nouveau....et voilà.

Pourquoi avoir décidé de changer ?

Après 4 ans chez Cannondale, je voulais du nouveau.

Ton retour chez Max, ça s’est fait comment ?

Après 5 ans chez Sunn et 4 chez Cannon’, j’avais fait le tour de ce que je voulais voir.
Et je savais à partir de ce moment ce que je voulais : prendre du plaisir sur un vélo, être quelqu’un, pas seulement une machine à gagner. Alors je suis allée voir Max, il était motivé, ma vision du vélo, de la compétition, du free ride, mon programme lui plaisait. Et voilà une fois encore !

Aujourd’hui


Pour lequel de tes nombreux titres ressens tu une émotion particulière ?

Il y en a deux : mon premier titre senior à Métabief, et celui de cette année après ma blessure.
En fait ils ont tous un goût particulier car chaque course était différente. C’est pour cela que ça m’agace quand on me demande si je n’en ai pas marre de gagner tout le temps. Ce n’est jamais facile, et c’est toujours différent.

Comment se porte la descente aujourd’hui ? (retour sur l’annulation, faute de moyen, de la manche de CM à Telluride)

Pas de fixation sur la descente en particulier, c’est la compétition vtt en général qui ne va pas trop bien. Il y a moins de sponsors et surtout pas assez de sponsors extra sportifs, les fédérations ne sont pas à l’écoute des coureurs, et aussi les médias qui nous boudent.
Il y a des hauts et des bas mais on remonte doucement la pente.

Est ce facile de vivre de ce sport aujourd’hui, la DH semblant être la moins sinistrée des disciplines du Vtt ?

La descente fait parti de ces sports extrêmes dont raffole la jeune génération. On est au Vtt ce que la Formule 1 est à la voiture, donc les marques ont besoin de nous pour leur image et pour démontrer la fiabilité de leurs produits. Mais le free ride fait partie de la même mouvance et risque de nous voler la vedette d’ici peu.

Ca te fais quoi d’être une des "dinosaures" de la DH et du Vtt, d’avoir vécu de l’intérieur toutes les évolutions et révolutions de ce sport ?

Je ne me rends pas trop compte aujourd’hui. Mais c’est bien, j’aurais plein de choses à raconter plus tard à mes enfants !

L’ambiance chez les descendeuses c’est comment ?

C’est chaud... ! Tout le monde s’entend plutôt bien, pour mieux faire face aux machos de descendeurs !

Comment en est tu venue à tenir une rubrique dans Bike ? Que penses tu de cette expérience journalistique ?

Une simple proposition en fait mais ça se fait beaucoup dans d’autres sports.
C’est bien de faire connaître des opinions de l’intérieur, non modifiées. Ca peut aider les lecteurs à comprendre le point de vue des pilotes, à découvrir nos vies de compétiteurs. Pour moi, ca fait partie du programme que je me suis fixée, ne plus être seulement une compétitrice de haut niveau mais être à l’écoute des autres et faire partager ma passion.

Que penses tu du niveau général de la descente féminine ?

Ca se resserre, il y a plus de prétendantes aux podiums mais je ne crois pas que le niveau s’élève. Depuis l’arrêt de Missy Giove, Leigh Donovan et Katja Repo, la lutte est moins cruelle. Ou peut être est-ce moi qui suis nostalgique ?

Demain


Maintenant que tu es un peu moins investie dans la descente, laquelle de tes adversaires te semblent la mieux placée pour te succéder ?

Fion Griffith si elle est sérieuse ou Sabrina Jonier.

L’année presque écoulée ne s’est pas passée comme tu l’espérais (retard dans la mise au point de ton Commençal de DH, blessure), comment vois tu 2004 ?
Quels sont tes objectifs ?

Concernant le vélo, il est déjà là, on est en train de le tester donc pas de souci sur ce point, il sera prêt pour le début de saison. Quant aux blessures on ne connaît malheureusement jamais à l’avance la tournure des évènements.
Mon programme pour 2004 va dans le même sens que 2003, à savoir quelques coupes du monde mais avant tout, les évènements de masse et free ride, des trips et les championnats du monde.

Que faudrait il changer dans le vtt en général pour qu’il retrouve ses "belles" années ?

Il ne faut pas vouloir la même chose. Les années actuelles ne sont pas si moroses que cela. Le free ride nous donne un nouvel élan et je crois au compétition type maxi et mégavalanche, free raid,...

As tu déjà pensé à ta reconversion ? Pour quand et dans quel(s) domaine(s) ?

Je vais essayer de faire du vélo et d’apporter mon expérience le plus longtemps possible. Pour le moment j’arrive à planifier un peu sur 5 ans : du vtt, peut être du bmx pour les jeux olympiques de 2008. Et puis on a ce business d’importation de chalets en bois massif avec mon copain...

Quel(s) conseil(s) donnerais tu aux jeunes qui veulent se lancer dans la descente ?

De se faire plaisir avant tout et d’être prudent car ce n’est pas en étant blessé que l’on progresse....

Anne-Caro


Il n’y a pas que le vtt dans la vie, alors quels sont tes autres centres d’intérêt ?

Les voyages, la moto, le ski, ma famille.

Quel est le pire souvenir de ta carrière ?

Les Championnats du Monde en 1995 lorsque l’on me " redescend " en junior après avoir eu les meilleurs temps qualificatifs élites.

Et le meilleur ?

Ma premier victoire sur une coupe du monde : Cap d’ail 1994

As tu un rêve que tu aimerais voir exaucer ?

Une utopie plutôt. Qu’il n’y ait plus de guerre, ni de gens qui meurent de faim.

En course, tu es une "machine à gagner", et hors course, comment es tu ?

Plutôt calme et réservée, solitaire, sensible, déterminée

A l’expression "fonder une famille", que réponds tu ?

Bientôt.

Quel est ton secret pour durer ?

Pas de secret, juste la passion et mon caractère de battante.


Lucide et déterminée, deux adjectifs qui semblent correspondre
parfaitement à notre championne nationale. Avec une motivation intacte et
un vélo paré, nul doute que 2004 sera encore une "année Chausson" avec en
apothéose, on l’espère, les Championnats du Monde de septembre aux Gets.
Alors, si vous avez l’occasion de croiser AC sur une course, n’hésitez pas
à l’encourager.

Merci à Anne-Caroline d’avoir répondu à nos questions.




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- Commençal
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