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  2 - Le foncier avant de foncer ? La musculation aussi.


(/01/2001)

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1. le foncier


Foncier : "qui est profondément ancré dans la nature (de quelqu’un, de quelque chose)". L’entraînement foncier est celui qui donne les bases, solides, permettant ensuite de greffer des entraînements plus spécifiques sans dommage.

Or, pour supporter les entraînements "durs" (destinés à acquérir le rythme de course) précédant la compétition, il faut avoir acquis des capacités de récupération qui font que ces entraînements sont assimilés sans conduire à l’épuisement. C’est la première qualité qui doit être développée par un entraînement foncier, en plus de celle qui conduit à s’habituer à une longue durée d’effort (aspect "endurance" du foncier). S’entraîner à rouler longtemps et développer ses capacités de récupération : ces deux qualités doivent être développées simultanément, pour devenir endurant tout en préservant la capacité à changer de rythme.

Pour qu’une sortie d’endurance serve aussi à développer les capacités de récupération ?il faut qu’elle les stimule ! Pour cela, il faut utiliser le fractionné ?mais sans se tromper d’intensité ! Car le fractionné peut développer des qualités différentes suivant la manière dont il est utilisé. Par exemple, des efforts de 40 secondes à fond entrecoupés de 20 secondes de récupération vont entraîner une forte concentration d’acide lactique dans les muscles qui ont travaillé. À éviter dans la période foncière, tout comme les accélérations sur gros braquet qui font "mal aux jambes" (acide lactique + fréquence cardiaque maximale = entraînement trop intense à cette époque de l’année).

En revanche, du fractionné "doux" et en vélocité (voir l’article précédent) est conseillé : ça entraîne le c ?ur à changer de rythme (essentiel quand on prépare des compétitions), alors que les longues sorties à allure monotone font de bons "cyclotouristes". Changer d’allure développe les capacités de "freinage cardiaque" et de resynthèse de l’acide lactique, c’est ce qui permet de récupérer plus vite des phases intenses de course, ou de la fatigue d’une sortie. Le travail fractionné (bien fait) est toujours supérieur au du travail continu, car pour une même moyenne de pulsations, vous aurez provoqué des phases de montée et de freinage des pulsations, stimulant conjointement la capacité à accélérer et à récupérer ?CQFD.

Comment procéder ?


En période de foncier, il importe de faire monter les pulsations mais pas trop ni trop longtemps, et à privilégier la phase de récupération sur la phase d’effort. C’est de l’hébreu ? Voici un exemple concret (en vélocité bien sûr, cette dominante va de pair avec le foncier, privilégiant le transport de l’oxygène (on souffle) plutôt que le la force).

Exemple:10 efforts de 20 à30 secondes en vélocité, entrecoupés de 1’40 à 1’30 de récupération (un effort toutes les deux minutes). Ça laisse au c ?ur le temps de "freiner", et développe cette qualité. La réduction des temps de récup ne viendra que progressivement (après un mois où dominent ce type de travail et la vélocité) pour s’orienter vers le développement de la VO2 max et du seuil anaérobie (voir article suivant).

Exemple de sortie "foncier" développant vélocité - récupération (et un peu force)


20’ échauffement avec 3 sprints en vélocité (39X17, 39X21 suivant catégorie) espacés de 2 à 3 minutes sur la fin // une côte en vélocité // 5 efforts de force (52X12 sur le plat ou 16 en montée, assis, sans tirer sur le guidon, voire sans les mains, pour bien être en force) de 20 à 30" chacun entrecoupés de 2 à 3’ de récup en vélocité // 10 efforts de 40" en vélocité entrecoupés de 1’20 de récup (série de 20’) // 30’ en terrain vallonné avec sprint petit braquet dans chaque descente // une côte en vélocité // 3 sprints à fond petit braquet (pancartes) et 20’ de retour au calme (sortie de 2H10 environ, ce n’est qu’un exemple modulable en fonction de la catégorie, de l’entraînement déjà effectué ?).

Autre exemple, montrant comment l’ascension d’une côte peut aider à développer la récupération tout en entraînant aux changements de rythme : côte de 1,3km à 6% ; faire 500m en accélération progressive sur 39X17, voir la vitesse atteinte au bout des 500m ; 300m en récupérant ; mettre plus petit (39X19) et accélérer progressivement sur les 500 derniers mètres pour tenter d’atteindre la même vitesse qu’en 39X17 (ça entraîne à tourner les jambes, à faire monter les pulsations et à les faire redescendre vite). Travailler à SON NIVEAU, attendre de se sentir à l’aise avant d’entamer la 2ème accélération (ce n’est pas une course !). En foncier, il vaut mieux travailler en commençant sur le 17 et en faisant la 2ème accélération sur le 19. La succession inverse est à réaliser ultérieurement, car elle provoque des montées d’acide lactique qu’il faut éviter à ce moment de l’année.

Foncier, résumons nous


  • Privilégiez la vélocité, même en côte. Vous constaterez qu’on monte aussi vite (voire plus) les côtes en tournant les jambes. Ne touchez pas au gros plateau, sauf dans les quelques exercices de force. Mais n’hésitez pas à faire des "records" en vélocité.
  • Augmentez progressivement la durée des sorties.
  • N’hésitez pas à faire monter les pulsations, mais sur de petites sections et de petits braquets (pas d’acidose, éviter les "grosses cuisses"). Ces montées de pulsations servent "seulement" à stimuler les capacités de récupération.
  • Évitez absolument les sorties à haute moyenne de pulsations (risque de fatigue prématurée, incapacité ultérieure à changer de rythme). Entre les accélérations, on est en aisance respiratoire (120-140 puls, si on n’a pas de pulsmètre, on doit se sentir capable d’aller nettement plus vite). Danger si vos pulsations au repos montent au fil des jours (elles doivent baisser), ou si elles ne montent pas à l’effort alors que vous avez mal aux jambes (fatigue avancée ?).
  • Évitez les accélérations de plus d’une minute (pas toute une côte à bloc ni de relais à fond sur 10km ?mais rien n ’empêche de rouler à un bon rythme sur petit braquet).
  • Roulez souvent : faites plutôt 4 X 2h de vélo dans la semaine que 2 X 4h (fatigant). Le simple fait d’accumuler les sorties développe les capacités foncières. Au fur et à mesure de l’entraînement, conservez 2 sorties longues par semaine au maximum. Les autres sorties serviront à développer des qualités spécifiques, à intensité plus élevée mais moins longtemps. Bien sûr, la durée des sorties dépend de la catégorie. Inutile de faire plus de 3h30 en junior (perte des qualités de vitesse, de démarrage, de force) ou 2h30 en cadets ?c’est la durée moyenne des courses de la catégorie qui oriente le choix des durées à atteindre en foncier. Il est bon de s’apprendre à rouler "un peu plus longtemps" que la durée de course. Pour cela, il suffit d’atteindre la distance de course, puisqu’en foncier il faut plus de temps pour la réaliser.
  • N’oubliez jamais ce principe essentiel : on ne mélange pas tous les types d’entraînements dans une séance, ou dans un cycle d’entraînement, sinon on "entretient" les qualités sans en développer aucune. Il est plus rentable d’insister sur une dominante...et ça n’empêche pas de la travailler par de moyens variés (voir l’article sur la vélocité par exemple).

2. La musculation


Considérons 2 cas de figure : vous pouvez aller en salle, ou cela vous est impossible.

Si vous pouvez aller en salle


Renforcez au moins les groupes musculaires suivants :

  • Lombaires et fessiers : pour ne pas souffrir du bas du dos en fin des courses ou quand on "tire dessus" pendant un long moment.
  • Abdominaux : pour mieux digérer, diminuer le risque de douleurs au ventrales à l’effort ?et dans la mesure où la position cycliste les laisse constamment relâchés.
  • Triceps : pour supporter une position aérodynamique, bras fléchis. Encore plus important en vtt (secousses permanentes). En vtt, renforcez aussi les avants bras (tractions, escalade ?), qui souffrent beaucoup lors des descentes (les mains s’ouvrent ?).

musclez les groupes suivants :

Les muscles des membres inférieurs (les plus sollicités) nécessitent une véritable musculation, avec charges progressives, et travail "lourd avec peu de répétitions" pour prendre de la force sans prendre de masse musculaire (amélioration de la synchronisation neuro- musculaire à privilégier).

Ne tentez pas de charge maximale avant 3 ou 4 séances : consacrez les premières à "apprendre" les mouvements avec des charges moyennes, pour les réaliser sans risque (mauvaise posture, blessure).

En gros, il y a trois grands groupes musculaires à travailler pour les membres inférieurs :

  • Le quadriceps : en squatt, sous une presse oblique ?
  • Les ischios jambiers : en ramenant les pieds sur le derrière des cuisses
  • Les mollets:en poussant sur la pointe des pieds, soit debout, soit sous une presse.

Cet article ne peut décrire tout ce qu’il faut faire dans une séance de musculation. Mais retenez au moins ces conseils :

  • La séance commence toujours par un long échauffement (20 à 30’) intègrant le renforcement du haut du corps, pratiqué sans temps mort pour augmenter la température corporelle. Elle se termine toujours par des étirements, surtout des muscles les plus sollicités. Les étirements doivent aussi trouver place entre chaque série de musculation (essentiel pour éviter les blessures). Il faut boire pendant la séance (au moins ½ litre d’eau).
  • Les exercices de musculation viennent après l’échauffement- renforcement. Ne cherchez à en faire "le plus possible" mais à augmenter la charge séance après séance. Pour cela, tenez un carnet d’entraînement décrivant les exercices réalisés (charge, nombre de répétitions, nombre de séries ?). Ainsi, vous retrouverez de suite la charge adaptée à votre niveau du moment.
  • Faites si possible deux séances par semaine (mais une seule n’est pas inutile, loin de là).
  • Fatigue, manque de sommeil ?n’hésitez pas à réduire la charge pour une fois, vous risquez une blessure sinon (pour éviter ce risque : coucher tôt, alimentation équilibrée, boire beaucoup d’eau ?bref, un mode de vie sain).

Si vous ne pouvez pas aller en salle


Intégrez un peu de travail de force dans chaque sortie. Travaillez là en montée, assis, sur gros braquet, en poussant sur une jambe et en tirant sur l’autre, sans vous déhanchez, sans tirez sur le guidon, voire en lâchant les mains (+ efficace, si ça ne présente pas de risque d’accident de la route).

Bien sûr, renforcez les groupes musculaires du haut du corps chez vous, c’est faisable sans appareillage compliqué.

Bon courage, on se retrouve dans quelques semaines pour voir comment passer à un travail plus intense (seuil anaérobie, PMA ?).
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Auteur - Jean-Paul STEPHAN




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