Accueil > Magazine > Vélodepote

  Cannondale Super V selon Jean-Mi "Doc SKF"


(5/05/2005)

Le pilote...

Nom/surnom ? : Jean-Mi, alias "le doc"

Age ? : 38 ans

Habite ? : Le jardin de la France…

Roule où ? : Majoritairement dans son fief, donc principalement en plaine, avec une certaine dose de grimpettes quand même (coteaux de Loire, Cher et Indre). Quelques incursions régulières en Vendée et dans la Sarthe, où c’est pas spécialement plat non plus.

Roule comment ? : Longue distance en randonnée (de tranquille à sportive, ça dépend des jours), seul ou en groupe, à l’exclusion de toute compétition (la mentalité qui y est généralement associée ne m’intéresse pas).

Pas mal de route aussi pour l’entraînement, notamment en hiver (j’aime pas la boue collante, c’est pas du plaisir et on massacre tout, et y’a que ça chez moi en hiver).

Le Vélo…

Philosophie recherchée ? : Fiabilité et confort avant tout, légèreté et rendement ensuite pour la maniabilité et l’aptitude aux longues distances.

Avis/Explications du propriétaire ?

Sortant de deux mauvaises expériences avec 2 TS (Look Zork puis Specialized FSRxc, tombés en ruine par usure du cadre au niveau des pivots en quelques mois), je recherchais fin 99 un autre TS, mais impérativement monté sur roulements. Du fiable et du solide, cette fois, j’y tenais.

Le Cannondale super V me semblait être l’archétype de ce que je recherchais pour ma pratique : un monopivot / amortisseur air/huile à l’arrière, une fourche sans aucun élément en friction à l’avant, et le maximum d’organes montés sur roulements remplaçables.

Conception un peu ancienne, peut-être, mais toujours d’actualité à mon avis : absolument tout est sur roulements remplaçables, et j’évite soigneusement les réglages-prise de tête à n’en plus finir comme on en voit systématiquement aujourd’hui. D’autre part, le cadre est garanti à vie. Ca aide aussi…

Les fausses bonnes idées marketing, non merci, j’ai donné , et j’en suis revenu.

Des exemples ?

- les freins à disque, toutes marques confondues, qui couinent, fuient et prennent l’air,
- les suspensions multipivot sur bagues, qui s’usent puis usent le cadre en quelques mois,
- les axes de pédalier ISIS (durée de vie 2 mois) ou mieux encore Xtype (usure de l’axe en quelques mois, puis remplacement du pédalier complet au lieu du seul boitier),
- les cadres à débattements réglables et géométrie variable, dont les articulations prennent du jeu en moins d’un an,
- les pneus tubeless light, irréparables en cas de crevaison, et dont la carcasse se casse en interne au bout de 3 sorties…

bref, ce ne sont pas les exemples qui manquent, malheureusement.

C’est sûr que ça fait bien dans les pages des mags ou les vitrines des bouclards, mais sur le terrain (en rando du moins) c’est strictement inutile.

J’ai fait une seule exception pour le tubeless, technologie qui apporte accroche et confort sensible tout en étant effectivement fiable et robuste, pour peu bien sûr qu’on utilise du matériel sérieux.

J’ai testé un certain nombre de combinaisons et de marques de pneus, et j’en suis finalement arrivé à une conclusion nette : exit les pneus et roues ultra light et les bricolages à base de scotch, d’eau et de latex en poudre…

Bref, j’ai au fil des années sélectionné les éléments les plus fiables que j’aie pu réunir, et ça semble marcher pas mal depuis maintenant 6 ans. Je me contente de remplacer la transmission quand elle est rincée ( tous les 1,5 ans), et d’entretenir le reste (nettoyage/lubrification).

Je considère mon objectif atteint : je roule sans aucun ennui, et surtout, il ne m’est jusqu’ici jamais arrivé de rentrer à pied…

La fiche technique détaillée de la bête ?

- Cadre : Cannondale Super V active, modèle 2000
- Fourche : Headshok super Fatty, coulissement sur 4 roulements de translation à aiguilles, déb. 80 mm
- Amortisseur(s) : Fox Float (air/huile, zéro entretien depuis le départ, mais toujours protégé), monopivot sur roulements, déb. 120 mm
- Freins : Magura HS33 (zéro entretien, jamais retouché le moindre réglage depuis fin 2001, patins d’origine…)
arceaux et leviers CNC…pour le plaisir.
- Roues : Mavic Crossmax UST 2002 flancs céramique (indestructibles, bientôt 4 ans avec 100 kg sur le dos)
- Pneus : AV/AR Michelin XCR A/T tubeless (le meilleur compromis solidité / accroche / rendement qu’il m’ait été donné de tester jusqu’ici) Montage d’un XCR dry prévu à l’arrière pour l’été.
- Transmission : Shimano / dér. AV XT 9V, dér. AR XTR 9V 2002 (non inversé, galets sur roulements), rapidfire XT 9V, K7 XT 9V, chaîne PC99 hollowpin (la plus solide de leur gamme cause rivetage cylindrique, mais chère) câblerie Transfil classique avec butées de gaine étanches Shimano
- Pédalier : RaceFace Prodigy, plateaux TA, boîtier XT carré BBUN72 (véritablement indestructible, déjà plus de 9000 km et tourne sans jeu comme au premier jour - quel ISIS peut en dire autant ?)
- Pédales : Time Atac XS (nettement plus ergonomiques et performantes que l’ancienne version, mais le corps en résine se creuse vite)
- Potence : Cannondale Holly (pas le choix, mais en tout cas solide et fiable)
- Cintre : RaceFace next low riser (j’ai tenté le carbone cette fois, après avoir eu la version alu, changée par sécurité au bout de 4 ans) - Grips Lizard Skins Lock-On.
- Jeu de direction : Cannondale Si, roulements à cartouche annulaire
- Tige de selle : Thomson Elite (indestructible, depuis 5 ans), selle Fizik Gobi (excellent confort, mais manque de protections latérales)
- Poids ? : moins de 12,2 kg (taille L avec pédales)
-  Estimation du prix de l’ensemble ? : Environ 3000 €

L’avis de la rédac’

Ce qui démarque ce VTT c’est la recherche permanente de son propriétaire de la fiabilité. Et pour lui elle rime avec simplicité et éprouvé. Et ce montage est un bon exemple d’un vélo prét à encaisser de la borne sans donner de soucis. Confort et plaisir de pilotage avec le cadre Super V, un modéle hélas abandonné et éloigné des standards du moment, qui pourtant n’a pas pris une ride quand au comportement. De plus la qualité de finition Cannondale, associée aux soins méticuleux de son pilote lui permette d’apparaître comme neuf encore aujourd’hui. Avec sa suspension mono-pivot sur roulements on ne peut pas faire plus simple et fiable.

Le reste des composants - en particulier les freins et les roues - sont choisis pour leur efficacité et leur fiabilité et non pour satisfaire à telle ou telle mode. Seul petit bémol, la fourche qui nous apparait un peu dépassée par rapport aux standards actuels.

Bref tout le montage de ce vtt est pensé avec pragmatisme et rigueur. Normal son propriétaire travaille dans un laboratoire d’essais dans le civil. Simple, fiable, efficace, bien fini, ce VTT est le type même du randonneur sportif, prét à en découdre avec le terrain et peu enclin au longs séjours avec le pied d’atelier. Un VTT no prise de tête capable de résister aux années.







Nous contacter - Infos légales - rss - Copyright VTTnet 1997/2013