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  Freeride en Autriche


(6/09/2004)

<REP|SITE/2004/leogang>


SPOT
Autriche : Le Bikepark de Leogang
et la région de Saalbach-Hinterglemm


Hugo est un garçon plutôt généreux sur un VTT, passé de footballeur américain oblige ! Mais sa Belgique ne lui offre pas toujours des terrains de jeux à la hauteur de son carractére. Du coup il aime à partir vers d’autres cieux. Il nous invite à nous dépayser en nous faisant partager sa découverte de l’Autriche coté VTT. Alléchant.


Leogang et son bikepark


"Durant la troisième semaine de juillet, suite à un changement de congés pour ma femme, le DHnet (ndlr : randonnée freeride organisée par VTTnet)
étant ainsi compromis, j’ai pu découvrir, en Autriche, une superbe région adaptée à toutes les
pratiques du vtt.

Leogang, petit village autrichien typique, est situé à 894 km de Bruxelles, 983 km de Paris et 831
km de Lyon, dans la région de Zell-Am-See, réputée pour ses pistes de ski et son immense lac
propice aux baignades et aux divers sports nautiques.Après avoir lu un article dans le magazine "Vélo tout-terrain" sur le bikepark créé dans ce village
par l’office du tourisme et en partenariat avec la marque canadienne de vtt Kona, j’étais impatient de
découvrir toutes les possibilités offertes.

Dès l’arrivée, première surprise agréable : l’hôtel, réservé par ma chère et tendre (directrice d’agence
de voyages quand même) est situé au départ de la télécabine et au pied du bikepark. Le rêve !!!
Vue sur la piste de dual et de 4cross ainsi que sur tout un système de passerelles style northshore où
s’éclatent quelques frappés en exécutant des sauts incroyables.

Le lendemain matin, direction la caisse de la télécabine pour l’achat d’un forfait, après une
vérification du matériel à savoir, pour la monture : Décathlon 9.2 avec, comme seuls changements,

des pédales plates, une potence courte (50mm) et surtout, des pneus Continental Vertical 2.3
assortis de chambres Maxxis DH qui s’avéreront d’une utilité extrême et pour l’homme, en plus de
l’équipement classique : gants longs, protège-genous-tibias et protège-coudes de rigueur.

Là, deuxième surprise un peu moins agréable, le coût du forfait, par rapport à la France, est
exorbitant (27,5 euros par jour et 137,2 euros pour 5), un vol manifeste, mais bon, on est en
vacances pour s’éclater et pas pour compter.

Après une montée en télécabine de 10 minutes, découverte des pistes. Il existe en fait deux tracés
principaux ayant quelques sections communes, l’un qualifié de freeride avec un revêtement en
concassé d’une longueur de 2550 m et d’une pente moyenne de 17,9 % et l’autre qualifié de DH,
plus naturel, avec racines et rochers d’une longueur de 2200 m et d’une pente moyenne de 20,7 %.

Le parcours de freeride commence par un mur descendant en lacets et entrecoupé d’escaliers de 20 à
50 cm de haut, bien secouant et éprouvant pour les bras et les mains.

La seconde partie, après une rampe d’accélération assez amusante, est un chemin
descendant légèrement avec des bosses simples, doubles et triples permettant au fur et à mesure de
prendre confiance et d’effectuer des sauts de plus en plus osés (sans enchaîner les triples pour ma
part).

La troisième est la plus ludique : entrée dans la forêt avec épingles, racines, marches et
même tremplins pour les plus téméraires (une jeune Allemande en Santa Cruz et heureusement
équipée des pieds à la tête en a fait les frais lors d’une tentative de saut devant moi : mâchoire
ouverte suite à un coup de raquette après réception) . Une section où il faut rester vigilant
à tout instant et dont on sort épuisé par la succession des difficultés.

L’arrivée se fait en empruntant la piste de four cross et ensuite soit un retour direct à la télécabine ou
un passage par la zone des passerelles.

Celui qui n’a jamais essayé une zone de ce type doit tester cela au plus vite : les sensations sont
géniales, tout autres que dans une pente. On est à 2 mètres du sol, sur une passerelle de 30
centimètres avec des toboggans, des virages relevés et des sauts qui, vus de haut, me paraissaient
me conduire droit à l’hosto. Mais le plus impressionnant a été le passage des bascules dont la
dernière qui donne une sensation de remonter tous les organes vers la gorge lorsqu’elle plonge et
entraîne le vélo dans une descente de 3 mètres.

Vraiment un superbe site où on peut s’amuser des heures à perfectionner sa technique, à pousser
dans ses derniers retranchements sa machine ou à s’essayer au chrono ou à l’arsouille avec d’autres
gars. De plus l’accueil y est super, sans frime, les riders y viennent pour s’amuser et pas pour épater
la galerie.

Pour conclure, le spad idéal pour s’amuser dans un tel lieu doit avoir un débattement conséquent (+
de 150 mm) afin de pallier la fatigue qui ne manquera pas de s’accumuler tout au long d’une journée
comme en ont témoigné mes fesses endolories, mes cuisses en feu, mon dos en compote et mes
jointures de pouce mauves.


Saalbach et Hinterglemm


Après la découverte de Leogang, direction la vallée de Saalbach et la nouvelle piste de freeride
d’Hinterglemm (voir également l’article paru dans le numéro de juillet d’O2bikers).

Muni d’une carte vtt de la région (qui s’avérera trop peu précise) et d’un forfait pour les remontées,
j’emprunte l’Azitsbahn afin de rallier l’autre vallée. Première surprise, la télécabine ne monte pas
jusqu’au sommet et c’est par un petit single de 2km bien technique et montant sévèrement qu’il me
faut basculer vers Saalbach. C’est là où on ne regrettera pas l’emploi d’un vtt plus léger style enduro
car les spads de freeride en location au Bikepark s’avéreraient trop lourds et patauds pour profiter de
cette portion et d’autres qui suivront tout au long de la journée.

La descente, avec vue sur les plus hauts sommets enneigés d’Autriche, est une suite de
sentiers et chemins rocailleux à flanc de montagne permettant d’exploiter à fond les différentes
techniques du vtt.

Après une courte liaison de 3km, entre Saalbach et Hinterglemm, le long de la rivière Saalach,
j’arrive enfin face à la remontée qui va m’amener au départ de la nouvelle piste baptisée Adidas
freeride Saalbach Hinterglemm.

Petite surprise : je suis seul sur la piste, pas un vtt à l’horizon durant les deux heures que je passerai
à découvrir ce parcours. Méconnaissance du lieu, manque de pub ou saison calme, mystère mais je
pencherai plutôt pour une trop forte concurrence du Bikepark de Leogang et le fait qu’il soit difficile
de relier les deux spots avec l’équipement complet du freerider et un vtt au débattement trop
important.

Ici, pas de revêtement spécifique, que du naturel, racines, rochers et terre mais des structures en bois
incroyables : passerelles, bascules, toboggans et surtout, des tremplins à des hauteurs vertigineuses.

L’amusement est total. De nombreuses variantes sont possibles si bien qu’il n’est pas obligatoire
d’emprunter les passages les plus risqués. Ici, c’est le pilotage fin et le contrôle de la vitesse qui
priment sous peine de chute sérieuse.

Les difficultés s’enchaînent et sont très variées : épingles en sous-bois avec racines, sauts, tunnels, singletracks schisteux et glissants, etc...
Deux heures d’extase à découvrir les petits chemins cachés dans la forêt, à refaire telle ou telle
partie, à tenter un saut par-ci par-là, à tenter de faire zéro pied sur une passerelle.

Bref, un spot merveilleux et qui vaut de loin Leogang par sa variété, son accessibilité à tous et
surtout, son respect de la nature.
Il me faudra, hélas, quitter cette perle pour rejoindre mon hôtel avant la fermeture de la dernière
remontée.

Ce retour ne se fera cependant pas sans plaisir avec une descente de plusieurs km dans la forêt, dans
des sentiers uniquement fréquentés par les marmottes, les vaches et quelques promeneurs ébahis de
voir un vttiste zigzaguer entre racines, rochers et arbres, là où certains hésiteraient à poser le pied.
Mais, certaines difficultés allaient entacher la fin de ce périple. La carte vtt fournie par l’office du
tourisme se révèlera vite inexacte, mal orientée et incomplète. La difficulté des chemins repris était
erronée (un parcours noir, jugé difficile, n’était qu’un large chemin forestier en descente alors qu’une
piste rouge m’obligea à porter le spad pendant plus de 30 minutes dans une série de petites ravines,
ce qui me permettra de constater encore une fois qu’il vaut mieux pour ce genre de rando un vélo
léger avec un débattement réduit de 110 mm qu’un âne mort de 18kg avec des suspensions de
moto).

Je n’ai du mon salut qu’à la découverte, grâce à deux randonneurs d’un sentier minuscule et pentu au
milieu d’un alpage rempli de vaches qui me permit de rentrer à bon port au
terme d’une journée bien remplie, riche en émotions, la tête pleine de souvenirs et les jambes en
coton.

Pour terminer, l’Autriche restera pour moi un grand souvenir de vtt et je compte y retourner le plus
rapidement possible afin d’explorer d’autres coins remarquables de ce superbe pays.



Quelques Liens

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Reportage et photos : Hugo
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