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  Eric BARONE


(/07/2001)

<REP|SITE/2001/barone>

Interview : Eric BARONE




Eric Barone est un caméléon. Personnage atypique du milieu sportif, mi-cascadeur mi-sportif de haut niveau, on a pût le voir dans des situations très différentes. L’homme le plus rapide du monde sur un VTT a des projets plein la tête, dont un qui pourrait bien le voir devenir constructeur de VTT. Entretien avec un chef d’entreprise pas comme les autres.


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Le site de Eric BARONE :
www.ericbarone.com

[1] L’édition 2001 de la Barone Freeride Cup a été annulé en raison du très mauvais temps ne permettant pas de garantir toutes les conditions de sécurité.

PLANET VTT : Eric d’abord merci de nous consacrer de ton temps pour répondre à nos questions, car il doit être rare.
De tous les champions de la planète VTT, tu es un peu une sorte d’Ovni, et
ta vie ressemble un peu à un roman. Tu es aujourd’hui un des rares sportifs
Français à avoir été nominé aux Sport Awards en 2000, tu es inscrit dans le
livre Guiness des records, Champion d’Europe et du monde de DH master en 95, recordman du monde de vitesse sur neige et sur terre. Mais est-il vrai que jeune, tu souffrais d’une maladie des jambes qui t’empêchait de te déplacer. Comment as-tu guéris ?

ERIC BARONE : :J’ai guéri grâce au chirurgien qui m’a opéré mais aussi grâce à une grande volonté de ma part

PVTT : Plus tard tu travailles comme couvreur avec ton père, tu pensais déjà au
VTT ou tout simplement voulais-tu devenir cascadeur ?

EB : Non, je ne pensais pas au VTT, mais je savais que quelque chose
bouillait en moi en terme d’action sportive et ce que faisaient les sportifs à la télé était à ma portée. Je le sentais !..

PVTT : Qu’est ce qui fait que l’on quitte un jour le Jura pour Paris ? Tu avais des contacts ou bien la passion était trop forte ?

EB : La passion et l’envie de mener ma propre vie. L’envie d’essayer. Pourquoi pas moi !

PVTT : Tu arrives à Paris, et là que se passe t’il ?

EB : Il se passe que c’était la galère avec un grand "G" durant des mois, du
style dormir dans le métro, peu d’argent, peu de contact, la merde quoi ! Puis un jour après avoir envoyé plusieurs courriers j’ai reçu un coup de fil de Remy Julienne et ce fut le début d’autres galères moins grosses mais toujours présentes.

PVTT : Dans le domaine de la cascade dans quels films a t’on pu te voir ? Et quel
genre de cascades y faisais-tu ?

EB : Pour les films, voici les principaux auquel j’ai participé : "La cité des enfants perdus" réalisé par CARO Et GENEY. "Risque maximum" avec j-c VANDAME. Un film de LUC BESSON "TAXI 1" ou j’ai effectué toutes les cascades en scooter (1er mondiale saut périlleux arrière, la poursuite dans Marseille, et le saut de mains par-dessus le guidon)

PVTT : Comment en es-tu venu au VTT extrême ? On dit que c’est un copain qui en 94 t’a parlé du record de vitesse sur un VTT et tu décides de te lancer là dedans, c’est exact ?

EB : C’est exact.

PVTT : Le VTT de vitesse était un prétexte ou bien l’engin en lui-même te plaisait plus que d’autres machines, comme la moto par exemple, puisque tu es détenteur d’un record en moto aussi ?

EB : Uniquement parce que j’avais peur de la vitesse et que le VTT sur
neige comporte très peu de risques. C’est juste très engagé mentalement et visuellement impressionnant.

PVTT : Quel a été ton 1er record de vitesse, à quelle date ?

EB : Mon 1er record à été enregistré aux ARCS en 1994 avec une vitesse
de 151 et des brouettes.

PVTT : Tu n’étais pas vraiment du milieu du vélo, comment as-tu fais pour trouver
un partenaire à l’époque ? Car on imagine que l’on ne se lance pas à
l’assaut d’un tel record sans équipe.

EB : J’ai du être très pro tout de suite, malin, voir même stratégique.

PVTT : En 95 tu arrêtes un peu le VTT extrême, pour te lancer dans la DH, coté
plus traditionnel du VTT. Peux-tu nous parler de ton aventure avec l’équipe
de France en 95 ?

EB : Pour ce qui est de mon passage éclair dans le circuit des courses,
c’était juste pour voir si j’étais bon mais aussi afin de me rendre crédible auprès de la presse par rapport à mes records de l’hiver. Et ça a marché, j’en ai enrhumé pas mal !

PVTT : Comment es-tu venu au VTT de descente ? C’était une démarche logique, toi qui faisais des records sur un vtt ou bien es t’on venu te chercher.

EB : C’était un challenge, une prise de risques mais aussi par jeu

PVTT : Au travers de tous tes titres, comment perçois-tu ceux de Champion
d’Europe et du monde en DH master ? Quelle importance ont-ils à tes yeux ?

EB : Mes titres ont beaucoup d’importance car les circonstances des
courses lors de ces championnats ont été toutes particulières. Ce serait trop long à expliquer ici.

PVTT : Après 95, tu n’avais plus envie de continuer la descente ?

EB : Non, seulement un mec de 35 ans n’est pas soutenu par des marques
de VTT tout simplement. Alors j’ai fait des choix.

PVTT : Tu reprends le VTT sur neige, te tires la bourre avec Christian Taillefer,
pour finir par le mythique 222.22 Kmh en avril 2000. Tu as décidé alors
d’arrêter le VTT de vitesse sur neige, parce que tu penses que cette vitesse
est une limite ?

EB : Non, je ne suis pas à mes limites mais je pense qu’il faut savoir
s’arrêter, et puis pour gagner en vitesse il faudrait modifier le règlement officieux de la fabrication du VTT. Je sais que je peux encore aller plus vite mais les contraintes de fabrication du VTT sont énormes et les marques ne veulent plus s’investir. Il n’y a plus de fric dans le monde du VTT !

PVTT : Quels rapports entretiens -tu avec "Galinette" ?

EB : Rapport normal sans plus. On ne fonctionne pas pareil hélas !

PVTT : Penses-tu qu’il puisse un jour te battre sur neige ou sur terre ?

EB : Un record quel qu’il soit est fait pour être battu tôt ou tard de toute façon et c’est bien ainsi.

PVTT : Si lui ou un autre pilote venait à passer tes 222 KMh tu remets la
combinaison rouge ?

EB : Si une marque plonge, je suis près à relever le défi. Ca me manque, je fonctionne par instinct et si je me sens le jour où cela arrive et bien je serais là !...

PVTT : Tu es aussi détenteur du record de vitesse sur terre. Celui là il semble
que tu souhaitais le battre cette année au Nicaragua. Qu’en est-il de ce
projet ?

EB : C’est encore trop prématuré pour en parler.

PVTT : Tu as repoussé à l’année prochaine ton projet Népal 2001 en raison de la
situation politique dans ce pays. Quelle pente mythique comptes-tu dévaler là bas ? Vas-tu nous en ramener des images comme lors de ton séjour au Japon ?

EB : Je pense que le Népal va être une très, très belle aventure. A suivre...

PVTT : Lors de ce voyage il n’est pas question d’y établir un record, par contre
tu y as introduit un volet humanitaire. Tu peux nous en parler ?

EB : Ce n’est pas mon axe de communication l’humanitaire mais je ne peux
pas rester insensible à aller m’exprimer dans un pays relativement pauvre sans faire un geste élémentaire de vie.

PVTT : Depuis plusieurs années tu as donné un nouveau jour à ta carrière, et tu
es aujourd’hui un véritable chef d’entreprise, puisque tu a fondé Eric
Barone Développement implanté à Annecy. Mais tu n’as jamais eu envie de te lancer dans l’aventure de la construction de vélo comme Christian Taillefer ?

EB : Si. J’envisage de fabriquer et de vendre mes propres produits mais
je veux faire diffèrent car sinon je ne m’éclaterais pas et puis je n’ai jamais fait comme tout le monde jusqu’a ce jour alors ce n’est pas maintenant que ça va commencer.

PVTT : Tu as comme activité aujourd’hui le conseil aux entreprises. Que leur
apportes-tu ? Tu ne mets quand même pas les dirigeants sur des vtt ?

EB : Si, je mets les dirigeants sur des VTT mais avant ils me signent
tous un chèque en blanc !...

PVTT : Tu as aussi une activité plus directe dans le VTT, puisque tu co-organise
une course de Freeride, la Barone Freeride Cup. Comment peut t’on la définir par rapport à d’autres grandes manifestations de montagne, comme le Grand Raid Cristalp, la Free Raid Classic ou la Megavalanche de l’Alpes d’Huez ? [1]

EB : C’est une course très engagée où il faut être stratégique et surtout savoir gérer son effort durant 1 jour 1/2 ainsi que la mécanique. Il faut aussi faire preuve d’imagination afin d’être le 1er en bas pour le pointage. C’est différent des classiques actuels car réservé aux plus audacieux. L’instinct doit être le sens
le plus développé pour ce genre d’épreuve.

PVTT : Si je veux enfin me tenir sur mon VTT sans me mettre une boite dans chaque épingle je crois que je peux faire appel à toi, puisque tu organises aussi des stages de VTT. En quoi consistent t’ils et quel niveau est requis ?

EB : Si tu veux progresser en VTT, participe à un de mes stages freerides
sur Val d’Isère. Nous travaillons l’amusement et les sensations nouvelles sur un vélo+ un peu de technique.

PVTT : Dans le milieu du VTT, quels sont tes partenaires principaux ? Coté vélo
tu bosses toujours avec Sunn ? Es-tu impliqué dans la conception de leurs
vélos ?

EB : Aucun pour l’instant mais pour l’année 2002 mon sponsor principal
devrait être BARONE BICYCLES.

PVTT : Que penses-tu de la descente aujourd’hui et comment vois-tu son avenir ?

EB : Il y a eu trop d’erreurs de faites de la fédé, tout est une question de
fric.. C’est légitime mais il aurait mieux valu se projeter dans l’avenir afin d’anticiper ce qui arrive, c’est à dire la chute libre de la descente. Plus aucun gros média ne s’y intéresse et pour cause ! C’est bien dommage, mais il faut être optimiste, ils ne vont tout de même pas faire deux fois les mêmes erreurs ! A suivre....

PVTT : Les courses marathon telles que les Avalanche cup’ et la Barone Freeride
Cup, présentent une nouvelle pratique du VTT, mélange des genres, entre DH et dual, bref du freeride. Pour toi peuvent-elles présenter une alternative
pour le pratiquant lambda, qui ne peut plus s’aligner sur une DH sans un
portefeuille plus que remplis, et/ou un team derrière lui ?

EB : Tu as tout compris, mais il faudra dans un avenir proche re-réviser cette
position.

PVTT : Te sens tu concerné par le problème du dopage, qui atteint aujourd’hui le
vtt, et quelle est ta position ?

EB : Si je schématise, ce sont des tricheurs qui s’en foutent plein les fouilles, mais en y réfléchissant plus c’est un cercle vicieux auquel je ne voudrais jamais faire partie. Et
puis de toute façon ce sont des gens faibles qui ne savent rien faire d’autre que de pédaler et leurs coachs des petits maffiosi de bas étages. Qu’on soit bien clair je parle de ceux qui se dopent OK ! L’histoire est sûrement plus compliquée que
cela mais ce que l’on entend et l’on voit C’EST CA !

PVTT : Dés l’année prochaine tu tentes une nouvelle aventure, puisque tu te lances
dans les courses de rallye automobile. Tu y a fait quelques apparitions en 2001 plutôt réussies. En 2002 quel est ton objectif dans cette discipline ?

EB : Ah ! le rallye, c’est un sport qui me fait délirer mais beaucoup trop cher hélas ! Par compte je suis en train de réfléchir à une participation au PARIS-DAKAR à moto......

PVTT : Fini alors le vtt ?

EB : Non, en parallèle à mes activités VTT.J’aime trop le VTT et son côté
découverte, voyage, aventure.

PVTT : On a vu dernièrement Nicolas Vouilloz au volant d’une voiture sur le
Monte-Carlo. Peut-on voir en 2002 un duel Barone-Vouilloz derrière un
volant ?

EB : Ce serait excitant et génial....

PVTT : Eric, pour finir, un petit message aux vététistes de la base que nous
sommes tous, toi qui a atteint l’extrême ?

EB : Amusez-vous le plus possible en respectant la nature sur laquelle vous
roulez, partez à la rencontre de tout sur vos montures et puis "une belle histoire qui passe, on la prend comme elle vient" Prenez, prenez, mais n’abusez de rien !.. Le principal restant avant tout les plaisirs de la vie.

Eric merci pour cette interview, merci encore pour ta gentillesse et bonne
chance dans tes nouveaux projets, et comme tu aimes à le dire, "bon vent" à
toi.



Auteur - RouelibrE




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