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  Le PaladruNet


(17/12/2004)

Au sortir de l’hiver VTTnet avait décidé de permettre à qui le voulait, de venir se dégourdir les guiboles et le cortex au cours du 1er randoNet de l’année, le PaladruNet. Pier nous raconte sa découverte de l’espace VTT du lac de Paladru avec les vététistes du Net.

<REP|SITE/2004/paladrunet>
Bon on ne va pas vous le cacher ; au départ notre projet prévoyait de nous réunir pour ce premier rendez-vous dans une contrée des plus accueillantes, la French Riviera. Mais voilà, des problèmes d’intendance ont eu raison de notre volonté de rouler en court face à la mer, pendant que les copains restés à la maison se tartinaient le cul à la glaise en cuissard néopréne.

Du coup, manquant de temps pour organiser un séjour plus hip-hop-top-moumoute, nous avons retenu le site FFC du lac de Paladru dans l’Isère, à un jet de pierre de Grenoble et dans le jardin même de la mythique marque Vario, afin de ne pas louper une bonne occasion de faire mousser le vtt et les spécialités brassicoles d’ici et d’ailleurs.

Pour les ingrédients de ce séjour, VTTnet avait réuni un triptyque gagnant. Coté VTT d’abord, avec le site ffc du Lac de Paladru. 240 km de sentiers entre les eaux émeraude du lac et les crêtes blanches du massif de la chartreuse toute proche, des points culminants à prés de 900m. Rien de trop physique, rien de trop technique mais rien à jeter et le tout parfaitement entretenu et balisé. Un très beau spot où l’on apprend le pilotage sur galets(une spécialité locale).

Coté hébergement, petite révolution dans l’organisation d’un randoNet, puisque c’est en hôtel que le logement était assuré. Décoration post 70’s pour les chambres à la propreté nickel de chez chrome-dur, accueil sympa, cuisine du même bois. Il y avait même un sauna que malheureusement personne n’aura utilisé. Nos hôtes auront été aux petits soins pour nous et nos machines. Qu’ils en soient ici remerciés.

Coté participants une dizaine de gaziers et quelques gaziéres estampillés vététeux et venant de partout. Les locaux et leurs voisins lyonnais et Savoyards mais aussi des Alsaciens, des Vosgiens, un Breton, des Ardéchois et même une Belge venue vérifier la qualité des afters brasicoles ! Bref que du beau linge arrivé un vtt sous le bras et de la bonne humeur sous l’autre.

Au programme de ce week-end une grosse rando d’une cinquantaine de kilomètres autours du lac le 1er jour suivi d’une sortie plus cool le dimanche avec dual improvisé et se terminant par un pique-nique sur le bord du lac sous une beau soleil de printemps.

Pier, un abonné de la liste de diffusion de VTTnet (la Liste), était venu pour la 1ere fois rouler sur un RandoNet. Il raconte.

Le 03 avril 2004, mon PaladruNet à moi (par Pier)

"7h45 : je me lève avec encore des sonorités musicales de la veille pleins la tête. Eh oui, vendredi soir nous avons vu le chouette concert des Têtes Raides au Grand Angle à Voiron, s’en est suivi un coucher quelque peu matinal… Bon donc je me lève et là grand beau temps. « La météo est avec nous », me dis-je. Le temps de grignoter deux tartines et un verre de jus d’orange, un frottage de dents, vite la tenue du vététiste est enfilée et hop ! direction la voiture pour y mettre les spads. Mon pote Tom est comme moi ravi mais il est fatigué et m’avouera même avoir pensé à un moment rester couché !

Une bonne demi-heure de route et nous apercevons le lac en contre-bas. Le soleil monte lentement dans le ciel, c’est clair il va faire une journée magnifique.

A un jet de pierre de l’hôtel je décide d’appeler Rouelibre pour me dire comment arriver jusqu’au groupe. Et entendre la voix d’un pseudo à qui l’on parle via le net depuis plusieurs mois ça fait quand même un peu drôle. Nous voilà garés. Brèves réparations, préparation du matos. Nous faisons la connaissance de Bizangoo qui monte des jantes Mavic sur son Yeti mais galère en mettant le pneu tubeless en pression. Nous rencontrons Rouelibre qui nous souhaite la bienvenue et nous invite à venir remplir nos sacs (pique-nique de midi et autres « encas ») dans l’arrière cour de l’hôtel. Le groupe est en train de vaquer à diverses occupations : remplissage des sacs, discussion technique, contemplation d’un Lapierre Ultimate. Nous piochons dans le garde-manger, faisons le plein d’eau et partons faire connaissance avec tous ces pseudos réunis en un même lieu ! Tom revient vers moi blême « si tu voyais le matos… », me glissa-t-il. « Il y a un VTT avec une suspension avant à blocage électrique »… Quoi ? Comment était-ce possible ? Un instant nos regards se sont croisés, où étions-nous tombés ? De quelle planète venaient ces petits êtres (sauf Hervé, Rouelibre et Carbone !) parlant une autre langue et faisant de grands gestes devant des véhicules à deux roues aussi surprenants ?

10h00 passées : le départ a été donné. Les premiers tours de roue mettent nez à nez le groupe avec un cavalier peu aimable ne sachant pas freiner voire arrêter son indélicate monture. L’inverse exact de Carbone qui lui en fait aussitôt la remarque. Le bonhomme et son cheval sont mouchés et s’éloignent en maugréant. La piste après quelques centaines de mètres monte sur un terrain peu évident constitué de gros galets puis redevient goudronnée. Certains font une pause « tombage de veste ». D’autres continuent. Peu à peu le groupe se reforme en haut de la première montée de la journée.

Première halte, l’ambiance est conviviale. Tout le groupe s’attend, sous un soleil radieux.

S’ensuit une courte descente sur un terrain fait de petites pierres rondes rendant les trajectoires hasardeuses. En bas, premières paniques : 1/ difficile de trouver la suite du circuit - 2/ Speedy manque à l’appel.

Puis le groupe se divise, certains en profitent pour tailler la route, d’autres attendent et essaient de trouver les absents. Rouelibre s’inquiète un tantinet : mais où est passée Speedy Slowly ?
De nouveau une courte pause s’impose afin de faire le point. Puis nous enchaînons une montée avec quelques passages assez raides. En haut de celle-ci les premiers arrivants attendent les autres. Le groupe se reforme. Une silhouette apparaît « mais oui, c’est Speedy ! ». Rouelibre retrouve le sourire. Cette pause est l’occasion de manger un morceau, de discuter cadre, suspension. Beaucoup sont de nouveau en admiration devant le magnifique Ultimate de la Magicienne Carole (comprenne qui pourra).

« Ouah il est trop beau cet Ultimate ! »

« Dis tu me prêtes pour un essai ? »

« La finition est superbe et ce noir en jette ! »

Certains sont septiques, d’autres admiratifs mais tous matent ce Lapierre qui attirent les regards ! Bizangoo fait même une grimace, non mais quel déconneur ce Bizangoo ! En arrière-plan, Greg tombe sa veste.

Le groupe VTTnet poursuit son itinéraire mené de main de maître par Rouelibre. Il est décidé de faire la dernière montée avant se s’arrêter pique-niquer dans un endroit de verdure. Cette dernière épreuve creuse l’appétit. Les regards sont marqués.

Tout le monde arrive à bon port, la couleur des visages va du blanc au rouge écarlate mais le sourire est là : on va bientôt manger. Déjà Pat’ Mavic alias Koyote s’affaire pour trouver un lieu sympathique mais il fait chou blanc. Tom et moi-même partons en éclaireur et trouvons un chouette endroit en bordure du chemin. Je reviens prévenir le groupe qui attendait les derniers arrivants et repars m’installer pour voir ce que l’on nous a préparé de bon ! Quelques minutes passent et on voit un défilé débarquant dans cette petite clairière pour casser la croûte.

Et là, pas de blagues salaces, pas de devinettes sur les blondes, non. Rien de cela. Quelques récits d’arsouilles, des conseils techniques, des avis sur tel ou tel produit animent un moment convivial. La poche pique-nique et ses sandwichs sont à la hauteur de l’endroit : fabuleux.

Une courte sieste et hop ! on remonte sur nos engins à deux roues. Le compteur indique alors 20 kms passés. Il nous reste la même distance à parcourir.

La caravane repart à allure soutenue. La piste se transforme en un single assez peu technique mais oh combien ludique. Un court moment d’hésitation sur le devenir du parcours n°18 et c’est reparti.

Le groupe se scinde en deux une nouvelle fois. Une jolie descente arrive à un croisement. Speedy décide d’écourter le tour initialement prévu et bifurque à gauche.

Un petit nombre d’illuminés (dont je tairai ici les noms !) trouve l’endroit quelque peu free-ride et trois d’entres eux enchaînent un saut après avoir gravi la pente en poussant leur engin à ressorts et dévalé la raide pente freins lâchés.

Le premier (donc le plus téméraire) s’élance sous l’œil observateur de Carbone qui peaufine déjà dans sa tête trajectoires terrestre et aérienne, angle d’attaque, vitesse à la base de la bosse, composition du sol à l’endroit choisi pour sa réception…etc. Mieux qu’un bon SIGMA ce Carbone !

N’écoutant que son courage et sous les applaudissements du public, Carbone s’élance à son tour. Le saut accomplit, je lui montre le cliché dans l’écran minuscule de l’appareil photo numérique. Il me dit la voix peu sûre : « les deux roues sont en l’air là ? ». Ce sur quoi je le rassure en lui affirmant que oui ! Enfin je m’élance, les essais précédemment décrits m’ayant donné l’envie de m’essayer à la pratique du VTT aérien.

Le saut est réussi. Carbone est étonné (enfin je crois), le Specialized et sa fourche de musée (une Judy DH) s’envolent, touchent terre un peu plus loin et se vautrent ! En effet le saut et son atterrissage réussis je décide de contourner un arbre pour revenir. Or je n’avais pas vu que dépassait une racine, j’oublie que j’ai les pieds attachés et c’est le gentil gadin que tous ne manquent pas de féliciter par un bon rire.
Le chemin continue par une descente sympathique mais très empierrée. Ça secoue un peu mais ça passe. Nous rejoignons la tête du groupe qui chambre Carbone. Fred lui propose de le laisser partir et promet de s’élancer après avoir compté jusqu’à 10. Mais voyant la maîtrise dont Carbone fait preuve dés les premiers mètres, il préfère enterrer son deal et part à la conquête du malheureux qui vient de se jeter dans la gueule de plusieurs loups affamés de descente.
Nouveau point crucial : la croix du moine mort où le malheureux homme d’église aurait été assassiné en l’an machin (j’ai oublié cette fois-ci tous les détails). « Il faudra bien partir à droite à la croix du moine » nous avait indiqué Panoche avant de bifurquer pour guider Speedy. Rouelibre sort sa carte IGN au 1/25.000ème pour être sûr de la route à prendre. C’est ok, la suite du tracé est repéré.

Rouelibre s’avance vers le single qui s’enfonce dans une végétation assez pauvre. Carbone nous fera remarquer plus bas qu’ « ici la forêt n’est pas très belle ». Je sens venir la niak de Rouelibre et le suit comme son ombre jusqu’au point de départ. 5 - 4 - 3 - 2 - 1 - Gaaaaaz ! Il s’élance dans la pente. Le sentier tantôt raide tantôt plat est intéressant. Quelques courbes, quelques freinages négociés en dérapages et de nombreuses relances plus tard je lui colle toujours aux basques. Nous rejoignons les premiers arrivés. Là le Scott taille XXXL (j’ai oublié un « X » ?) fait un tout droit dans un talus et s’immobilise. Je passe sur la gauche et m’arrête encore ému par cette arsouille. Rouelibre se retourne d’un bond l’œil humide et me fait « je savais que j’étais suivi, je le savais ! » et l’on éclate tous deux de rire.

Je rejoins mon pote Tom qui me dit qu’un VTT lui a mis la pression toute la descente. Il était lui aussi ravi. Le groupe se reforme et continue la descente qui débouche sur une route goudronnée.

Des montées, des descentes se succèdent. Le manque d’eau commence à se faire sentir. J’ai séché mes deux litres ! Je m’arrête pour étirer les muscles et prévenir ainsi tout risque de crampes. La dernière montée un peu difficile de la journée met les organismes à l’épreuve. Beaucoup descendront de leur bike pour pousser. Nouvelle petite pause. J’en profite pour faire le plein d’air à mon amortisseur Float R qui manque cruellement de pression. Hop, 10 bars, merci Greg !!

La chenille repart. Le tracé alterne « coups de cul » et brèves descentes. Fab’ et moi avons failli couper en deux un enfant, sa mère et le chien qui jouaient, les inconscients, près d’un chemin à profil descendant rapide. Un dernier effort mené tambour battant et voici la dernière pause.

Le groupe est quelque peu surpris par Bizangoo qui a pris la tangente pour aller voir de plus près une antenne hertzienne.

Dernière pause. Le village de Charavines n’est qu’à quelques mètres en contre-bas. Hâtons-nous, la fin de ce récit est proche et le groupe de piétons inconscient doublé tout à l’heure à des vitesses qui à coup sûr vaudraient quelques retraits de points sur le permis B se montre au bout du champ.

Derniers coups de pédales. Nous voici dans Charavines. Une file indienne se crée jusqu’à l’hôtel. Ainsi se termine la randonet n° 1 du samedi 3 avril 2004.

Les VTT sont rangés dans le 806. Rouelibre nous propose un coup à boire assorti d’un petit goûter. Pour ma part je choisis une bière au génépi, ma foi succulente. Les compteurs indiquent 46 - 47 kms, donc loin des 50 initialement prévus !!!

Nous parlons rapidement de la future aventure « Reco Transvésubienne » avec Fab’. Nous remercions l’organisateur de cette superbe journée : Rouelibre et nous prenons congé des souvenirs pleins la tête.

Un spécial remerciement à Hervé pour son aide lorsque j’ai crevé (eh oui, deux vilaines épines sont passées à travers mon Smoke Dart Muséum) ainsi qu’à Pat’ Mavic pour sa chambre à air rendue à l’arrivée.

Vivement le prochain RandoNet !!!"

Et pour en savoir et en voir plus...

- La belle galerie d’images et de tronches de vie de ce séjour par Fab’

- Le carnet de route en images de Rouelibre et celui de Pier

- Pour aller rouler au lac de Paladru. Un dépliant trés complet d’information est disponible auprés de l’office du tourisme du lac au 04.76.06.60.31. Au total 11 circuits, du vert au noir totalisant 240Km de chemins. Un centre VTT, Horizon Sports Loisirs (04 76 55 60 89) organise de nombreuses sorties l’été, dont des sorties nocturnes. De nombreuses randonnées ont lieu sur le site de mai à octobre et les non vététistes trouveront leur bonheur avec les 6 plages surveillés du lac.

- Pour se loger au bord du lac, nous avons reçu le meilleur des accueils à l’hôtel de la posteoù les vtt sont les bienvenus.

- L’auteur de l’article, Pier, est le Webmaster d’un site consacré au VTT en provence. A découvrir pour aller rouler la tête au soleil.

Photos : Fab’, Pier et Rouelibre



Auteur - RouelibrE - Pier




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